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Bénin : Après la scission du Commerce, ce que l’on sait du partage des organismes sous tutelle

Gouvernance, La Marina BJ La scission de l’ancien ministère de l’Industrie et du Commerce ne s’est pas limitée à la création de deux départements ministériels distincts. Les décrets portant attributions organisation et fonctionnement des deux nouveaux ministères précisent désormais la nouvelle répartition des agences, sociétés et organismes appelés à mettre en œuvre les politiques publiques. Entre commerce intérieur, industrie, tourisme et ouverture extérieure, cette cartographie dessine deux périmètres institutionnels désormais différenciés. En savoir plus.

Le remaniement annoncé le 24 mai 2026 avec la séparation des portefeuilles confiés à Shadiya Alimatou Assouman et Olushegun Adjadi Bakari devait nécessairement être prolongé par une redistribution des structures rattachées à l’ancien ministère. Un mois et demi plus tard, deux décrets viennent préciser cette architecture. Leur lecture fait apparaître une répartition principalement fonctionnelle : d’un côté, les instruments liés au fonctionnement du marché national et à la proximité économique ; de l’autre, les actifs industriels, le tourisme et les mécanismes tournés vers les échanges et l’attractivité extérieurs.

Les actifs industriels locaux pour l’ex chef de la diplomatie

Le ministère du Commerce intérieur conserve plusieurs structures directement liées à l’organisation et à la régulation du marché national. C’est notamment le cas de l’Agence nationale de Gestion des Marchés (ANaGeM), désormais rattachée à ce département après avoir relevé de l’ancien ministère de l’Industrie et du Commerce. Cette agence gence occupe une place centrale dans la modernisation des infrastructures marchandes, alors que se poursuit notamment le dossier de réorganisation de Dantokpa autour du site de « Tokpa Yôyô ». Le périmètre de Shadiya Assouman comprend également la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), qui constitue un interlocuteur institutionnel du secteur privé, ainsi que l’organisme chargé de la Normalisation, de la Métrologie et du Contrôle Qualité. Cette répartition place ainsi sous un même département plusieurs leviers intervenant directement dans l’encadrement du commerce et des activités économiques sur le marché intérieur.

Le ministère du Tourisme et du Commerce extérieur dispose, pour sa part, d’un portefeuille davantage orienté vers la production, l’attractivité et le rayonnement économique du Bénin. L’acte réglementaire place notamment dans son périmètre le Complexe Sucrier de Savè et la Compagnie béninoise des Textiles, deux actifs publics liés à la production et à la transformation industrielle en attente d’une relance. Le ministère désormais dirigé par l’ex diplomate du régime Talon reçoit des responsabilités dans les secteurs touristique et hôtelier, avec notamment Bénin Tours S.A. et les structures chargées de l’exploitation des établissements hôteliers et réceptifs publics. À cela s’ajoutent les dispositifs liés à la propriété intellectuelle et à l’appui aux exportations, dont la Structure nationale de liaison de l’OAPI et le Cadre intégré renforcé.

Cette configuration distingue donc les instruments destinés au marché intérieur de ceux associés à l’industrie, au tourisme et aux échanges extérieurs. L’Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEX) et l’Agence béninoise pour le développement du tourisme (Bénin Tourisme) apparaissent, quant à elles, comme des leviers importants de cette politique d’attractivité, sans que les éléments disponibles permettent de les présenter comme des structures placées dans les mêmes conditions de tutelle formelle que celles expressément citées par les décrets.

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Une discordance

Une réserve subsiste toutefois dans la lecture des deux décrets consultés par La Marina BJ. Le décret n° 2026-386 mentionne, parmi les structures relevant du ministère du Tourisme et du Commerce extérieur, une « Agence nationale de Normalisation et du Contrôle qualité ». Le décret n° 2026-395 rattache parallèlement au ministère du Commerce intérieur une « Agence nationale de Normalisation, de Métrologie et du Contrôle Qualité ». À ce stade, les deux formulations ne permettent pas d’établir avec certitude s’il s’agit d’une simple différence rédactionnelle, d’une erreur dans l’un des textes ou de la désignation de structures distinctes. Un point qui mérite une clarification auprès des services compétents.

Au-delà de cette zone d’incertitude, les deux mesures présidentielles établissent néanmoins une nouvelle carte institutionnelle : le commerce intérieur concentre les instruments de régulation et d’encadrement du marché national, tandis que le pôle Tourisme-Commerce extérieur-Industrie regroupe plusieurs actifs productifs et leviers liés à l’attractivité internationale du Bénin.

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