Diplomatie, La Marina BJ — Depuis quelques mois, Angelo Dan, jusqu’alors numéro deux de la représentation béninoise en France, garantit la continuité de la mission diplomatique à Paris. Une vacance consécutive à l’entrée au gouvernement de l’ex-ambassadrice Corinne Amori Brunet, dans l’attente d’un arbitrage exécutif qui pourrait intervenir dès la rentrée gouvernementale.
Depuis le départ attendu de l’ancienne ambassadrice Corinne Amori Brunet pour le ministère des Affaires étrangères à Cotonou, fin mai 2026, l’hôtel particulier du 87 avenue Victor-Hugo, au cœur du 16eme arrondissement de Paris, n’a plus de titulaire de plein exercice. Si la fiche officielle du Service européen pour l’action extérieure (EEAS) affiche toujours la mention laconique « N.N. » en face du poste diplomatique le plus en vue du réseau extérieur béninois, l’appareil d’État ne souffre d’aucune vacance opérationnelle.
Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Hubert Sena, Angelo Dan, jusqu’alors Représentant permanent adjoint, a pris ses fonctions de Chargé d’affaires par intérim (a.i.) depuis le 2 juin 2026. La charge dépasse le seul cadre bilatéral franco-béninois : la chancellerie parisienne cumule en effet les accréditations non-résidentes auprès de l’Union européenne, de l’Euratom, de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas, un vaste périmètre diplomatique désormais placé sous la responsabilité d’Angelo Dan.
Un diplomate de carrière rompu au multilatéralisme
Le profil du Chargé d’affaires s’appuie sur une solide expérience institutionnelle. Ministre plénipotentiaire et ancien élève de l’École nationale d’administration française (promotion Jean-Jacques Rousseau, mention Summa Cum Laude), Angelo Dan est également titulaire d’un diplôme d’études diplomatiques de l’IHEID de Genève et d’un Master 2 en communication politique du CELSA. Le diplomate a construit son parcours au cœur des axes stratégiques de la diplomatie béninoise, entre Cotonou, Bruxelles et Paris. Entre 2013 et 2017, il a d’abord servi comme conseiller pour les affaires européennes et économiques à la mission du Bénin auprès du Benelux et de l’Union européenne. Il est ensuite devenu conseiller politique et juridique à Paris de 2017 à 2019, période durant laquelle il a notamment participé aux négociations bilatérales décisives pour la restitution des biens culturels au Bénin.
Nommé chef de mission adjoint à l’ambassade de Paris en juillet 2021, il a occupé ce poste jusqu’à sa promotion comme ambassadeur et représentant permanent adjoint en juillet 2023. Également représentant permanent adjoint du Bénin au Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève depuis janvier 2022, il a par ailleurs annoncé la parution prochaine d’un ouvrage consacré à son parcours au service de l’État. Depuis sa prise de fonction, le Chargé d’affaires s’emploie à maintenir le cap sur les dossiers majeurs de la représentation.
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Vers un arbitrage à la rentrée ?
Reste désormais la question de la désignation d’un ambassadeur plein exercice. Le 1er juillet 2026, le Conseil des ministres présidé par le Chef de l’État Romuald Wadagni a validé les nouveaux textes d’Attributions, d’Organisation et de Fonctionnement (AOF) des départements ministériels, étape préalable à une vague de plus de 150 nominations dans l’administration et certaines institutions de la République (Lire LMBJ du 02/07/2026). Les arbitrages concernant le réseau diplomatique sont toutefois restés en suspens. Sauf surprise de dernière minute, les regards se tournent vers le premier Conseil des ministres suivant la pause gouvernementale d’août. La chancellerie de Paris figurant parmi les postes les plus stratégiques du dispositif diplomatique béninois, la nomination d’un successeur pourrait s’inviter à l’ordre du jour des prochaines semaines, bien qu’une prolongation de l’intérim d’Angelo Dan reste une option envisageable.
Il faut rappeler que la désignation d’un ambassadeur répond aux règles protocolaires fixées par la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, dont l’article 4 prévoit qu’un État ne peut accréditer un chef de mission qu’après avoir obtenu l’agrément de l’État accréditaire. Avant toute officialisation en Conseil des ministres, l’exécutif béninois doit donc adresser une demande discrète d’agrément au ministère français des Affaires étrangères. Ce processus d’évaluation confidentiel, dont la durée varie généralement de plusieurs semaines à plusieurs mois selon les dossiers et les pays concernés, précède le feu vert formel de Paris.
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