Élections, La Marina BJ – En politique, ce qui n’est pas dit explicitement est souvent ce qui compte le plus. Le communiqué publié le vendredi 13 mars 2026 par la coordination nationale du parti Les Démocrates est un monument de sémantique diplomatique. Entre les lignes de la transition dirigée par l’ex-député Éric Houndété, se dessine une réalité que les militants les plus ardents peinent encore à nommer, mais que les stratèges du parti ont déjà intégrée : l’inéluctable ralliement au candidat président Romuald Wadagni.
Cette dernière rencontre de la coordination nationale du parti Les Démocrates marque une rupture fondamentale. En annonçant que le parti rencontrera « les candidats qui en feront la demande », la coordination nationale ne fait pas qu’ouvrir ses portes ; elle prépare son opinion à l’idée d’un dialogue avec la mouvance présidentielle. Après l’exclusion définitive de leur propre ticket par la Cour constitutionnelle et la démission d’un Boni Yayi affaibli par l’échec des médiations, le parti se retrouve devant un vide béant.
Maintenir une ligne de boycott radical signifierait, pour cette formation désormais sans élus, une disparition programmée du paysage politique. Dans ce contexte, le candidat président Romuald Wadagni n’apparaît plus comme un adversaire, mais comme une bouée de sauvetage stratégique.
Le profil de la victoire
Contrairement à son unique adversaire pour les élections présidentielles du 12 avril 2026 dont le parti, la FCBE, n’a pas fait mieux que Les Démocrates lors des législatives du 11 janvier, le ministre d’État Romuald Wadagni bénéficie d’un soutien de taille, récemment confirmé lors des derniers scrutins. De plus, il jouit d’une image de technocrate, relativement préservé des joutes politiciennes les plus virulentes de cette dernière décennie.
Son discours d’investiture en tant que candidat de la mouvance présidentielle, axé sur la jeunesse et la performance économique, offre aux Démocrates une sortie honorable : celle du « réalisme d’avant projet ». Soutenir le candidat président Romuald Wadagni permettrait au parti d’opposition Les Démocrates de négocier un tournant générationnel tout en garantissant sa survie administrative et politique.
Selon plusieurs indiscrétions, le sentiment dominant chez de nombreux cadres du parti est qu’« Il vaut mieux peser sur le septennat d’un réformateur que de rester à la porte d’un système qui a appris à fonctionner sans eux. »
Le jour de vérité
Le « jeu de mots » récent de la coordination — cet entre-deux où l’on reçoit la FCBE tout en tendant l’oreille vers le favori — n’est qu’une étape de normalisation. Il s’agit de désensibiliser la base militante avant le grand saut. Le Conseil National convoqué pour le samedi 21 mars 2026 sera probablement le théâtre de cette métamorphose. Les « orientations politiques » promises dans le dernier communiqué ne seront rien d’autre que l’officialisation d’un soutien, sans doute drapé dans les habits de « l’intérêt supérieur de la Nation » ou de « l’unité nationale ».
En fin de compte, Les Démocrates s’apprêtent vraisemblablement à dire « oui » au candidat président Romuald Wadagni car, dans l’arithmétique implacable de 2026, c’est le seul calcul qui leur permet de rester dans l’équation. L’opposition radicale a vécu ; l’ère du pragmatisme contractuel est arrivée.
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