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Bénin – Projet EFTP : à six mois de la clôture, des cibles en passe d’être révisées

Éducation, La Marina BJ —À un semestre de son échéance officielle fixée à mars 2027, le Projet d’enseignement technique, de formation professionnelle et d’entrepreneuriat pour l’emploi (EFTP) au Bénin pourrait faire l’objet d’une révision de son cadre de résultats. Face au décalage constaté entre les avancées institutionnelles et la concrétisation sur le terrain, une restructuration formelle se profile pour réaligner les ambitions sur les réalités opérationnelles.

Doté d’une enveloppe globale de 300 millions de dollars US, soit environ 180 milliards de FCFA, le projet EFTP entre dans sa ligne droite finale. Selon un récent document d’appréciation consulté par La Marina BJ, les équipes d’évaluation maintiennent une appréciation globale « modérément satisfaisante », avec un niveau de risque jugé « modéré ». Toutefois, l’analyse détaillée du déploiement révèle la nécessité d’un ajustement stratégique, le second après celui de mars 2025, destiné à toiletter la grille de performance et à corriger la trajectoire des livrables d’ici la clôture. Selon nos informations, aucune prolongation du calendrier n’est inscrite à ce stade.

L’aveu de lucidité

Du rapport issu de l’évaluation,la prochaine restructuration scellera l’abandon de certains engagements initiaux devenus inapplicables dans les délais impartis. C’est notamment le cas des études de suivi de l’insertion des diplômés, dont l’indicateur sera officiellement retiré du dispositif de suivi. D’autres indicateurs doivent par ailleurs être mis à jour; une partie des programmes de formation a été développée sur mobilisation directe du budget national béninois plutôt que sur la ligne de financement du projet, ce qui impose un ajustement de la grille d’évaluation. Enfin, alors que l’objectif ultime de diplômés issus des programmes modernisés est fixé à 13 000 apprenants, le compteur affiche encore zéro au bilan intermédiaire, les 8 000 premiers élèves engagés dans ces cursus rénovés n’étant comptabilisés qu’à l’issue de leur formation.

Ce besoin de restructuration met en exergue une exécution à deux vitesses. Côté gouvernance et cadre réglementaire du projet (Composante 1), le bilan s’avère concluant car les quatre conditions basées sur la performance (PBC) de ce volet sont remplies, matérialisées par l’adoption de six textes, trois décrets et trois arrêtés, sur le statut des établissements publics, le fonctionnement du CNCP-EFTP, le financement basé sur la performance, les indicateurs de performance et la catégorisation des institutions. Le cadre national de certification VAE reste, lui, à opérationnaliser. Deux autres conditions de performance, portant sur les plans de gestion des établissements et l’assurance qualité interne, ne sont que partiellement atteintes, avec 14 millions de dollars en jeu. De même, l’écosystème entrepreneurial affiche des résultats probants avec 600 entreprises des industries créatives accompagnées et 15 structures d’appui certifiées, même si seuls 290 bénéficiaires ont reçu un appui financier sur les 700 visés, dont 27 % de femmes pour une cible de 40 %.

À l’inverse, la délivrance des services de formation et le volet infrastructures, deuxième Composante du projet , concentrent les plus vives inquiétudes. Sur les 12 chantiers majeurs de construction et de modernisation de lycées techniques et d’établissements de formation, seuls 5 contrats d’entreprises ont été signés en avril 2026, pour un démarrage des travaux calé à novembre 2026, soit à peine quatre mois avant la date théorique de clôture du projet.

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L’impératif d’accélérer la dépense

Pour les sept autres sites d’enseignement technique, la mise à jour des dossiers de consultation et la sélection des bureaux d’études techniques (BET) restent suspendues à des processus de passation de marchés en cours, avec une signature visée début novembre 2026. Le document juge lui-même critique l’accélération de ces procédures, afin que les prestataires retenus puissent mobiliser dès la signature de leur contrat, faute de quoi le démarrage des travaux pourrait être repoussé. À la date de l’évaluation, environ 127 millions de dollars ont été décaissés sur l’ensemble des crédits accordés par le bailleur, soit des taux de consommation s’échelonnant entre 35 % et 66 % selon les accords de prêt engagés depuis décembre 2021.

Pour l’exécutif béninois et les agences d’exécution (ADET et Agence de Développement de Sèmè City), les prochains mois imposeront des arbitrages rigoureux pour finaliser les réorientations budgétaires, accélérer la contractualisation des prestataires et sécuriser un maximum d’acquis avant l’échéance finale de mars 2027.

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