Diplomatie, La Marina BJ — Réunies à Paris à l’occasion de l’AFRICA Day 2026, plusieurs figures de la diplomatie, des médias et du secteur privé se sont penchées sur les nouveaux instruments d’influence des États africains. Intervenant lors d’une table ronde consacrée à l’image des nations comme levier de puissance, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a exposé les principaux leviers mobilisés par le Bénin pour bâtir une marque-pays crédible, ancrée dans la valorisation de son patrimoine historique et de ses mémoires.
Réunir la diplomatie, la culture et la réalité du terrain pour façonner une image de marque forte, c’est le principe directeur de la stratégie d’influence présentée par la cheffe de la diplomatie béninoise lors des échanges organisés par la French-African Foundation, en partenariat avec Sciences Po Paris et le groupe Axian. Face à une compétition mondiale accrue pour attirer les investissements, les talents et les visiteurs, la perception des nations constitue désormais un actif stratégique majeur.
Au cœur des discussions de cette édition 2026, tenue le samedi 3 octobre, est revenue une exigence fondamentale, la primauté du réel sur le récit. Une orientation réaffirmée par les intervenants de la rencontre, rappelant que la communication ne saurait se substituer aux fondamentaux économiques et institutionnels. Pour soutenir une signature internationale pérenne, un État doit appuyer son discours sur des infrastructures modernes, un environnement des affaires compétitif et des politiques publiques efficientes. C’est à cette condition que l’image peut se traduire en attractivité économique et touristique mesurable.
D’après la vidéo de l’intervention de Corinne Amori Brunet, relayée par le photographe professionnel Steve Lorcy, l’enjeu dépasse la seule construction d’un récit. Il s’agit de permettre au Bénin de « reprendre le contrôle non pas sur le récit, mais sur la réalité de ce que nous sommes ». Une approche qui place la connaissance de l’histoire, du patrimoine et des mémoires au point de départ du positionnement international du pays.
« Un monde de splendeurs », les socles d’attractivité
Cette démarche d’attractivité s’appuie sur la mise en valeur des richesses historiques du territoire, de l’ancien royaume du Danxomé au littoral cotonois, en passant par Porto-Novo et la cité lacustre de Ganvié. En déclinant le concept d’« un monde de splendeurs », marque-pays officielle lancée par le gouvernement béninois en septembre 2025 pour promouvoir le tourisme, la culture et l’attractivité du pays, la ministre a insisté sur la portée du mot « monde », rappelant que le Bénin s’est historiquement construit comme un carrefour géographique et culturel.
Un espace de convergence qui relie les cultures locales à celles nées de la traversée transatlantique, notamment les traditions afro-caribéennes et les communautés afro-descendantes. Cette profondeur mémorielle permet ainsi au Bénin de renouer avec ses diasporas et, plus largement, avec les communautés afro-descendantes auxquelles la ministre rattache une partie de cette histoire.
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L’illustration la plus concrète de cette démarche réside dans la transformation de la traditionnelle fête du Vodoun célébrée autour du 10 janvier en un rendez-vous international : les Vodoun Days. Selon les chiffres avancés par la ministre, le festival, qui en est à sa quatrième édition, a réuni 700 000 visiteurs venus d’environ 56 pays lors de son édition de janvier 2025. Elle estime par ailleurs qu’environ cinq visiteurs sur sept étaient béninois, qu’ils résident au pays ou appartiennent à la diaspora. Une présence qui illustre, dans son propos, la capacité de cet événement à mobiliser les Béninois autour de leur patrimoine tout en ouvrant celui-ci à un public international.
Rejetant toute lecture réductrice, la cheffe de la diplomatie béninoise a tenu à rappeler qu’il ne s’agit pas d’un « spectacle folklorique », mais d’un pays qui « a choisi de reconnaître sa culture, d’arrêter de la cacher, de l’expliquer et de l’ouvrir au monde ». À travers le Vodoun, le Bénin entend ainsi inscrire son patrimoine dans une histoire qui dépasse ses frontières, de l’Afrique de l’Ouest aux Caraïbes et aux Amériques, jusqu’aux communautés afro-descendantes.
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