Coopération, La Marina BJ – Initialement prévue pour s’achever le 21 novembre 2026, la mesure d’assistance de l’Union européenne aux Forces armées béninoises est prorogée de huit mois, fixant sa nouvelle échéance au 21 juillet 2027. Adoptée en mai 2024 pour un montant de référence de 25 millions d’euros, cette enveloppe vise à renforcer les unités engagées dans l’opération Mirador ainsi que les postes de commandement des GTIA de Natitingou et de Kandi. En savoir plus.
Selon les informations rapportées par notre journaliste Noé William HOUNKANRIN, le Conseil de l’Union européenne a adopté, le 28 septembre 2026, la décision (PESC) 2026/2179 modifiant la décision 2024/1455 du 21 mai 2024 relative à l’assistance fournie au Bénin au titre de la Facilité européenne pour la paix (FEP). Publiée au Journal officiel de l’Union européenne le 29 septembre, la nouvelle décision porte de 30 à 38 mois la durée globale de la mesure d’assistance, repoussant son terme du 21 novembre 2026 au 21 juillet 2027. Cette mesure répond à la requête formelle transmise le 5 janvier 2024 par le gouvernement béninois, face à la pression sécuritaire exercée par les groupes armés non étatiques le long des frontières avec le Burkina Faso et le Niger. L’objectif demeure le même : accroître l’efficacité tactique des troupes déployées dans le septentrion béninois et consolider le maillage territorial des Groupements tactiques interarmes (GTIA) basés à Natitingou et Kandi.
Une assistance axée sur les capacités opérationnelles
Le cœur de cette assistance de 25 millions d’euros repose sur la fourniture d’équipements non conçus pour délivrer une force létale, complétée par des prestations de services et des modules de formation. La mesure validée il y a deux ans met un accent particulier sur le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (ISR), notamment par l’intégration d’un radar ISR destiné à renforcer la couverture des zones d’opérations. Sur les volets sanitaire et logistique, l’assistance couvre la fourniture de capacités de soutien médical arrière équivalentes au niveau Role 2, des moyens d’évacuation sanitaire terrestre ainsi que le renforcement des capacités de transport aérien opérationnel multifonction. L’appui matériel englobe également le renforcement des capacités de commandement et de contrôle (C2) au niveau opérationnel.
Au-delà des équipements aéronautiques et des capacités médicales, la mesure accorde une place prioritaire au perfectionnement des personnels de l’Armée de l’air béninoise, à travers des formations avancées en pilotage et en maintenance aéronautique. L’assistance prévoit par ailleurs un volet logistique consacré à la sécurisation des installations de stockage de munitions. L’ensemble de ces équipements et prestations est assorti de formations au droit international des droits de l’homme et au droit international humanitaire.
Une prolongation au service de la finalisation des livraisons ?
Si la décision du 28 septembre 2026 ne détaille pas explicitement les contraintes opérationnelles ayant conduit à cette prolongation, ce réaménagement semble s’inscrire dans le prolongement de la procédure initiée pendant l’été 2026 à Bruxelles, où le Haut représentant de l’Union européenne avait soumis, le 14 juillet, une proposition de modification, examinée dès le 16 juillet par le Comité politique et de sécurité (COPS).
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L’absence de nouveau financement dans le texte révisé montre que la décision porte sur la durée de mise en œuvre de l’assistance existante. Elle peut ainsi être lue comme permettant de poursuivre ou d’achever l’exécution des prestations et livraisons prévues, notamment celles mises en œuvre avec Défense Conseil International (DCI Group). Le texte révisé maintient par ailleurs les obligations de suivi prévues par la décision initiale : signature des certificats de livraison à la réception des matériels, tenue de l’inventaire des biens, ainsi que visites sur place et audits.
Cette extension de huit mois réaffirme la continuité de l’engagement de l’Union européenne aux côtés du gouvernement béninois pour la stabilisation des régions septentrionales, dans un contexte de vigilance accrue au sein des pays côtiers du Golfe de Guinée.
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