Finances locales, La Marina BJ — Les communes béninoises ont amélioré leur mobilisation de ressources au premier semestre 2026, avec 25,97 milliards FCFA de recettes de fonctionnement, en hausse de 25,92 % sur un an. Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une exécution encore limitée des dépenses d’investissement, alors que les collectivités disposent d’importants reports de ressources non consommées au titre de 2025.
Au premier semestre 2026 selon la dernière note de conjoncture des finances locales de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, les 77 communes du Bénin affichent ainsi une situation financière contrastée. D’après le document consulté par La Marina BJ, la progression des recettes et la constitution d’une épargne brute de 29 milliards FCFA, reports inclus, traduisent des marges financières confortables. Mais cette capacité ne se convertit encore que partiellement en investissements, révélant un écart persistant entre les ressources disponibles et leur mise en œuvre effective.
Une dépendance persistante
Les recettes de fonctionnement mobilisées par les communes atteignent 25,97 milliards FCFA sur les six premiers mois de l’année, contre 20,62 milliards FCFA à la même période de 2025. Cette progression de 25,92 % découle très largement de l’augmentation des concours publics transférés par le pouvoir central. Sur les 5,35 milliards FCFA de surcroît de recettes enregistrés sur un an, les dotations et subventions de l’État en apportent environ 4,72 milliards FCFA, représentant près de neuf dixièmes de cette hausse et s’établissant à 15,64 milliards FCFA au premier semestre. Ces concours publics représentent ainsi plus de 60 % des recettes de fonctionnement du semestre. La dépendance vis-à-vis des transferts étatiques est encore plus prononcée dans les communes ordinaires, où les ressources transférées couvrent près des trois quarts des besoins de fonctionnement au deuxième trimestre.
En parallèle, les ressources propres évoluent à un rythme plus modéré. Les recettes fiscales s’établissent à 5,02 milliards FCFA, portées notamment par la Contribution au développement local (1,70 milliard FCFA) et la taxe foncière (1,65 milliard FCFA). Les recettes non fiscales atteignent pour leur part 4,89 milliards FCFA, en hausse de 13,36 %, tirées par les prestations de services et les produits du patrimoine. Sur le plan territorial, les communes ordinaires concentrent 12,62 milliards FCFA de recettes de fonctionnement, soit 48,58 % du total national, devant les communes à statut intermédiaire avec 8,68 milliards FCFA et les communes à statut particulier avec 4,68 milliards FCFA.
Faible conversion de l’épargne brute
La progression des ressources, combinée à l’intégration des résultats antérieurs, permet aux collectivités de dégager une épargne brute globale de 29 milliards FCFA au premier semestre, incluant 23,63 milliards FCFA de reports de fonctionnement. Les dépenses de fonctionnement atteignent parallèlement 20,60 milliards FCFA, dont 9,86 milliards FCFA de charges de personnel et 4,67 milliards FCFA consacrés aux charges des élus. Les écarts entre catégories de communes demeurent marqués. Les communes ordinaires dégagent 14,27 milliards FCFA d’épargne brute, avec un taux de dégagement de 62,39 %. Les communes à statut intermédiaire atteignent 8,72 milliards FCFA, soit 59,81 %, tandis que les communes à statut particulier enregistrent 6,01 milliards FCFA, avec un taux de 49,45 %.
C’est dans la section d’investissement que le décalage apparaît le plus nettement. Les communes disposaient de 122,21 milliards FCFA de reports de ressources d’investissement non consommés au titre de 2025, auxquels s’ajoutent 18,38 milliards FCFA de recettes nouvelles mobilisées au premier semestre 2026. Sur la période, seulement 14,82 milliards FCFA de dépenses d’investissement ont été exécutées. Rapporté au seul stock de reports de 2025, le taux de consommation ressort ainsi à 12,13 %. Les communes à statut particulier affichent la situation la plus faible, avec seulement 3,42 % de leurs reports consommés, contre 16,04 % pour les communes ordinaires et 13,74 % pour les communes à statut intermédiaire. Sur le plan géographique, le département du Mono affiche le taux de consommation des ressources d’investissement le plus élevé à 22,9 %, devant la Donga à 20,6 % et l’Atacora à 17,3 %. À l’inverse, l’Atlantique atteint 3,6 %, le Plateau 3,5 % et le Littoral seulement 2 %.
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Les investissements effectivement réalisés au cours du semestre se concentrent très majoritairement sur le poste des constructions, qui absorbe 8,71 milliards FCFA, soit près de 59 % des dépenses d’investissement payées. Parmi les postes identifiés dans la note, les hôtels de ville et les ouvrages d’art, d’assainissement et d’adduction d’eau figurent en tête, devant les infrastructures scolaires, sanitaires et marchandes.
À côté des dépenses en capital, les collectivités consacrent également au cours de la période une part soutenue de leurs ressources propres de la période à la préservation de leurs équipements. Le taux d’entretien du patrimoine communal s’établit ainsi à 12,26 % des recettes propres au premier semestre 2026, poursuivant la hausse engagée depuis plusieurs exercices. La situation d’ensemble demeure ainsi contrastée à mi-parcours de l’année 2026, les collectivités territoriales s’appuient sur un niveau de recettes de fonctionnement en progression et sur une épargne brute établie à 29 milliards FCFA, alors qu’une part prépondérante des crédits affectés à l’équipement local reste stockée en attente d’exécution.
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