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Financement climatique : le Bénin intègre une nouvelle facilité souveraine de 690 millions de dollars

Développement, La Marina BJ – L’Africa Finance Corporation (AFC) et le Fonds vert pour le climat (FVC) ont lancé, le 30 octobre 2026 à Incheon, en Corée du Sud, l’Africa Sovereign Climate Facility (ASCF), un mécanisme destiné à financer les investissements climatiques de quatre pays africains, dont le Bénin. Associant ressources concessionnelles, financements commerciaux et assistance technique, cette facilité place les ministères des Finances des pays bénéficiaires au cœur du circuit de financement et vise à rapprocher les priorités climatiques nationales des investissements nécessaires à leur réalisation.

Le Bénin figure parmi les quatre premiers pays concernés par cette nouvelle architecture de financement, aux côtés de l’Angola, de la Côte d’Ivoire et du Nigeria. Annoncée à 690 millions de dollars, l’enveloppe de l’ASCF doit soutenir des interventions dans l’énergie propre, la santé, la sécurité alimentaire et hydrique ainsi que les infrastructures résilientes. Pour les États participants, l’enjeu est de mobiliser des ressources supplémentaires pour des investissements intégrant les risques climatiques, tout en renforçant leur capacité à transformer leurs engagements environnementaux en projets finançables. La participation du Bénin ne s’accompagne toutefois pas, à ce stade, d’une enveloppe nationale individualisée (Lire LMBJ du 27/10/2026).

Des prêts concessionnels complétés

Le montage financier annoncé par les deux institutions repose sur plusieurs catégories de ressources. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, le FVC prévoit une contribution de 280 millions de dollars, tandis que l’AFC arrangera et financera intégralement une facilité commerciale parallèle pouvant atteindre 260 millions de dollars, avec une maturité maximale de dix ans. Cette dernière sera accessible aux quatre pays à travers leurs ministères des Finances respectifs. Le programme prévoit également une assistance technique et un renforcement des capacités pour accompagner la préparation des investissements et l’intégration des considérations climatiques dans la planification nationale.

Cette articulation entre financements concessionnels et ressources commerciales constitue l’un des principaux ressorts de l’ASCF. Elle vise à élargir les capacités de financement des gouvernements au-delà des seules subventions et à faciliter la réalisation d’investissements dont les coûts et les risques peuvent limiter l’intervention des financements classiques. Pour le Bénin, la portée concrète du mécanisme dépendra notamment des projets retenus, des montants effectivement mobilisés et des conditions financières des ressources remboursables. L’annonce ne précise ni la répartition des financements entre les quatre États ni le volume susceptible d’être attribué individuellement au pays.

Une évolution du partenariat

Le lancement de l’ASCF s’inscrit dans la continuité d’une collaboration engagée depuis plusieurs années entre les deux institutions. En mars 2023, le conseil d’administration du FVC avait approuvé une contribution de 253,755 millions de dollars à l’Infrastructure Climate Resilient Fund (ICRF), un fonds destiné à soutenir le développement d’infrastructures résilientes au changement climatique en Afrique. Cette intervention associait notamment 240 millions de dollars de participation en fonds propres de premier risque et 13,755 millions de dollars de subvention. Le montage devait faciliter l’attraction de capitaux institutionnels et privés vers des investissements d’infrastructures exposés aux risques climatiques.

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Avec l’ASCF, le partenariat élargit son champ d’intervention en orientant davantage les financements vers les besoins des États et leurs priorités nationales. Les ministères des Finances deviennent ainsi des acteurs centraux de l’acheminement des ressources, dans une logique de rapprochement entre financement climatique et investissements publics.

Sur la durée du programme, l’AFC avance une prévision de 5,2 millions de bénéficiaires des interventions d’adaptation et de 5,78 millions de tonnes équivalent CO₂ réduites, évitées, éliminées ou séquestrées. Pour le Bénin, l’intérêt de cette nouvelle facilité se mesurera finalement à sa capacité à déboucher sur des investissements identifiés, financés et exécutés, ainsi qu’aux conditions auxquelles les ressources seront mises à la disposition de l’État.

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