Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Gestion des catastrophes : l’exécutif béninois organise deux guichets de 94,3 milliards FCFA

Prévention, La Marina BJ — Le gouvernement béninois prévoit 94,32 milliards FCFA de crédits de paiement, toutes sources de financement confondues, pour le financement de la prévention et de la gestion des catastrophes en 2027. Inscrite dans les prévisions du projet de loi de finances de l’exercice, cette enveloppe est répartie entre deux guichets : une « Réserve stratégique de réponse » de 50,09 milliards FCFA et un « Soutien à la résilience et à la continuité des infrastructures » de 44,22 milliards FCFA. Cette répartition distingue les ressources destinées à la réponse aux catastrophes, aux épidémies et aux urgences sanitaires de celles affectées au renforcement de la résilience des territoires et des infrastructures. En savoir plus.

Les ressources prévisionnelles du Fonds de prévention et de gestion des catastrophes (FONCAT) pour 2027 atteignent précisément 94 316 525 695 FCFA. Les modalités de leur répartition et de leur mobilisation ont été précisées dans une récente note circulaire, signée par le ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue S. Chaou. Le cadre repose sur le décret n° 2026-260 du 22 avril 2026 relatif aux mécanismes financiers de protection contre les catastrophes et les urgences sanitaires, notamment ses articles 6, 23 et 24. Deux guichets distincts organisent ainsi la destination et les modalités d’exécution des ressources prévues.

Treize activités pour renforcer la protection des territoires

La première composante, dénommée « Réserve stratégique de réponse », concentre 50 093 391 000 FCFA. Adossée au programme 107 « Prévention et gestion des catastrophes », elle est destinée au financement de la réponse aux catastrophes, aux épidémies et aux urgences sanitaires. Sa mobilisation relève de la procédure accélérée prévue à l’article 23 du décret du 22 avril 2026. L’annexe budgétaire distingue deux principales lignes de financement relevant du ministère chargé du Budget. La première, dotée de 10,019 milliards FCFA, concerne l’acquisition et la maintenance des équipements d’intervention en protection civile. La seconde, qui représente 40,074 milliards FCFA, porte sur l’appui à la mise en œuvre et au suivi des mesures de gestion des catastrophes. Ces deux allocations constituent l’essentiel des ressources de la réserve stratégique.

Le second guichet, intitulé « Soutien à la résilience et à la continuité des infrastructures », mobilise 44 223 134 695 FCFA. Ces ressources correspondent à des dotations spécifiques réparties entre des programmes de quatre ministères : l’Intérieur et la Sécurité publique, le Cadre de vie et les Transports, l’Énergie, l’Eau et les Mines, ainsi que l’Agriculture, l’Élevage et la Pêche.

La programmation de ce second guichet recense treize activités couvrant plusieurs domaines de prévention et de résilience. Parmi les opérations identifiées figurent la construction d’infrastructures de secours, l’adaptation des villes aux changements climatiques et la protection du littoral contre l’érosion côtière. Les dotations concernent également la réhabilitation du lac Nokoué, de la lagune de Porto-Novo et du lac Ahémé, ainsi que la gestion des forêts classées. Elles comprennent aussi des programmes à vocation agricole et climatique, notamment le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC-Bénin) et le Programme d’adaptation des villes et des communautés au changement climatique dans la basse vallée du Mono (PAHAC-BVM). L’ensemble regroupe ainsi des activités relevant de la protection civile, de l’aménagement urbain, de la préservation des écosystèmes et de l’adaptation climatique. L’exécution des dotations incombera aux ministères concernés et aux structures de protection civile, conformément aux allocations et à la codification budgétaire prévues dans l’annexe.

Des prévisions à confronter aux besoins de financement

La programmation financière intervient dans un contexte marqué par le poids économique des catastrophes naturelles. Selon les données de la Direction générale de l’Économie reprises dans la documentation budgétaire, les dommages et pertes liés aux inondations de 2022 et 2023 sont estimés, aux prix de 2027, à une moyenne annuelle de 191,87 milliards FCFA. Pour 2027, les besoins de financement de la réponse sont évalués à 59 559 206 795 FCFA.

⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.

Rapportée à ces besoins, la réserve stratégique de 50,09 milliards FCFA représenterait environ 84 % de leur couverture, selon un calcul de La Marina BJ. Ce ratio reste indicatif, puisque la réserve couvre également les épidémies et les urgences sanitaires, tandis que l’estimation des besoins présentée porte sur la réponse aux catastrophes. Les 44,22 milliards FCFA du second guichet ne peuvent donc pas être considérés comme des ressources supplémentaires directement disponibles pour financer les urgences : ils sont affectés à des objectifs de résilience et de continuité des infrastructures.

La programmation prévoit par ailleurs la possibilité de réviser le montant global et les allocations à tout moment en cas de catastrophe majeure. Sur le plan de la redevabilité, un rapport annuel de performance du programme « Prévention et gestion des catastrophes » est prévu. Les rapports d’activités, d’exécution financière et de performance du Fonds devront être publiés dans les trente jours suivant leur approbation par le Conseil d’orientation stratégique.

Ces ressources demeurent toutefois des prévisions du projet de loi de finances 2027, soumises à l’adoption du Parlement. Leur disponibilité effective dépendra de l’adoption des crédits, de la mobilisation des différentes sources de financement et de l’exécution des allocations prévues. La capacité du mécanisme à répondre aux crises dépendra également de la rapidité de mobilisation de la réserve stratégique et du suivi des ressources affectées à la résilience.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

Convention fiscale Bénin–Pays-Bas : ce que prévoit le texte transmis à l’Assemblée nationale

Suivant

Politique nationale RSE : après plusieurs années de travaux, le Bénin prépare une actualisation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant