Diplomatie, La Marina BJ – À la tribune des Nations Unies, le Bénin a délivré un plaidoyer en faveur d’une restructuration du système financier mondial pour désenclaver les économies en développement. En clôture du débat général de la 81e Assemblée générale, la diplomatie béninoise a réaffirmé le lien indissociable entre financement prévisible, justice climatique et stabilité sécuritaire. Décryptage
Dans la foulée d’une semaine de diplomatie intense marquée par sa présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le Bénin est intervenu le 28 septembre à New York lors de la séance de clôture du débat général de la 81e Assemblée générale des Nations Unies. Si le calendrier prévisionnel annonçait initialement le passage de la ministre des Affaires étrangères Corinne Amori Brunet, c’est finalement l’Ambassadeur Marc Hermanne ARABA, Représentant permanent du Bénin auprès de l’ONU, qui a porté la déclaration nationale à la tribune de l’organisation multilatérale. Placée sous le signe de la « Vision Bénin 2060 » et rigoureusement structurée autour des défis contemporains, son allocution a placé l’urgence financière au cœur des exigences d’un multilatéralisme efficace.
Un système financier inéquitable
Au centre du message béninois figure le constat d’une équation budgétaire difficile qui frappe les pays en développement. Soumis à l’impératif de soutenir leur croissance socio-économique tout en investissant massivement dans la santé, l’éducation et le numérique, ces États font face à des coûts d’emprunt plus coûteux et à un rétrécissement continu de leur marge de manœuvre. D’après les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, l’Ambassadeur ARABA a souligné que cette situation « n’est ni soutenable ni équitable », appelant à poursuivre la « transformation de l’architecture financière internationale, afin de permettre aux pays en développement d’accéder à des financements plus accessibles, plus prévisibles et mieux adaptés à leurs trajectoires de développement ».
Dans cette perspective, la justice climatique a été érigée en exemple concret; tout en rappelant la faible contribution de l’Afrique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, le diplomate a posé les termes de l’exigence béninoise : « Nous ne demandons pas un droit à polluer. Nous demandons un droit au développement ». L’objectif affiché reste de faire de la transition énergétique un levier d’industrialisation et de création d’emplois nationaux.
Le développement comme socle de la stabilité
Abordant la détérioration sécuritaire dans la sous-région ouest-africaine due à la poussée terroriste, la diplomatie béninoise a rappelé que les réponses militaires directes doivent s’accompagner d’une politique rigoureuse de prévention. Si le Bénin renforce ses capacités de défense et la surveillance de ses frontières, le représentant du gouvernement béninois a rappelé qu’une stratégie sécuritaire ne saurait être uniquement défensive; d’après le porte la voix du Bénin « Si la sécurité exige des moyens de défense, elle se consolide par le développement, la cohésion sociale et la présence effective de l’État ». C’est pourquoi il a exhorté la communauté internationale à ériger « la prévention, l’alerte et l’action précoces » en « trois temps d’une même politique de sécurité », soutenant avec conviction qu’« investir dans le développement, c’est investir dans la paix, dans la sécurité et dans la stabilité ».
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Au-delà des enjeux financiers et sécuritaires, la déclaration du Bénin s’est faite le relais des positions stratégiques du continent africain. L’ambassadeur a réaffirmé le soutien soutien de l’État béninois au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, position commune africaine qui réclame des sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité, celle-ci n’en disposant toujours d’aucun. « Nous ne demandons pas un privilège, nous demandons que la gouvernance de la paix et de la sécurité internationales soit davantage à l’image du monde qu’elle prétend servir », a martelé Marc Hermanne ARABA.
Sur le terrain technologique, le Bénin a plaidé pour une régulation internationale inclusive de l’intelligence artificielle, affirmant que « l’Afrique ne doit pas être seulement un marché pour les technologies de demain », mais également « un espace de création, d’innovation et de production ». Enfin, l’Ambassadeur a mis en exergue la possibilité, dans les conditions prévues par la législation béninoise, pour les afro-descendants d’accéder à la nationalité du pays, scellant l’ambition d’un Bénin qui « ne veut pas seulement être une terre de mémoire », mais « une terre de retrouvailles, de transmission et d’avenir ».
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