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Port de Cotonou : une visite ministérielle avec la BAD pour évaluer les « douze travaux »

Infrastructures portuaires, La Marina BJ Le Port autonome de Cotonou (PAC) a accueilli vendredi 15 mai 2026 une visite ministérielle de terrain destinée à évaluer l’état d’avancement de ses grands chantiers en cours. La délégation était conduite par José Tonato, ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, accompagné de Robert Masumbuko, représentant résident du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Bénin, partenaire financier central de la mutation en cours de l’unique port international du pays.

Trois sites ont été inspectés à savoir le Hangar Zongo, le Parking Zongo et le Terminal 5. Leur point commun, ils incarnent chacun un volet distinct d’une même ambition, faire du PAC un hub portuaire compétitif à l’échelle ouest-africaine.

Le complexe Zongo

Le Parking Zongo constitue l’un des projets les plus structurants pour la fluidité des opérations portuaires. Plus qu’un simple parking, il s’agit d’un « truck center » dédié aux chauffeurs routiers, s’étendant sur 14 hectares pour recevoir jusqu’à 850 camions. L’objectif est de décongestionner le boulevard de la Marina et l’intérieur de la plateforme, d’améliorer et de digitaliser l’accès aux camions, et de réduire le temps de passage dans l’enceinte portuaire. Sur cette plateforme, les camions, les conteneurs et la logistique seront numérisés et reliés au Guichet unique du commerce extérieur (GUCE).

Le Hangar Zongo, inspecté en parallèle, complète cette infrastructure par une dimension sociale inédite dans le paysage portuaire béninois. D’un coût estimé à 1,2 milliard de FCFA hors taxes, il comprend la création d’une zone de stockage sécurisée, d’une zone d’attente confortable, d’un espace de restauration, de bureaux fonctionnels et de sanitaires modernes, répondant à un besoin longtemps négligé : l’accueil digne des conducteurs en transit, qui peuvent attendre plusieurs jours avant de pouvoir charger leurs véhicules.

Une nouvelle capacité gagnée sur la mer

C’est toutefois le Terminal 5, dernier chantier visité, qui concentre les enjeux économiques les plus lourds. Ce projet vise à créer un nouveau terminal vraquier de 20 à 21 hectares, comprenant l’extension de la digue principale, la construction d’un talus de protection et l’amélioration de l’accès nautique. Les travaux ont débuté en 2023 avec une mise en service prévue pour 2026. La réalisation a été confiée à China Harbour Engineering Company Ltd (CHEC), retenue à l’issue d’un appel d’offres international.

La gestion déléguée des terminaux 1 et 5 a été attribuée à Marsa Maroc, qui sera ainsi spécialisé dans les trafics de vracs secs pour le Terminal 5. Il s’agit du premier contrat du groupe marocain en Afrique de l’Ouest, une décision qui traduit la volonté du gouvernement béninois de concéder ce terminal à un consortium associant des intérêts privés béninois et un opérateur international de référence.

La BAD, architecte financier de la transformation

La présence de Robert Masumbuko lors de cette visite de terrain n’est pas anodine. En février 2025, la BAD et le PAC ont signé un accord de financement de 98,3 millions d’euros pour moderniser les équipements et étendre les infrastructures du port. L’enveloppe se décompose en 55 millions d’euros apportés directement par la BAD, 25 millions d’euros issus du Africa Growing Together Fund — fonds conjoint entre la BAD et la Banque populaire de Chine — et 18,3 millions d’euros du Fonds climatique Canada-BAD. Ce projet représente la première transaction du secteur privé dans le domaine des infrastructures financée par la Banque au Bénin, et la première à utiliser du financement mixte climatique. Une double première qui témoigne de la montée en gamme du PAC dans sa relation avec ses bailleurs.

Le plan quinquennal (2021-2026), parfois surnommé les « douze travaux du port » au vu de son ampleur, vise à rénover et à étendre les infrastructures de l’unique port international du pays, afin de porter sa capacité à au moins 15 millions de tonnes. À l’issue de la visite, selon le service de communication du port, le ministre José Tonato a salué le travail accompli par les équipes du PAC, conduites par le directeur général Bart Van Eenoo, et a formulé des observations constructives sur la qualité des finitions. Un message qui indique que si le cap est tenu, l’exigence d’excellence reste entière.

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