Paiement, La Marina BJ — À la date-butoir du 30 septembre 2026 fixée par la BCEAO pour les banques, le paysage béninois du paiement instantané prend une nouvelle dimension. En deux mois, le nombre de participants autorisés est passé de 11 à 18. Désormais, les 14 banques agréées du pays sont connectées à la plateforme PI-SPI, rejointes par PEBCO BETHESDA, premier système financier décentralisé (SFD) du pays à franchir le pas. Seul bémol du côté de la monnaie électronique , Celtiis Cash qui manque toujours à l’appel.
Deux mois après notre état des lieux sur les acteurs encore absents du dispositif (Lire LMBJ du 14/08/2026) la nouvelle liste publiée, le 30 septembre 2026, par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) confirme un mouvement de rattrapage rapide au Bénin. Sur les 11 participants recensés au 31 juillet 2026, neuf étaient des banques ou établissements financiers, deux relevaient de la monnaie électronique et aucune institution de microfinance n’était encore connectée. La photographie arrêtée à fin septembre porte désormais le nombre total de participants béninois à 18 soit 63,6 % en deux mois.
Le rattrapage bancaire
Le changement le plus net se situe dans le secteur bancaire. Au 31 juillet, neuf banques et établissements financiers béninois figuraient sur la liste du PI-SPI. Deux mois plus tard, les 14 banques agréées sont toutes présentes. Les cinq établissements qui manquaient encore à l’appel à savoir Société Générale Bénin, BIIC, BANGE BANK, SONIBANK et Banque Atlantique, ont donc rejoint BGFIBank, BOA, BSIC, CBAO, Coris Bank, Ecobank, NSIA Banque, Orabank et UBA. La conséquence est immédiate, la couverture des banques passe de 9 sur 14, soit 64,3 %, à 14 sur 14, soit 100 %. Le marché bancaire béninois ne présente donc plus, à la date du 30 septembre, de déficit de présence institutionnelle sur le dispositif innovant de la banque centrale.
Cette évolution est à replacer dans la montée en puissance générale du PI-SPI. La BCEAO avait recensé 80 participants connectés dans l’Union au 24 juin, tandis que 74 autres institutions étaient alors en phase de test réel. Elle avait ensuite prolongé jusqu’au 30 septembre la date limite applicable aux banques, EME et établissements de paiement afin de leur permettre d’achever leur intégration.
Pour le système financier béninois, la séquence traduit donc moins l’arrivée d’un nouveau modèle bancaire que la normalisation rapide de l’accès au nouvel infrastructure régionale de paiement. Le rapport de force se déplace désormais et la question n’est plus de savoir quelles banques sont connectées, mais comment chacune valorisera cette interopérabilité dans ses offres de paiement, d’encaissement et de transfert.
Julaya entre en scène
Sur le segment de la monnaie électronique et des fintechs, l’avancée s’avère plus mitigée. Selon le dernier rapport de la BCEAO, Moov Money et MTN Mobile Money restent les deux seuls émetteurs adossés à des opérateurs télécoms recensés dans la liste béninoise. La nouveauté réside dans l’arrivée du spécialiste du paiement B2B JULAYA, qui porte à trois le nombre d’acteurs de cette catégorie. Cependant, les disparités persistent. Celtiis Cash, le portefeuille mobile de l’opérateur GSM national, brille toujours par son absence parmi les services grand public autorisés sur le PI-SPI. Un point d’attention majeur sur le marché local, alors même que l’interopérabilité entre plateformes GSM poursuit son déploiement.
Un autre indicateur permet déjà de mesurer le prochain déplacement du marché. Au 16 septembre, la BCEAO avait homologué les premières API Business permettant aux entreprises de connecter leurs logiciels aux services PI-SPI. Au Bénin, une seule API Business était alors homologuée, celle d’Ecobank, contre neuf au Sénégal et huit en Côte d’Ivoire. Autrement dit, l’accès du grand public au paiement instantané progresse plus rapidement que son intégration dans les systèmes financiers et comptables des entreprises. Cette distinction pourrait devenir déterminante dans la prochaine phase de développement du marché.
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Un nouveau front dans la microfinance
Le changement le plus structurant du dernier rapport intervient toutefois du côté de la microfinance. Alors qu’aucun SFD béninois n’apparaissait encore sur la dernière liste arrêtée au 31 juillet, PEBCO BETHESDA fait désormais son entrée parmi les participants autorisés au PI-SPI. L’établissement devient ainsi le premier SFD béninois identifié dans le dispositif. Cette première connexion intervient plusieurs mois avant l’échéance spécifique du 30 juin 2027 accordée par la BCEAO aux institutions de microfinance pour leur intégration.
Le mouvement reste néanmoins à ses débuts au regard du poids du secteur dans le paysage financier national. Le Bénin compte 51 institutions de microfinance actives, représentant plus de 4,8 millions de comptes selon les données précédemment examinées de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (ANSSFD). La présence de PEBCO BETHESDA ne signifie donc pas encore une couverture significative de l’ensemble du secteur, elle marque plutôt l’ouverture du segment des SFD au dispositif régional.
Au total, le Bénin compte désormais 18 participants autorisés au PI-SPI, contre 11 à fin juillet, soit sept acteurs supplémentaires en deux mois. Le compte au 30 septembre fait ainsi apparaître un marché bancaire arrivé au complet, un segment de monnaie électronique qui s’élargit avec Julaya, et une microfinance qui vient d’enregistrer sa première connexion. La prochaine séquence se jouera désormais moins sur le respect de l’échéance bancaire que sur l’élargissement de l’interopérabilité aux acteurs encore absents, notamment dans la microfinance.
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