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Comment le Bénin compte mobiliser 1 649 milliards FCFA pour financer son budget 2027

Finances publiques, La Marina BJ — Prêts extérieurs, émissions de titres publics et ressources de trésorerie : le gouvernement béninois prévoit de mobiliser 1 649,5 milliards FCFA pour couvrir le besoin de financement du budget 2027. Selon le document de stratégie d’endettement annexé au projet de loi de finances transmis au parlement, les financements extérieurs représenteraient 46 % de cette enveloppe, tandis que les ressources intérieures contribueraient à hauteur de 45 %. Les obligations du Trésor devraient constituer le principal instrument de mobilisation sur le marché régional.

Le financement du budget béninois pour 2027 reposera sur une combinaison de ressources extérieures et intérieures, complétée par des opérations de trésorerie. Selon le document de stratégie d’endettement 2027 du ministère de l’Économie et des Finances, établi sur la base des données de la Caisse autonome de gestion de la dette (CAGD), le besoin de financement du budget général de l’État s’établit à 1 649,5 milliards FCFA. Pour couvrir ce montant, le gouvernement prévoit notamment des tirages sur des prêts-projets et programmes, des emprunts auprès des banques ainsi que des émissions de bons et d’obligations du Trésor. Décryptage.

758,4 milliards FCFA de financements extérieurs

La première composante du plan de financement repose sur les ressources extérieures, évaluées à 758,393 milliards FCFA, soit 46 % du besoin total. Cette enveloppe comprend 651 milliards FCFA de prêts-projets et 107,393 milliards FCFA de prêts-programmes. Les premiers concentrent l’essentiel des financements extérieurs prévus et devraient provenir de plusieurs catégories de partenaires, notamment les institutions multilatérales, les créanciers bilatéraux et les banques internationales.

Dans le détail, les prêts multilatéraux représentent 489,112 milliards FCFA, soit la principale contribution attendue, devant les financements des banques internationales, estimés à 89,989 milliards FCFA, et les prêts bilatéraux, évalués à 71,899 milliards FCFA. Cette répartition confirme la place prépondérante des partenaires multilatéraux dans le financement extérieur programmé pour 2027.

Les prêts-programmes complètent cette composante à hauteur de 107,393 milliards FCFA. Ils s’ajoutent aux financements destinés aux projets pour constituer l’ensemble des tirages extérieurs prévus dans le plan. Pour les nouveaux emprunts extérieurs, le document retient par ailleurs des termes indicatifs de maturité relativement longue. Les financements hautement concessionnels sont ainsi associés à une maturité moyenne de 36 ans et à un différé de six ans, contre respectivement 30 ans et cinq ans pour les emprunts concessionnels. Les prêts semi-concessionnels sont envisagés sur 18 ans, avec cinq ans de différé, tandis que les financements auprès des banques commerciales internationales et d’autres investisseurs affichent une maturité moyenne de 12 ans et un différé de quatre ans.

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Les obligations du Trésor au cœur du financement intérieur

Les ressources intérieures devraient contribuer à hauteur de 741,344 milliards FCFA, soit 45 % du besoin de financement. Selon nos informations, leur mobilisation reposera principalement sur les émissions de titres publics, avec une enveloppe de 647,853 milliards FCFA répartie entre 607,853 milliards FCFA d’obligations du Trésor et 40 milliards FCFA de bons du Trésor. Les obligations constituent ainsi le principal instrument de financement intérieur prévu pour 2027. Leur montant représente à lui seul près de 37 % du besoin global de financement de l’État. À ces émissions s’ajoutent 58,491 milliards FCFA de prêts de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et 35 milliards FCFA d’emprunts envisagés auprès des banques locales. Le solde, soit 149,76 milliards FCFA (9 %), provient d’autres ressources de trésorerie, composées pour l’essentiel de prêts rétrocédés (125,412 milliards FCFA).

Cette orientation survient alors que le gouvernement reconnaît dans la même note, les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de son objectif de réduction progressive de la part de la dette extérieure au profit de la dette intérieure, pourtant consigné dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025-2029. Le document consulté par La Marina BJ explique que cet objectif n’a pas pu être tenu en raison des conditions de financement moins favorables sur le marché régional de l’UEMOA. À fin 2026, la dette extérieure devrait ainsi représenter 81,5 % de l’encours total de la dette publique, contre 18,5 % pour la dette intérieure. Le coût moyen de cette dernière, estimé à 5,4 %, demeure également supérieur à celui de la dette extérieure, établi à 3,1 %. Le recours aux obligations du Trésor apparaît ainsi comme un arbitrage entre la mobilisation des ressources sur le marché régional et la recherche de conditions de financement plus avantageuses.

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