Élections, La Marina BJ – À l’approche de l’élection du duo Président et Vice-président de la République, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a rendu publiques les règles du jeu pour la couverture médiatique de l’élection présidentielle de 2026. Entre encadrement strict du temps d’antenne et interdiction formelle des sondages, le gendarme des médias trace une ligne rouge pour garantir la cohésion nationale.
Le paysage médiatique béninois s’apprête à entrer dans une phase de rigueur exceptionnelle. Conformément au calendrier établi par la Commission Électorale Nationale Autonome, la campagne médiatique pour le premier tour s’ouvrira le vendredi 27 mars 2026 à zéro heure pour s’achever le vendredi 10 avril 2026 à minuit. Durant cette période charnière, la HAAC impose un silence total sur un outil souvent controversé que sont les sondages d’opinion.
Le veto
L’article 3 de la nouvelle réglementation est sans équivoque car les organes de presse doivent impérativement éviter la diffusion de sondages d’opinion en rapport avec l’élection du duo Président et Vice-président de la République de 2026. Cette mesure vise à prévenir toute influence indue sur l’électorat et à préserver la sérénité du scrutin tout en s’interdisant la diffusion de contenus de nature à inciter à la haine ou à mettre en péril la cohésion nationale.
Le régulateur porte également une attention particulière à l’évolution technologique en introduisant un garde-fou contre l’usage incontrôlé et irresponsable de l’intelligence artificielle qui pourrait manipuler les propos des candidats. Les médias sont désormais tenus de redoubler de vigilance sur les contenus digitaux pour ne pas laisser la place à la diffusion virale de fausses informations.
Un accès égalitaire et gratuit
Pour compenser ces restrictions, la HAAC organise — comme ce fut déjà le cas lors des élections législatives et communales du 11 janvier 2026 — un accès équitable et gratuit aux médias publics et privés sélectionnés pour les candidats et les partis qui les soutiennent. Chaque duo de candidats bénéficie concrètement de deux reportages de trois minutes à chaque édition du journal et d’un espace de 1 500 signes par parution dans la presse écrite.
Les partis politiques disposent quant à eux d’un reportage quotidien tandis que les composantes de la société civile se voient attribuer un quota de cinq reportages et cinq publications sur l’ensemble de la période. Le dispositif est complété par des formats audiovisuels spécifiques tels que le magazine « Face à la Nation » pour présenter les messages de campagne et l’émission « En route vers la Marina » permettant aux candidats d’exposer leur projet de société.
La menace de sanctions immédiates
Le respect de ces règles n’est pas optionnel et le gendarme des médias avertit que tout dérapage dûment constaté peut entraîner la suspension ou l’interdiction immédiate de l’émission ou de l’organe de presse. L’institution dispose du pouvoir de suspendre sans délai les émissions qui enfreignent les principes d’égalité, d’impartialité et d’objectivité.
La décision précise également qu’à partir de la veille du scrutin à zéro heure, tout message ayant un caractère de propagande est strictement interdit sur tout moyen de communication. Enfin, jusqu’à la proclamation des résultats provisoires, les médias ont l’obligation d’indiquer avec précision la source de tous les chiffres relatifs au scrutin qu’ils publient en mentionnant systématiquement leur caractère partiel.
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