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Dette, fiscalité, commerce extérieur : ce que change le rebasage des comptes nationaux du Bénin

Économie, La Marina BJPression fiscale réajustée à la baisse, dette publique allégée et capacité d’endettement accrue : la note de synthèse de l’INStaD consultée par La Marina BJ, livre le véritable bilan macroéconomique du rebasage des comptes nationaux. Si la réévaluation du Produit intérieur brut (PIB) à 14 020,2 milliards de FCFA pour 2023 améliore plusieurs indicateurs macroéconomiques de référence, elle met également en lumière un creusement sensible du déficit commercial. Décryptage d’un arbitrage comptable aux conséquences bien réelles pour le cadrage financier du pays.

La révision des agrégats économiques sur la base 2023 ne s’arrête pas à la mesure de l’économie informelle ou au saut statistique de +25,2 % du PIB. En élargissant le socle de la richesse nationale, l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) redéfinit les grands équilibres financiers de l’État. Pour 2024, les premiers comptes officiels de l’année courante établissent le PIB à 15 087,5 milliards de FCFA à prix constants (15 436,0 milliards en valeur nominale), soit une croissance réelle vigoureuse de +7,6 %. Une dynamique qui devrait porter, selon la note, le PIB à 16 305,4 milliards de FCFA en 2025, tout en recalculant les ratios fondamentaux de la soutenabilité financière du Bénin.

Des indicateurs de soutenabilité renforcés

Le principal bénéfice macroéconomique de ce rebasage réside dans l’allègement instantané du ratio d’endettement public. Rapporté à un PIB désormais plus vaste, l’encours de la dette publique passe de 58,1 % à 46,4 % pour l’année de référence 2023. Ce recul de 11,7 points offre à l’État béninois une marge de manœuvre budgétaire considérable d’environ 24 points par rapport au plafond de 70 % dicté par les critères de convergence de l’UEMOA.

D’après l’analyse du cabinet WE Connector pour La Marina BJ, cette évolution est de nature à améliorer plusieurs indicateurs de soutenabilité utilisés par les investisseurs et les partenaires financiers du pays. Sur les marchés obligataires régionaux comme internationaux, la réévaluation de la taille de l’économie consolide la base statistique servant à apprécier le risque souverain et renforce la capacité d’ancrage de l’État pour mobiliser les financements nécessaires au Programme d’Action du Gouvernement.

La contrepartie du rebasage

Si un PIB plus élevé élargit l’assiette économique théorique, il fait ressortir un ajustement technique à la baisse du taux de pression fiscale de 2,7 points de pourcentage. En calculant les recettes fiscales par rapport à une richesse globale réévaluée de +25,2 %, le ratio montre que l’État capte une proportion plus faible de la richesse produite au sein du pays. Ce glissement mécanique ne traduit pas une baisse des rentrées fiscales dans les caisses du Trésor public, mais il met en exergue le défi structurel de la mobilisation des ressources intérieures. Une large part de la hausse du PIB étant portée par le secteur des ménages et l’économie informelle (+35,3 % de valeur ajoutée), le gouvernement fait face à l’enjeu crucial d’élargir l’assiette fiscale réelle sans étouffer les petites unités économiques répertoriées lors du dernier recensement RGE3.

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La contrepartie la plus sensible de ce réalignement comptable concerne la balance des paiements. Le rebasage révèle un creusement marqué du déficit commercial, qui passe de 3,9 % à 8,5 % du PIB (s’établissant à -1 193,0 milliards de FCFA pour 2023). Cette dégradation provient d’une asymétrie entre la progression des exportations (+24,5 %) et la forte poussée des importations (+45,3 %).

Le facteur explicatif majeur réside dans le quasi-triplement des importations de services, qui bondissent de 199,0 % pour atteindre 720,7 milliards de FCFA. Ce poste reflète la capture réelle des prestations d’ingénierie, d’assistance technique, de construction et de services numériques importés pour alimenter la modernisation des infrastructures publiques et le déploiement de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Grâce aux séries rétropolées de 1999 à 2022 désormais disponibles, le pays dispose désormais d’un cadre statistique et macroéconomique plus robuste pour le pilotage des politiques publiques et l’analyse de ses performances économiques.

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