Coopération, La Marina BJ — Le Bénin et les Émirats arabes unis ont échangé, le 25 octobre à Abou Dhabi, un Accord de partenariat économique global (CEPA) destiné à faciliter les échanges et à élargir l’accès aux marchés. Assorti de sept instruments de coopération, ce cadre vise à renforcer les relations économiques entre les deux pays, alors que le commerce bilatéral hors pétrole a atteint 2,15 milliards de dollars en 2025.
Ce déplacement du président béninois Romuald Wadagni, accompagné de membres de son gouvernement, ouvre une nouvelle séquence dans les relations entre le Bénin et les Émirats arabes unis. Selon les informations de l’agence de presse émiratie (WAM), rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, la cérémonie s’est déroulée en présence du chef de l’État béninois et du cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. L’accord a été échangé par Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre émirati du Commerce extérieur, et Olushegun Adjadi Bakari, ministre béninois chargé du Commerce extérieur, de l’Industrie et de la Promotion des investissements privés. Si son entrée en vigueur reste subordonnée à l’achèvement des procédures de ratification, cet accord-cadre s’accompagne de textes sectoriels couvrant notamment le numérique, l’investissement et la diplomatie.
Des échanges commerciaux en forte progression
Cet accord intervient dans un contexte de progression marquée des flux bilatéraux. Selon les données communiquées par les autorités émiraties, les échanges hors pétrole ont augmenté de 65 % entre 2024 et 2025 pour s’établir à 2,15 milliards de dollars, contre 1,01 milliard en 2021. La dynamique s’est confirmée au premier semestre 2026, avec un volume de 1,29 milliard de dollars, soit une progression de 37,4 % sur un an.
Le CEPA vise à consolider cette dynamique en prévoyant la réduction ou la suppression des droits de douane sur un large éventail de marchandises, ainsi que la réduction de certains obstacles aux échanges. Il doit également améliorer l’accès aux marchés pour les prestataires de services et les investisseurs, sous réserve de son entrée en vigueur et des conditions prévues par le texte. Les autorités émiraties présentent cette libéralisation comme un levier de développement des flux commerciaux et de renforcement des chaînes d’approvisionnement. Selon le ministre émirati du Commerce extérieur, l’accord pourrait accroître de plus d’un milliard de dollars les exportations émiraties vers le Bénin d’ici à 2033, tandis que les exportations béninoises vers les Émirats progresseraient de plus de 100 millions de dollars sur la même période. Il estime par ailleurs que la libéralisation prévue couvre environ 97 % des échanges actuels entre les deux pays.
Pour les opérateurs béninois, l’enjeu sera de convertir les conditions d’accès au marché en débouchés supplémentaires. Le coton, les noix de cajou, le soja et certains produits agroalimentaires figurent parmi les marchandises béninoises susceptibles de bénéficier de perspectives commerciales élargies. En sens inverse, les équipements industriels, les appareils électroniques et les pièces détachées en provenance des Émirats pourraient bénéficier de meilleures conditions d’accès au marché béninois. La capacité des entreprises locales à développer leurs exportations, notamment de produits transformés à plus forte valeur ajoutée, constituera un indicateur déterminant des retombées du partenariat.
Un volet multisectoriel
L’échange du CEPA s’est accompagné de sept instruments complémentaires couvrant plusieurs domaines. Sur le plan diplomatique, les textes portent notamment sur les consultations politiques, la coopération consulaire et un partenariat entre l’Académie diplomatique Anwar Gargash et le ministère béninois des Affaires étrangères.
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En matière de gouvernance et de capital humain, la coopération met l’accent sur le partage d’expertise administrative et la coopération dans le domaine du travail. Sur le plan du numérique et de l’investissement, les parties ont notamment annoncé une lettre d’intention sur l’hébergement des données et les systèmes d’information, ainsi qu’un partenariat stratégique en matière d’investissement. Pour le moment, les comptes rendus officiels consultés ne précisent toutefois ni les montants associés à ce partenariat, ni l’ampleur des infrastructures visées par la lettre d’intention sur le numérique, ni le calendrier d’exécution.
D’après WAM, lors de leur entretien, les deux chefs d’État ont également évoqué les possibilités de coopération dans les énergies renouvelables, l’agriculture, les infrastructures et la sécurité alimentaire. La Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026, prévue aux Émirats arabes unis en décembre, a également figuré parmi les sujets abordés. Le ministre émirati du Commerce extérieur a par ailleurs fait état de la signature d’un accord dans le domaine des énergies renouvelables lors des réunions de travail du 25 octobre, sans que ses détails financiers et techniques aient été rendus publics.
Ce rapprochement s’inscrit dans la stratégie plus large des Émirats arabes unis visant à développer leurs partenariats commerciaux avec les marchés africains. Pour l’État béninois, les retombées de ce nouveau cycle de coopération dépendront de la mise en œuvre du CEPA, de l’évolution des exportations béninoises vers les Émirats et de la concrétisation des investissements annoncés. Au-delà des signatures, la structure des échanges, les débouchés effectivement obtenus par les entreprises locales et les projets réalisés permettront de mesurer la portée économique de ce rapprochement.
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