Foncier, La Marina BJ – Après la phase des protocoles institutionnels, le programme TERRA passe à l’offensive. L’agenda contractuel de l’année 2026, récemment validé, révèle une force de frappe financière massive et des priorités claires : expertise internationale, déploiement logistique et intermédiation sociale de proximité.
L’année 2026 ne sera pas celle des intentions, mais celle des chantiers pour le foncier béninois. Alors que les autorités et la Banque mondiale ont validé les étapes préparatoires l’an dernier, le programme TERRA dévoile désormais son bras armé financier. Selon les documents contractuels consultés par La Marina BJ, une enveloppe globale dépassant les 16 milliards de FCFA est mobilisée pour amorcer les réformes structurelles attendues par les usagers et les investisseurs.
Un déploiement de proximité à 14 milliards de FCFA
La pièce maîtresse de cette programmation est sans conteste la sélection de groupements spécialisés en travaux socio-fonciers. Avec un budget prévisionnel impressionnant de 14,28 milliards de FCFA sous forme d’accord-cadre de trois ans, le programme s’assure une présence robuste sur le terrain.
Ces structures auront pour mission la collecte et l’analyse des données foncières, une étape cruciale pour alimenter la plateforme e-Foncier Bénin. L’objectif est ambitieux : réduire le délai de délivrance des actes de 24 à 5 mois. Ce dispositif massif marque la volonté du gouvernement béninois de sortir des bureaux l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) pour confronter la réalité des parcelles et des droits coutumiers.
Les gardes-fous de la réforme
Conscients de la sensibilité sociale du sujet, les partenaires du programme consacrent plus de 1,28 milliard de FCFA à l’accompagnement des groupes vulnérables. Via des accords-cadres avec les Organisations de la Société Civile (OSC), TERRA entend garantir que la sécurisation foncière ne laisse personne sur le bord de la route, notamment les femmes et les exploitants ruraux, dont les droits sont souvent les plus précaires.
En parallèle, l’architecture technique se précise. Un expert international sera recruté (42,3 millions de FCFA) pour appuyer ce lancement stratégique, tandis qu’un cabinet spécialisé réalisera l’étude de référence (Baseline) pour 127,1 millions de FCFA. Cette étude sera le thermomètre du programme, permettant de mesurer avec précision l’impact réel des réformes sur le climat des affaires et la paix sociale d’ici la fin du cycle. Pour soutenir cette transformation, l’aspect opérationnel n’est pas négligé. Plus de 443 millions de FCFA seront injectés dans l’acquisition de matériels et de mobiliers de bureau pour l’unité de gestion du projet. Cet investissement logistique vise à mettre l’administration foncière aux standards de performance requis pour gérer les flux de données issus de la numérisation du cadastre.
Ces engagements contractuels interviennent alors que le Bénin doit valider trois indicateurs de performance clés avant la fin du mois de juin 2026. La réussite de ce planning contractuel conditionne le premier décaissement de la Banque mondiale, estimé à 33 millions de dollars (environ 20 milliards de FCFA). Si les risques institutionnels et fiduciaires restent sous surveillance, le démarrage de ces contrats de grande envergure indique clairement que la machine TERRA est lancée. Pour le citoyen béninois, l’enjeu dépasse la simple administration ; il s’agit de transformer la terre, principal actif du pays, en un levier de développement sécurisé, transparent et moderne.
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