Gouvernance, La Marina BJ – Le paysage parlementaire béninois s’apprête à une mutation majeure. Ce vendredi 10 juillet 2026, le Président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, a annoncé la date d’installation du Sénat, marquant la concrétisation de la révision constitutionnelle de fin 2025. Une étape fondatrice qui, bien que symbolique, pose les premiers jalons d’un système bicaméral appelé à transformer durablement la régulation politique nationale.
Le compte à rebours est désormais enclenché. À l’ouverture de la plénière selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, le Président de l’Assemblée nationale a révélé les modalités de cette mise en place, précisant avoir été informé par le Président de la République, Romuald Wadagni, du contenu d’une correspondance reçue de l’ancien Président Nicéphore Dieudonné Soglo, doyen d’âge et membre de droit de la future institution. En attendant l’achèvement des travaux de construction du siège propre au Sénat, c’est l’hémicycle de l’Assemblée nationale à Porto-Novo qui abritera, le 30 juillet prochain, la cérémonie inaugurale. Un choix de lieu qui, selon Joseph Djogbénou, illustre la complémentarité organique que le Bénin souhaite instaurer entre ses deux chambres législatives.
Une installation attendue
La composition de cette chambre haute, arrêtée définitivement en Conseil des ministres le 1er juillet dernier, reflète une volonté de mixité institutionnelle. Le Sénat s’articule autour de trois collèges distincts : les membres de droit, incluant les anciens Chefs d’État et présidents d’institutions (Cour constitutionnelle et Assemblée nationale), auxquels s’ajoutent des personnalités nommées. Parmi ces dernières, dix ont été désignées par le Président de la République, dont l’ancien ministre Pascal Irénée Koupaki, et quatre par le Président de l’Assemblée nationale, notamment Adidjatou Mathys et Abraham Zinzindohoué. Notons également que l’ancien président du Parlement, Louis Vlavonou, a formellement acté sa démission de l’Assemblée pour intégrer le Sénat en qualité de membre de droit.
Sur le plan opérationnel, cette installation s’inscrit dans une phase de démarrage graduel. Le projet de loi de finances rectificative 2026, adopté début juin, a déjà sanctuarisé une dotation de 100 millions de francs CFA (Lire LMBJ du 12/06/2026), dédiée exclusivement à la logistique de mise en place. Toutefois, la pleine capacité opérationnelle de l’institution demeure suspendue à un décret d’application déterminant les modalités de fonctionnement courant et la gestion des ressources humaines. À ce stade, le rendez-vous du 30 juillet doit donc être interprété comme un lancement politique et symbolique avant une montée en charge effective des activités administratives.
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Issu de la loi constitutionnelle n° 2025-20 du 17 décembre 2025, le Sénat est investi d’une mission de régulation de la vie politique et de seconde lecture parlementaire. Cette nouvelle chambre est appelée à agir comme un garde-fou institutionnel sur des textes stratégiques, tout en observant une neutralité spécifique sur les lois de finances. En devenant le siège d’un Parlement bicaméral, le Bénin amorce une nouvelle ère de son architecture démocratique, où la maturité des institutions sera mise à l’épreuve par la capacité du Sénat à influencer sereinement le processus législatif national.
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