Économie, La Marina BJ – L’économie béninoise a enregistré une croissance de 8,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 7,6 % à la même période de 2025. Publiés par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD), les nouveaux comptes nationaux trimestriels, établis sur la base 2023, font ressortir une progression soutenue des activités de services, de la construction et des industries manufacturières. Décryptage.
Le changement d’année de base des comptes nationaux, avec une nouvelle base comptable fixée à 2023 et alignée sur le Système de comptabilité nationale de 2008 (SCN 2008), n’a pas modifié le constat d’une économie béninoise en expansion (Lire LMBJ du 19/06/2026). Cette performance repose sur la contribution des trois grands secteurs d’activité, avec une prédominance des services. Elle place le Bénin nettement au-dessus de l’ensemble de l’UEMOA, dont le PIB réel a progressé de 6,0 % au même trimestre, selon la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
D’après le bulletin de l’INStaD, la confirmation tient d’abord à la stabilité des séries révisées. La croissance annuelle de 2025 est maintenue à 8,1 % et les taux des quatre trimestres de 2025 restent inchangés. Seul le premier trimestre 2026 est relevé, de 7,8 % à 8,0 %, principalement du fait du secteur secondaire (9,4 % contre 8,8 % initialement).
Le tertiaire, premier moteur de la croissance
Avec 48,4 % du PIB, le secteur tertiaire demeure le principal contributeur à l’expansion de l’économie béninoise. Sa valeur ajoutée augmente de 8,5 % au deuxième trimestre 2026, apportant 4,1 points de pourcentage à la croissance globale, soit près de la moitié du total. Cette progression traduit notamment le dynamisme des transports et de l’entreposage, dont la valeur ajoutée augmente de 8,9 % après 6,1 % un an plus tôt, et du commerce, qui progresse de 7,4 %. Le commerce représente à lui seul 23,8 % de la valeur ajoutée du secteur tertiaire. Les administrations publiques et les autres services marchands affichent également des progressions soutenues, de 10,7 % et de 10,0 %. La place des services dans la formation du PIB confirme leur poids dans l’activité nationale, notamment à travers les échanges commerciaux et la circulation des biens.
Quant au secteur secondaire, elle enregistre la plus forte croissance des trois grands secteurs, avec une hausse de 10,1 % de sa valeur ajoutée, contre 9,5 % au deuxième trimestre 2025. Pesant 19,9 % du PIB, il contribue à hauteur de 2 points à la croissance économique. Les activités de construction constituent l’un de ses principaux moteurs. Le BTP progresse de 11,6 %, avec une contribution de 0,9 point à la croissance du PIB. Les industries manufacturières participent également à cette évolution avec la fabrication de produits agroalimentaires qui augmente de 7,4 %, tandis que celle des boissons et du tabac affiche une hausse de 16,3 %. Les autres industries manufacturières enregistrent, pour leur part, une progression de 10,5 %.
Ces résultats mettent en évidence le rôle de la construction et de la transformation industrielle dans l’accélération de l’activité. Ils ne suffisent toutefois pas, à eux seuls, à mesurer les effets de cette progression sur l’emploi, les revenus des ménages ou les capacités de production à long terme.
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Un secteur primaire toujours porté par l’agriculture
Selon les détails de l’INStaD, le secteur primaire conserve une place importante dans l’économie nationale, avec 22,8 % du PIB. Sa valeur ajoutée augmente de 6,2 % au deuxième trimestre 2026, contre 5,9 % un an plus tôt, contribuant à hauteur de 1,4 point à la croissance globale. L’agriculture demeure la principale composante de cette performance, avec une progression de 6,0 % et une contribution de 1 point. L’élevage et la chasse enregistrent une hausse de 8,6 %, tandis que la sylviculture et la pêche progressent respectivement de 4,2 % et de 4,4 %. Cette évolution positive complète les contributions des services et des activités industrielles. Les impôts et taxes suivent également la tendance générale, avec une hausse de 8,6 %, contre 7,9 % au deuxième trimestre 2025. Ils représentent 8,9 % du PIB et contribuent à hauteur de 0,8 point à la croissance.
Au-delà du taux global de 8,3 %, les nouveaux comptes nationaux font ainsi ressortir une expansion portée par plusieurs branches d’activité. Le rebasage en année 2023 actualise le cadre de mesure de cette évolution. Pour apprécier plus largement la portée de la performance économique, il restera notamment à examiner son évolution sur plusieurs trimestres ainsi que sa traduction en matière d’emploi, de revenus et de conditions de vie.
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