Gouvernance, La Marina BJ — D’après le décret n°2026-628 du 07 octobre 2026 portant projet de loi de finances pour la gestion 2027, consulté dans son intégralité par La Marina BJ, y compris ses annexes budgétaires, et transmis à l’Assemblée nationale pour examen et vote, l’État béninois prévoit d’engager 2 607,39 milliards de FCFA de crédits de paiement au profit des ministères et institutions en 2027. Cela représente une hausse de 10,8 % par rapport aux 2 352,98 milliards de la loi de finances rectificative de 2026. Entre l’émergence budgétaire du Sénat, le renforcement massif du Cadre de vie et les coupes enregistrées dans certains secteurs, décryptage d’un volet majeur du projet de budget général dont le quitus parlementaire ne fait aucun doute.
Alors que le compte rendu du Conseil des ministres du 7 octobre 2026 s’est attaché à poser les grands équilibres macroéconomiques et les orientations sociales du projet, les annexes permettent de dresser la cartographie chiffrée du fonctionnement de l’État. Le projet s’équilibre globalement à 4 757,03 milliards de FCFA en ressources et en charges (+14,7 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2026). Il consacre 70,6 % des crédits de paiement du budget de l’État (3 690,97 milliards).
Le Sénat entre en scène
Sur le plan institutionnel, l’exercice 2027 traduit la reconfiguration du paysage constitutionnel béninois. La Présidence de la République voit sa dotation progresser de 5,3 %, de 69,80 à 73,515 milliards de FCFA. L’Assemblée nationale enregistre une baisse de 4,4 %, à 31,64 milliards contre 33,085 milliards en 2026. La grande nouveauté est le Sénat, qui passe de 100 millions de francs CFA à 3,64 milliards de FCFA, avec un plafond d’emplois de 31 équivalents temps plein.
Le Conseil économique et social (CES) bondit de 40,7 %, à 5,295 milliards de FCFA contre 3,76 milliards en 2026. Cette hausse s’explique directement par l’absorption des attributions de l’ancien Médiateur de la République, qui obtenait un budget de 883 millions de FCFA en 2026 et n’a plus de ligne propre en 2027 à la suite des lois adoptées mi-2026. La CENA, dotée de 1,82 milliard en 2026, ne figure plus non plus dans les crédits, son cadre juridique ayant été supprimé à titre provisoire en juillet.
Parmi les autres organes constitutionnels, la Cour des comptes dispose de 4,92 milliards de FCFA (+1,3 %), la Cour suprême de 3,97 milliards (-8,0 %) et la HAAC de 3,34 milliards (+17,2 %). La Cour constitutionnelle s’élève à 2,84 milliards (+2,7 %), l’Autorité de protection des données à caractère personnel à 1,077 milliard (+45,9 %), la Commission béninoise des droits de l’homme à 1,03 milliard (+23,4 %) et la Haute Cour de Justice à 960,869 millions (+1,0 %).
Cadre de vie, Enseignement supérieur et Énergie sur le podium
Dans les arbitrages ministériels, le ministère du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, reste le premier poste budgétaire de l’État. Avec 594,075 milliards de FCFA en 2027 contre 509,75 milliards en 2026 (+16,5 %), il absorbe à lui seul 16,1 % du budget de l’État. La hausse est portée par trois programmes : Villes et territoires durables (183,09 milliards), Construction et Habitat (166,37 milliards) et Infrastructures et Transports (163,3 milliards). L’éducation s’impose comme le second pilier des dépenses. L’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique progresse de 13,2 %, à 313,17 milliards de FCFA, dont 213,3 milliards pour la formation technique. L’Enseignement maternel et primaire passe à 212,26 milliards (+4,7 %) et dispose du plus important plafond d’emplois de l’État, avec 29 169 équivalents temps plein sur un total de 102 844. L’Enseignement secondaire s’établit à 124,838 milliards (+5,5 %).
Le ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines enregistre une hausse de 22,1 %, à 225,47 milliards de FCFA, dont 127,8 milliards pour le programme Eau et 87,3 milliards pour le programme Énergie. L’Agriculture, l’Élevage et la Pêche monte à 181,93 milliards (+26,2 %), dont 135,8 milliards pour le seul programme Agriculture. La Défense nationale atteint 113,98 milliards (+6,7 %), et l’Intérieur et la Sécurité publique recule à 90,73 milliards (-5,5 %). La Décentralisation et la Gouvernance locale progresse à 62,95 milliards (+14,6 %) et la Justice et la Législation à 53,21 milliards (+15,1 %).
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Autres dotations
En comparaison avec le budget rectificatif de juin 2026, les deux plus fortes hausses reviennent au ministère des PME et de la Promotion de l’emploi en charge de la formation professionnelle, dont les crédits plus que doublent (+110,6 %) pour s’établir à 41,79 milliards de FCFA, grâce à 31,7 milliards de ressources extérieures, et au ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine, qui progresse de 101,6 %, à 22,57 milliards. Le ministère des Sports et l’Engagement civique atteignent 44,82 milliards (+23,6 %), l’Économie et les Finances 37,18 milliards (+29,8 %) et le ministère chargé des Finances et de la Microfinance 36,81 milliards (+14,9 %). Le Budget et la Fonction publique progresse de 51,4 %, à 18,61 milliards. La Famille et l’Action sociale reste quasi stable à 28,72 milliards (-0,4 %), les Affaires étrangères s’élèvent à 20,78 milliards (+13,8 %), la Communication et les Médias à 12,39 milliards (-5,6 %), le Commerce intérieur à 7,40 milliards (+1,0 %) et la Mobilisation des ressources extérieures à 7,02 milliards (+28,8 %).
De plus, plusieurs ministères voient leurs dotations baisser, et les annexes permettent d’en isoler les causes. Le budget du ministère de la Santé fléchit de 10,5 %, de 195,29 à 174,83 milliards de FCFA. Ses ressources extérieures reculent, tandis que son financement intérieur progresse. Le ministère du Tourisme et du Commerce extérieur enregistre le repli le plus net (-37,8 %, à 38 milliards). Cette baisse vient surtout du financement intérieur des investissements, auquel s’ajoute une baisse des ressources extérieures,. Enfin, le ministère de la Transformation digitale et l’Innovation voit ses crédits reculer de 28,7 %, à 11,589 milliards, en l’absence de tirages sur prêts extérieurs programmés pour 2027, alors qu’ils s’élevaient à 6,5 milliards dans le budget rectificatif de 2026.
Le projet de loi de finances de l’année 2027 entre bientôt dans sa phase d’examen à l’Assemblée nationale avec une session budgétaire qui débute le 19 octobre 2026, où chaque ministre et chaque président d’institution devra défendre l’enveloppe de sa structure devant les commissions parlementaires.
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