Institution, La Marina BJ – Portée par une augmentation notable des recours ordinaires et l’ouverture au dernier trimestre du contentieux électoral lié aux scrutins de 2026, la Cour constitutionnelle du Bénin a connu une année charnière avec 309 décisions rendues à la fin décembre 2025. Analyse des chiffres marquants de cette montée en puissance.
Entre la gestion courante des recours et la phase décisive du dépôt des candidatures pour les élections législatives, communales et présidentielles de 2026, les sages de la Cour ont fait face à une charge de travail en nette progression par rapport à l’exercice précédent.
Une activité ordinaire en constante progression
Le premier indicateur de cette vitalité réside dans les décisions dites « ordinaires ». La Cour en a rendu un total de 291 en 2025, contre 244 en 2024, soit une augmentation de près de 19 %. L’analyse mensuelle révèle un rythme soutenu, avec des pics d’activité particulièrement marqués au premier semestre. Le mois de juin s’impose comme le plus prolifique avec 51 décisions, suivi de mars (43), février (38), juillet (35) et mai (31).
Le reste de l’activité annuelle se répartit comme suit : 24 décisions en janvier, 23 en avril, 11 en août, 9 en septembre, 6 en octobre, 19 en novembre et une seule décision en décembre. Cette cadence démontre la régularité de la haute juridiction dans le traitement des dossiers de constitutionnalité et de protection des droits fondamentaux.
L’impact direct du calendrier électoral
Contrairement à l’année 2024, restée vierge de tout contentieux électoral, 2025 a marqué le réveil de cette compétence spécifique en raison de l’imminence des scrutins de 2026. Le volet de l’élection présidentielle constitue la partie la plus dense du contentieux avec 11 décisions. L’essentiel du travail s’est concentré sur le mois d’octobre (10 décisions) et novembre (1 décision).
Cette concentration s’explique par la période de dépôt des candidatures, laquelle a mécaniquement généré des recours. On note notamment ceux du parti d’opposition Les Démocrates, confronté à l’invalidation d’un parrainage (celui du député Michel Sodjinou), suivie du rejet de leur duo de candidats par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Parallèlement, les élections générales ont généré 5 décisions (une en septembre et quatre en octobre), tandis que le contentieux des législatives a sollicité la Cour à deux reprises (novembre et décembre).
Un rôle central de régulateur
Si le premier semestre a été dominé par les dossiers ordinaires, le dernier trimestre a vu la Cour opérer une bascule stratégique vers les enjeux électoraux. En octobre, la juridiction a cumulé 20 décisions, tous domaines confondus. Ce chiffre illustre parfaitement son rôle de régulateur de la vie politique nationale. Cette hausse globale témoigne d’une meilleure appropriation des voies de recours par les citoyens, mais aussi d’une vigilance accrue de l’institution face aux enjeux de conformité des processus électoraux. Une dynamique qui place la Cour au cœur des défis que le pays s’apprêtait à relever en 2026.
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