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Trafic de faux médicaments au Bénin : les saisies bondissent de 392,4 % au troisième trimestre

Trafic, La Marina BJ – Entre juillet et septembre 2026, la Police Républicaine a intercepté 4,9 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits sur le territoire national. Portée par une saisie record à Aplahoué et une multiplication des opérations de terrain, cette offensive sécuritaire marque une rupture spectaculaire dans la lutte contre le marché illicite du médicament.

Les chiffres compilés par le cabinet WE Connector pour La Marina BJ, et basés sur les communications de la police Républicaine sur la période, révèlent un changement d’échelle radical dans la traque de la pharmacie parallèle. Après un premier semestre marqué par des volumes stables oscillant autour de 950 kilogrammes par trimestre, les interceptions de faux médicaments ont atteint 4 918,72 kilogrammes au cours du troisième trimestre 2026. Cette progression de 392,4 % par rapport aux trois mois précédents s’explique à la fois par le démantèlement de points de stockage massifs et par un rythme d’interventions policières nettement plus soutenu, portant le bilan consolidé des neuf premiers mois de l’année à près de sept tonnes.

Ce bond statistique spectaculaire s’explique en grande partie par une intervention d’une ampleur inédite menée le 30 juillet dernier dans le département du Couffo. Lors d’une descente nocturne effectuée dans le quartier Djimadohoué à Azovè, le Peloton de Surveillance et d’Intervention d’Aplahoué a découvert 2 903 kilogrammes de produits pharmaceutiques falsifiés entassés dans les locaux privés d’une revendeuse. Représentant à elle seule près de 60 % du volume global du trimestre, cette saisie hors-norme démontre que le stockage résidentiel a franchi un palier en prenant une véritable dimension commerciale et logistique. Même en isolant ce cas d’exception, le volume trimestriel consolidé dépasse les deux tonnes, ce qui confirme un doublement des marchandises interceptées par rapport au trimestre précédent.

L’émergence de la voie lagunaire

L’analyse géographique des onze opérations chiffrées de la période met en exergue une diversification des itinéraires empruntés par les trafiquants depuis les pays frontaliers. Si des localités comme Péhunco dans le nord avec 296 kilogrammes saisis ou Porto-Novo dans l’Ouémé avec 1 092 kilogrammes cumulés sur trois opérations confirment leur rôle de points de transit structurels, la période est marquée par l’émergence de nouvelles routes d’acheminement ainsi que par la détection d’autres pôles urbains majeurs comme Parakou avec 183,72 kilogrammes saisis.

Les forces de l’ordre ont notamment documenté pour la première fois cette année l’existence d’un corridor aquatique à Kétonou, dans la commune de Sèmè-Kpodji, où deux opérations distinctes ont permis d’intercepter successivement 155 kilogrammes puis 80 kilogrammes de marchandises. Ce maillage inclut également le marché de Tangbo avec 122 kilogrammes interceptés, le secteur de Massè avec 37 kilogrammes, ainsi que les interventions menées par le commissariat du 2e arrondissement de Cotonou ayant permis de retirer environ 50 kilogrammes de produits illicites. Cette combinaison de canaux terrestres, fluviaux et maritimes témoigne d’une organisation logistique particulièrement agile de la part des réseaux d’approvisionnement.

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La répression menée au cours de ce trimestre révèle une imbrication profonde du trafic dans diverses couches socioprofessionnelles, allant de la grossiste itinérante organisant des navettes entre Cotonou et Porto-Novo jusqu’à une ancienne aide-soignante livrant clandestinement du matériel médical à des professionnels de santé. Face à cette menace, la Police Républicaine a renforcé ses méthodes d’investigation en s’appuyant sur des surveillances prolongées et des filatures ciblant directement les têtes de pont. Toutefois, si les dossiers les plus volumineux sont systématiquement transférés à la Brigade Économique et Financière, l’absence de données publiques relatives aux condamnations effectives et à la valeur marchande des produits saisis laisse entière la question de l’impact dissuasif réel de ce dispositif sur l’économie criminelle.

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