Afrique, La Marina BJ — Le Burkina Faso prévoit de porter le budget de son Projet d’action climatique communale et de gestion des paysages de 125 à 137 millions de dollars. Une enveloppe additionnelle de 12 millions de dollars est envisagée auprès de fonds fiduciaires multilatéraux. Ce soutien financier cible la préparation du pays aux mécanismes de finance carbone, la certification des crédits, l’extension des pratiques agroécologiques et l’expérimentation de dispositifs pilotes de partage des éventuels revenus issus de leur valorisation au profit des populations locales.
Le gouvernement burkinabè prépare une nouvelle phase dans la valorisation de ses ressources naturelles. D’après les documents de mobilisation de fonds consultés par La Marina BJ , une rallonge de 12 millions de dollars est à l’étude pour consolider les composantes de gestion des paysages et des forêts. Au-delà des actions de terrain, le financement supplémentaire affiche comme priorité la préparation du pays à l’exploitation marchande du carbone forestier, ainsi que le renforcement de la gouvernance inclusive et des investissements en faveur des moyens d’existence.
L’analyse de la structure financière de ce nouveau tour de table révèle un arbitrage précis. Sur les 12 millions de dollars envisagés, aucun montant ne proviendra de ressources additionnelles du premier bailleur (IDA), dont l’enveloppe de 113 millions de dollars reste inchangée. Par contre l’intégralité de cette rallonge repose sur des fonds fiduciaires : 4 millions de dollars au titre de fonds fiduciaires, 1 million de dollars prévu via le programme 3A Africa REDD+, et 7 millions de dollars mobilisés par le fonds fiduciaire SCALE (Scaling Climate Action by Lowering Emissions), dédié à l’accélération de l’action climatique.
Cette architecture est pensée pour permettre au régime de Ibrahim Traoré de mobiliser des ressources complémentaires pour financer sa transition vers les marchés carbone sans recourir à un nouvel endettement. Le calendrier d’instruction du dossier pour la validation du financement, prévoit à titre estimatif, une revue au 20 novembre 2026, avant une présentation devant les instances décisionnelles des bailleurs envisagés au 8 janvier 2027.
De la conservation à la monétisation du carbone
Approuvé le 15 juin 2022, le projet s’est concentré jusqu’ici sur la gestion durable des paysages et la création de revenus pour les communautés rurales. L’injection de ces 12 millions de dollars supplémentaires viendra appuyer les sous-composantes consacrées à la préparation aux programmes carbone, à la certification, à la gouvernance inclusive et aux investissements de moyens d’existence. Cette impulsion complète le cadre réglementaire mis en place à Ouagadougou, notamment l’adoption de la Stratégie nationale REDD+ en décembre 2024 et la structuration du dispositif national de crédit carbone entamée en décembre 2025. L’enjeu des prochains mois consistera à mettre aux normes le projet pour qu’il s’inscrive dans la perspective de crédits carbone certifiés.
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Sur le terrain, le projet affiche un bilan consolidé de 502 000 hectares sous gestion durable et 718 000 bénéficiaires. Malgré les retards d’exécution enregistrés au cours de l’année 2026, l’opération maintient une notation modérément satisfaisante, avec un taux de décaissement de 51,9 %. Ce nouveau financement constitue un levier pour accompagner la valorisation du patrimoine forestier burkinabè.
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