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Sénégal : le PAPSA vers une rallonge de 85 millions USD malgré l’enquête sur les aides aux inondés

Protection sociale, La Marina BJ — Le gouvernement sénégalais a récemment formulé une aide supplémentaire de 85 millions de dollars, soit environ 51 milliards de FCFA, pour renforcer le projet de filets sociaux (PAPSA). Ce processus de rallonge, actuellement en cours d’examen auprès de deux partenaires techniques et financiers, est présenté dans un contexte où une enquête indépendante porte sur des allégations relatives à la gestion d’allocations destinées aux victimes des inondations. Elle doit contribuer à renforcer les mécanismes de protection des ménages vulnérables face aux réformes économiques, dont celle des subventions énergétiques.

Selon nos informations, ce financement additionnel porterait l’enveloppe globale du PAPSA de 100 millions à 185 millions de dollars. Sur les 85 millions de dollars supplémentaires envisagés, 75 millions proviendraient de l’Association internationale de développement (IDA) sous forme de crédit, tandis que 10 millions seraient mobilisés auprès du programme fiduciaire Sahel Adaptive Social Protection Program. La validation pourrait intervenir le 15 décembre 2026, lors d’un conseil d’administration de la Banque mondiale.

Approuvé en juillet 2022, le PAPSA avait obtenu un financement initial de 100 millions de dollars. À fin octobre 2026, selon le dernier diagnostic de suivi, son taux de décaissement atteignait 65 %, tandis que le Registre national unique (RNU) couvrait 1 000 632 ménages, soit environ 49 % des ménages sénégalais. Le dispositif aurait également permis d’atteindre 3,55 millions de personnes à travers les programmes de protection sociale.

Accompagner les réformes économiques

Au-delà du renforcement des aides sociales, ce financement additionnel répond à un objectif plus large d’utiliser le système de protection sociale comme un outil d’accompagnement des réformes publiques. La demande formulée auprès des deux bailleurs et consultée par La Marina BJ souligne notamment la nécessité de protéger les ménages pauvres et vulnérables des effets de la réforme des subventions énergétiques engagée par le gouvernement.

L’approche retenue prévoit une évolution du Registre national unique vers un mécanisme d’enregistrement permanent, permettant aux ménages d’intégrer le dispositif à la demande. L’on prévoit également de renforcer la digitalisation des paiements sociaux et d’étendre l’utilisation du système à plusieurs secteurs publics, notamment la santé, l’énergie et l’agriculture.

Le financement additionnel doit également permettre d’élargir les programmes d’inclusion économique afin d’aider les bénéficiaires à développer des activités génératrices de revenus. L’enjeu est de renforcer leur résilience et de favoriser une transition progressive vers davantage d’autonomie économique.

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Une enquête en cours

Cette nouvelle demande de financement intervient dans un contexte particulier. Un rapport soumis au bailleur mentionne qu’une enquête indépendante est en cours à la suite d’allégations de détournement d’allocations destinées aux victimes des inondations par des superviseurs de terrain. Il précise également que des mesures d’atténuation sont mises en place, sans fournir davantage de détails sur l’ampleur des faits ni sur les conclusions de la procédure. Ces éléments confirment les informations relayées il y a quelques mois par plusieurs médias sénégalais sur le placement en garde à vue de plusieurs personnes, dont le coordonnateur du projet pour les régions de Dakar et de Thiès, dans le cadre d’une enquête de la Division spéciale de cybersécurité. Selon les médias locaux, des bénéficiaires fictifs auraient été inscrits sur les listes et des prélèvements illégaux imposés à des ayants droit.

Entre l’accélération des investissements structurels d’un côté et la nécessité absolue de redorer la transparence de l’autre, le PAPSA navigue sur une ligne de crête. Le gouvernement sénégalais joue ici sa partition la plus stratégique : transformer un filet de sécurité d’urgence en une plateforme intégrée et pérenne, capable d’absorber les chocs futurs sans faillir à l’exigence d’exemplarité.

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