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À la BOA-Bénin, la progression du PNB ne suffit plus à soutenir les bénéfices

Business, La Marina BJ – La Bank of Africa Bénin a enregistré une hausse de 4 % de son produit net bancaire (PNB) au terme du troisième trimestre 2026, à 38,586 milliards FCFA. Cette progression ne s’est toutefois pas traduite dans ses résultats bénéficiaires, tous deux en recul de 3 % selon le rapport d’activité . Une évolution qui prolonge les tensions observées au premier semestre, marqué par une forte augmentation du coût du risque et une contraction des encours de crédits.

La dynamique des revenus de Bank of Africa Bénin (BOA-Bénin) ne se reflète plus dans l’évolution de ses bénéfices. À fin septembre 2026, le produit net bancaire (PNB) de la filiale béninoise du groupe Bank of Africa s’est établi à 38,586 milliards FCFA, contre 37,066 milliards FCFA à la même date en 2025, soit une progression de 4 %. Dans le même temps, le résultat avant impôt a diminué de 3 %, à 16,242 milliards FCFA, tandis que le résultat net s’est replié dans les mêmes proportions, à 15,336 milliards FCFA. Ce décalage entre la croissance des revenus bancaires et le recul des bénéfices prolonge une tendance déjà perceptible dans les comptes du premier semestre 2026, après un exercice 2025 marqué par une forte augmentation du coût du risque.

Un PNB soutenu

La progression du produit net bancaire s’observe dans un contexte de contraction de l’activité de crédit. Dans son rapport d’activité arrêté au 30 septembre 2026, BOA-Bénin fait état d’un recul de 5 % de ses encours de crédits à la clientèle, qu’elle attribue principalement à l’accélération des remboursements des crédits de campagne. En parallèle, les dépôts de la clientèle demeurent globalement stables, autour de 711 milliards FCFA. La stabilité des ressources collectées contraste ainsi avec le recul des financements encore en cours.

Pour expliquer la progression de ses revenus, l’établissement met en avant l’optimisation du coût des ressources, l’amélioration de la rentabilité de ses emplois et la hausse de 7 % des commissions. Ces dernières constituent une composante du PNB, aux côtés des revenus tirés notamment des opérations d’intermédiation bancaire. Leur progression contribue ainsi à soutenir les revenus de la banque dans un contexte de diminution des encours de crédits.

Cette dynamique prolonge celle observée en 2025. Sur l’ensemble de cet exercice, le PNB de BOA-Bénin avait atteint 51,274 milliards FCFA, contre 46,527 milliards FCFA en 2024, soit une augmentation de 10,2 %. Cette amélioration avait notamment bénéficié d’une progression de 13 % de la marge d’intérêts, passée de 30,890 à 34,906 milliards FCFA. Les revenus bancaires avaient ainsi retrouvé une trajectoire ascendante après le recul enregistré en 2024, lorsque le PNB s’était établi à 46,527 milliards FCFA, contre 47,832 milliards FCFA un an auparavant.

Le coût du risque, point de pression

La progression du PNB ne suffit cependant pas à préserver les niveaux de rentabilité de la banque. Le recul simultané du résultat avant impôt et du résultat net montre que la hausse des revenus bancaires n’a pas compensé les charges supportées par l’établissement après la formation de son PNB. Dans son commentaire du rapport d’activité du troisième trimestre, la direction générale fait état d’une hausse du coût du risque, tout en indiquant que son niveau demeure maîtrisé.

Ce poste constitue un point de vigilance depuis l’exercice précédent. En 2025, le coût du risque de BOA-Bénin s’était établi à 4,686 milliards FCFA, contre une reprise nette de provisions de 124 millions FCFA en 2024. Cette évolution avait pesé sur la traduction de la croissance du PNB en bénéfices supplémentaires. Alors que le produit net bancaire avait progressé de 10,2 % sur l’exercice, le résultat avant impôt avait diminué de 2,3 %, à 21,425 milliards FCFA. Le résultat net avait, pour sa part, légèrement augmenté de 2,3 %, à 20,107 milliards FCFA, dans un contexte de diminution de la charge fiscale.

La pression s’est davantage manifestée au premier semestre 2026. Selon le rapport d’activité publié en juillet, le coût du risque est passé de 1,667 milliard FCFA au premier semestre 2025 à 3,121 milliards FCFA un an plus tard, soit une augmentation de 87,2 %. Dans le même temps, le PNB avait progressé de 5,4 %, à 25,886 milliards FCFA, et le résultat brut d’exploitation de 5,1 %, à 13,901 milliards FCFA. Malgré cette amélioration de l’activité opérationnelle, le résultat avant impôt avait reculé de 6,5 %, à 10,842 milliards FCFA, tandis que le résultat net avait diminué de 6 %, à 10,347 milliards FCFA.

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La direction générale avait alors qualifié le coût du risque de « normatif », en indiquant que ses origines étaient identifiées et faisaient l’objet de mesures d’accompagnement. Dans son rapport d’activité publié le 2 novembre 2026 et consulté par La Marina BJ, la banque ne communique toutefois pas de montant actualisé permettant de mesurer précisément l’évolution de ce poste depuis le premier semestre. La baisse des résultats sur les neuf premiers mois confirme néanmoins que la rentabilité de l’établissement reste sous pression, alors que sa direction signale une hausse du coût du risque.

Des crédits en retrait

L’évolution du portefeuille de crédits constitue l’autre dimension de cette trajectoire financière. À fin décembre 2025, les créances sur la clientèle de BOA-Bénin s’établissaient à 391,724 milliards FCFA, contre 408,396 milliards FCFA un an auparavant, soit une diminution de 4,1 %. Les dépôts avaient également reculé de 3,1 %, à 711,642 milliards FCFA, contre 734,344 milliards FCFA en 2024. La contraction des encours de crédits prolongeait ainsi une tendance déjà visible à la clôture du précédent exercice.

Au premier semestre 2026, la banque avait expliqué la diminution de son portefeuille de crédits, en baisse de 12,2 % en glissement annuel, par le recul plus rapide des encours liés au financement de la filière coton (Lire LMBJ du 24/07/2026). Les remboursements des crédits de campagne constituent ainsi un facteur important dans l’évolution de son bilan. Le rapport arrêté au 30 septembre évoque de nouveau l’accélération des remboursements de ces financements, sans préciser la répartition sectorielle actualisée des encours. Cette évolution intervient alors que les dépôts demeurent globalement stables et que les commissions contribuent à la progression des revenus. Elle pose la question de la capacité de la banque à renouveler ses emplois productifs et à maintenir ses marges dans un contexte de réduction des encours de financement.

À l’échelle de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), les principaux indicateurs du secteur bancaire ont progressé en 2025. Selon le rapport annuel de la Commission bancaire de l’UMOA, le PNB du secteur bancaire a augmenté de 8 %, à 3 860,2 milliards FCFA, tandis que le résultat net a progressé de 25,5 %, à 1 252,1 milliards FCFA. La qualité globale du portefeuille s’est également légèrement améliorée, avec un taux brut de dégradation des crédits ramené à 9,1 %, contre 9,3 % en 2024.

Pour BOA-Bénin, l’enjeu des prochains exercices résidera donc autant dans la poursuite de la croissance de ses revenus que dans la maîtrise du coût du risque et la capacité à transformer ses performances opérationnelles en bénéfices. Les résultats cumulés au troisième trimestre 2026 prolongent une situation dans laquelle l’amélioration du PNB ne suffit plus à soutenir la progression du résultat net.

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