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Assainissement pluvial : à quoi s’attendre du prochain bilan à mi-parcours du PAPVS ?

Assainissement pluvial, La Marina BJ — À l’heure où le Programme d’assainissement pluvial des villes secondaires (PAPVS) arrive à mi-parcours, une revue approfondie de ses interventions se prépare dans les villes de Porto-Novo, Ouidah, Abomey et Bohicon. L’exercice doit notamment permettre de mesurer l’efficacité des ouvrages réalisés, d’apprécier leur fonctionnement et leur durabilité, mais aussi d’examiner les conditions dans lesquelles les collectivités pourront assurer leur entretien et leur pérennité. En savoir plus.

Le PAPVS s’inscrit dans la réponse du gouvernement béninois à la récurrence des inondations urbaines, particulièrement sensibles dans les zones exposées aux fortes précipitations, à l’insuffisance des capacités d’évacuation des eaux et à l’occupation croissante des espaces urbains. Faisant partie intégrante du Programme d’action du Gouvernement 2021-2026, il couvre huit villes secondaires. Le volet concerné par la prochaine revue porte, lui, sur quatre pôles urbains bénéficiant d’un financement conjoint de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Africa Growing Together Fund (AGTF).

Un important portefeuille d’ouvrages à examiner

Selon nos informations, à Porto-Novo, le périmètre de l’évaluation à mi-parcours comprend notamment quatre collecteurs totalisant 11,27 km, quatre axes pavés ou bitumés représentant 8,8 km ainsi que la réhabilitation du CEG Akpassa. À Ouidah, huit collecteurs sur 5,76 km et quatorze rues pavées sur 7,82 km figurent parmi les principales infrastructures concernées, auxquelles s’ajoutent plusieurs équipements sociocommunautaires. À Abomey, sept collecteurs représentant 17,21 km et sept rues pavées ou bitumées sur près de 7,92 km constituent l’essentiel du portefeuille d’infrastructures. Pour la même évaluation, la ville de Bohicon compte pour sa part cinq collecteurs totalisant 11,89 km et six voies d’accès pavées ou bitumées sur 8,17 km, avec également des interventions dans les secteurs scolaire et sanitaire.

Au-delà de l’inventaire des ouvrages, le prochain exercice devra donc permettre de regarder leur niveau d’exécution, leur efficacité face aux problèmes de drainage et les conditions de leur exploitation dans la durée. La question de l’entretien apparaît particulièrement importante pour des infrastructures dont la performance dépend aussi de la capacité à maintenir les réseaux fonctionnels et à prévenir leur obstruction.

De l’ouvrage à la résilience des villes

L’examen attendu ne devrait toutefois pas se limiter aux infrastructures physiques. Le PAPVS repose également sur un volet consacré au renforcement de la résilience locale. Celui-ci comprend notamment le reboisement, la gestion des déchets solides, le renforcement des capacités des collectivités, la gestion des risques d’inondation ainsi que des actions liées à la facilitation sociale et au genre. Cette dimension doit permettre d’apprécier si les investissements dans les réseaux de drainage sont accompagnés par les conditions nécessaires à leur efficacité sur le terrain. La gestion des déchets et l’entretien des ouvrages constituent notamment des facteurs susceptibles d’influencer directement le fonctionnement des dispositifs d’évacuation des eaux.

La gouvernance du programme, dont la Société des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (SIRAT) assure l’exécution, devrait également être examinée, à travers le fonctionnement de son unité de gestion, le suivi-évaluation, les audits financiers et les dispositifs environnementaux et sociaux. Les questions liées aux plans de gestion environnementale et sociale, aux plans d’action de réinstallation et à la prise en compte des groupes vulnérables font partie des paramètres attendus de cette revue.

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Mesurer avant de préparer la suite

Prévu pour être confié à un expert en évaluation de projet de quinze ans d’expérience en la matière, l’enjeu sera finalement de déterminer dans quelle mesure les interventions répondent toujours aux besoins des populations exposées aux inondations et dans quelle mesure les résultats obtenus peuvent être maintenus dans le temps. La revue doit ainsi s’appuyer sur les critères de pertinence, de cohérence, d’efficacité, d’efficience et de durabilité utilisés dans l’évaluation des interventions de développement.

Le volet concerné mobilise plus de 137 milliards de FCFA, à travers deux prêts signés en juillet 2023 de 164,25 millions d’euros de la BAD et 45,5 millions d’euros de l’AGTF. Le budget prévisionnel de cette initiative de revue est, selon nos informations, de 10 millions de francs CFA. L’examen à mi-parcours devra mettre en regard les ressources engagées, les résultats obtenus et les perspectives pour la suite du programme.

Pour le PAPVS, la prochaine séquence ne devrait ainsi pas se résumer à un état des infrastructures. Elle doit aussi renseigner sur leur efficacité économique et opérationnelle, la capacité des collectivités à les maintenir, la solidité des dispositifs de résilience locale et les conditions nécessaires à la poursuite des interventions dans les quatre villes concernées.

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