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Marché des huiles alimentaires au Bénin : le second semestre 2025 a rebattu les cartes des prix

Économie, La Marina BJAprès un premier semestre marqué par des tensions différenciées selon les produits, le marché béninois des huiles alimentaires a connu, au second semestre 2025, une reconfiguration notable des prix.

Les données consolidées de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) mettent en évidence une dynamique contrastée : recul significatif des huiles industrielles, stabilité remarquable de l’huile de palme et détente progressive sur l’huile d’arachide artisanale, pourtant la plus chère du panier. Une évolution qui a redessiné subtilement les arbitrages de consommation des ménages.

Baisse de prix pour l’huile d’arachide

Produit premium du marché, l’huile d’arachide artisanale a entamé le second semestre sur une trajectoire baissière amorcée dès la fin du premier semestre. Entre janvier et juin 2025, le prix moyen national s’établissait à 1 595 FCFA le litre, avec un sommet atteint à 1 700 FCFA en février et mars, période correspondant à une forte pression sur l’offre.

Au second semestre de l’année 2025, la tendance s’inversée clairement avec un prix moyen de 1 500 FCFA en juillet, suivi de 1 517 FCFA en août et 1 533 F.CFA en septembre, avant une baisse continue en fin d’année à 1 483 FCFA en octobre, 1 450 FCFA en novembre et 1 433 FCFA en décembre. La moyenne semestrielle est ainsi tombe à 1 486 FCFA, soit une baisse de 109 FCFA correspondant à un recul de 6,8 % par rapport au premier semestre. D’après l’analyse du cabinet WE Connector pour La Marina BJ, cette détente progressive s’explique notamment par un relâchement des prix observé dans plusieurs centres urbains majeurs, notamment Porto-Novo et Bohicon en fin d’année, traduisant une amélioration relative des disponibilités. Malgré ce recul, l’huile d’arachide demeure la plus coûteuse des trois huiles suivies.

Stabilité pour l’huile de palme

Selon les données, l’huile de palme non raffinée a affiché en 2025 une quasi-immobilité statistique. Au premier semestre, le prix moyen national atteignait 877 FCFA après une hausse saisonnière en début d’année culminant à 917 FCFA en mars.

Le second semestre a confirmé une remarquable stabilité avec un niveau de 850 F.CFA en juillet, une légère remontée à 867 FCFA en août, puis un retour à 850 FCFA en septembre. Les prix repartent ensuite modérément à la hausse avec 883 FCFA en octobre, 900 FCFA en novembre et 917 FCFA en décembre 2025. La moyenne ressort à 878 FCFA, soit à peine un franc CFA de plus que la moyenne du premier semestre, traduisant une stagnation presque parfaite. Cette stabilité masquait toutefois une évolution intra-annuelle, car après une détente estivale, les prix étaient repartis légèrement à la hausse en fin d’année, notamment dans les villes du nord comme Natitingou et Parakou, où les contraintes d’approvisionnement influencent davantage les marchés locaux. L’huile de palme a ainsi confirmé son rôle de produit d’équilibre dans la consommation nationale.

Chute de prix pour l’huile de coton

La véritable rupture du second semestre concerne l’huile de coton, alternative industrielle souvent privilégiée pour son prix compétitif. Durant le premier semestre, le litre coûtait en moyenne 1 351 FCFA après un début d’année élevé marqué par 1 457 FCFA en janvier et 1 500 FCFA en février et mars. Une correction brutale est toutefois intervenu dès avril, enclenchant un cycle baissier durable.

Au second semestre, les prix sont restés continuellement bas avec un niveau de 1 120 FCFA en juillet, 1 150 FCFA en août, 1 180 FCFA en septembre, avant une légère fluctuation à 1 150 FCFA en octobre, puis 1 133 FCFA en novembre et 1 100 FCFA en décembre. La moyenne semestrielle a chuté à 1 139 FCFA, soit une baisse de 212 FCFA correspondant à un recul de 15,7 % par rapport au premier semestre, ce qui constitue la plus forte variation observée parmi les huiles suivies.

Le point bas enregistré à Lokossa, où le litre a atteint 850 FCFA, a particulièrement contribué à tirer la moyenne nationale vers le bas, révélant un marché fortement influencé par les dynamiques locales de distribution.

Rééquilibrage des prix

Comparativement au premier semestre, les données mettent en évidence trois dynamiques distinctes. L’huile d’arachide artisanale passe d’une moyenne de 1 595 FCFA au premier semestre à 1 486 FCFA au second, enregistrant une baisse de 6,8 %. L’huile de palme non raffinée est demeurée pratiquement inchangée, évoluant de 877 FCFA à 878 FCFA, confirmant une stabilité structurelle du marché. L’huile de coton a enregistré quant à elle une chute significative, passant de 1 351 FCFA à 1 139 FCFA, soit une baisse de 15,7 %. Le second semestre apparaît ainsi comme une période de désinflation sélective, portée principalement par les huiles industrielles, tandis que les produits artisanaux amorcent seulement un ajustement progressif.

Si la baisse observée sur deux des trois huiles a constitué un signal positif pour les ménages, l’analyse annuelle révèle que la détente reste partielle. Les prix de fin d’année demeuraient, pour certains produits, supérieurs aux niveaux structurels observés avant les tensions récentes des marchés alimentaires. Pour les analystes du cabinet WE Connector, le second semestre 2025 a néanmoins marqué néanmoins un tournant, celui d’un marché sortant progressivement d’une phase de pression pour entrer dans une logique de stabilisation, voire de concurrence accrue entre huiles artisanales et industrielles. Une évolution qui pourrait, à moyen terme, redéfinir durablement les habitudes de consommation au Bénin.

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