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Bénin : Comment la DGI a amorti le recul des recettes douanières au premier semestre 2026

Finances publiques, La Marina BJAlors que les recettes de la Direction générale des Douanes ont reculé de 7,2 % au premier semestre 2026, la Direction générale des Impôts a enregistré une progression de 13 % de ses recouvrements. Cette évolution en sens contraire a permis à la fiscalité intérieure de compenser une partie du manque à gagner enregistré à la frontière, dans un contexte où les recettes budgétaires de l’État ont progressé plus lentement qu’un an auparavant.

Au 30 juin 2026, les recettes budgétaires de l’État béninois s’établissent à 1 220,8 milliards de FCFA, soit 44,6 % d’une prévision annuelle révisée à 2 736,1 milliards de FCFA par la loi de finances rectificative. Sur ce total, les trois régies financières — Impôts, Douanes et Trésor — ont recouvré 1 180,0 milliards de FCFA, en hausse de 4,4 % par rapport à la même période de 2025. Ce rythme est toutefois inférieur à celui enregistré un an plus tôt. Derrière cette évolution se dessine surtout une divergence entre les régies : pendant que les recettes douanières ont diminué de 29,5 milliards de FCFA, les recettes fiscales intérieures ont progressé de 83,2 milliards de FCFA, permettant d’atténuer l’impact du recul enregistré par la Douane. Le déficit budgétaire s’établit néanmoins à 345,6 milliards de FCFA, contre 244,1 milliards de FCFA à fin juin 2025.

La DGI progresse, pas la DGD

Avec 724,3 milliards de FCFA collectés au 30 juin 2026, contre environ 641,0 milliards de FCFA un an plus tôt, la Direction générale des Impôts affiche une progression de 13,0 % en glissement annuel, soit un surplus de 83,2 milliards de FCFA. L’administration fiscale dépasse ainsi son objectif semestriel, avec un taux de réalisation de 102,7 %, tandis que son taux d’exécution atteint 48,3 % de la prévision annuelle fixée à 1 499,4 milliards de FCFA.

Dans le détail, les impôts sur les biens et services constituent l’un des principaux moteurs de cette progression. Ils atteignent 380,9 milliards de FCFA, en hausse de 34,8 %, notamment sous l’effet de la TVA et de la reprise de la perception de la Taxe spécifique unique sur les produits pétroliers (TSUPP). Les impôts sur les revenus non salariaux progressent également de 15,7 %, à 225,6 milliards de FCFA, soutenus notamment par l’impôt sur les sociétés et les retenues sur les prestataires étrangers. Les impôts sur les revenus salariaux augmentent de 5,8 %, tandis que ceux portant sur la propriété progressent de 15,1 %.

À l’inverse, la Direction générale des Douanes enregistre une évolution négative. Ses recettes brutes s’établissent à 378,4 milliards de FCFA, contre 407,8 milliards de FCFA au premier semestre 2025, soit une diminution de 29,5 milliards de FCFA. Son taux d’exécution ressort ainsi à 39,9 % de l’objectif annuel révisé de 947,4 milliards de FCFA. Selon le rapport d’exécution budgétaire consulté par La Marina BJ, plusieurs facteurs ont pesé sur cette évolution : le maintien de la fermeture de la frontière avec le Niger, l’attentisme des opérateurs économiques en période électorale, l’évolution défavorable du naira face au franc CFA, la hausse du dollar américain ainsi que les contraintes sécuritaires dans le Nord.

Les principales catégories de recettes douanières ont suivi cette tendance. Les impôts et taxes intérieurs sur les biens et services reculent de 10,0 %, à 88,0 milliards de FCFA, tandis que les droits et taxes à l’importation diminuent de 10,4 %, à 145,8 milliards de FCFA. À l’inverse, les droits et taxes à l’exportation progressent de 17,9 %, mais cette hausse ne suffit pas à compenser les baisses enregistrées sur les principaux postes.

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Le Trésor limite le recul

Troisième régie financière, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique enregistre une évolution moins favorable, mais plus contenue. Ses recettes non fiscales atteignent 77,3 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 81,1 milliards de FCFA un an plus tôt, soit une baisse de 4,7 %. Rapporté à la prévision annuelle révisée de 148,9 milliards de FCFA, ce montant correspond à un taux d’exécution de 51,9 %. La régie dépasse par ailleurs son objectif semestriel, avec un taux de réalisation de 103,5 %. Selon le rapport, la baisse observée en glissement annuel s’explique notamment par le niveau exceptionnellement élevé des recouvrements enregistré au premier semestre 2025.

Le détail des recettes fait apparaître des évolutions contrastées. Les droits et frais administratifs progressent de 35,2 %, à 15,5 milliards de FCFA, tandis que les autres recettes non fiscales augmentent de 57,1 %, à 21,1 milliards de FCFA. Cette dernière progression est notamment portée par les recettes issues de la sollicitation des services publics dans plusieurs secteurs, dont les travaux publics, les transports, l’industrie, le commerce et la santé. À l’inverse, les produits financiers reculent de 43,9 %, à 22,9 milliards de FCFA, tandis que les amendes et condamnations pécuniaires diminuent de 12,4 %.

Au terme du premier semestre, les performances des trois régies dessinent ainsi une recomposition du recouvrement public. La progression de 83,2 milliards de FCFA enregistrée par la DGI a largement compensé, à elle seule, la baisse de 29,5 milliards de FCFA des recettes douanières. Elle n’a toutefois pas empêché le déficit budgétaire de passer de 244,1 milliards à 345,6 milliards de FCFA sur un an. L’évolution des recettes au second semestre dépendra notamment du rythme de l’activité intérieure et de la capacité des recettes douanières à se redresser dans un environnement régional et monétaire toujours contraint.

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