Criminalité transfrontalière, La Marina BJ – Une opération d’envergure menée par la Police Républicaine a permis l’interpellation de 25 individus et la saisie de près de 800 appareils électroniques d’origine frauduleuse. Un coup de filet qui révèle, derrière l’apparente banalité d’un marché de seconde main, une organisation criminelle aux ramifications potentiellement transfrontalières.
C’est un coup de pied magistral dans la fourmilière du recel à Porto-Novo. Le vendredi 15 mai 2026, aux environs de 14 heures selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, le marché de Gbègo a été le théâtre d’une descente musclée de la Police Républicaine. Conduite par un important détachement d’agents et supervisée directement par la Commissaire principale de police Eunice Sagbohan, cette offensive ciblée a brisé la routine d’un hub commercial de l’ombre, réputé pour être la plaque tournante de la revente d’objets volés dans la capitale.
Le bilan de cette opération d’envergure est sans appel avec vingt-cinq (25) individus interpellés et une saisie impressionnante de sept cent soixante-neuf (758) téléphones portables et six tablettes d’origine couverte par une forte suspicion de fraude.
Un réseau multinational
L’aspect le plus saillant de ce coup de filet réside dans le profil des suspects de diverses nationalités qui dessinent les contours d’un réseau criminel multinational structuré opérant au-delà des frontières béninoises. Selon le service de communication de la Police Républicaine du Bénin, le mode opératoire mis au jour par les enquêteurs révèle une chaîne de complicité parfaitement orchestrée qui commençait en amont par une recrudescence de cambriolages de domiciles et de vols à la tire signalée ces derniers jours par les populations locales pour alimenter le réseau en téléphones portables principalement de type Android.
Une fois volés, les appareils étaient acheminés vers des ateliers clandestins du marché Gbègo pour y être décodés afin d’effacer les traces des propriétaires légitimes avant d’être réintroduits sur le marché pour la revente. Ces téléphones remis à neuf électroniquement étaient alors écoulés en toute impunité auprès d’acheteurs souvent complices ou peu scrupuleux, bouclant ainsi le cycle criminel.
La fin de l’impunité à Gbègo
Cette intervention policière répond à un cri de détresse des administrés de Porto-Novo lassés par l’insécurité grandissante. Pour la Commissaire principale Eunice Sagbohan en charge du commissariat central de la ville, l’impératif était clair puisqu’il fallait asphyxier le réseau à sa source même. En s’attaquant directement au marché de Gbègo, la police ne s’en prend pas seulement aux exécutants et aux voleurs, mais elle frappe le cœur financier des receleurs et des techniciens complices qui constituent le poumon économique de cette criminalité urbaine car sans lieu de recel et de décodage, le vol de téléphone perd toute sa rentabilité. « Une intervention policière était nécessaire pour fragiliser les réseaux de délinquants impliqués dans des activités qui compromettent la sécurité et la tranquillité de nos administrés », a-t-elle martelé.
À la suite de leur interpellation, les vingt-cinq suspects ont été conduits sous haute escorte au commissariat central de Porto-Novo. Sur instructions directes du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, ils ont été immédiatement placés en garde à vue. L’enquête approfondie qui s’ouvre désormais devra déterminer avec exactitude le rôle de chacun des maillons de cette chaîne transnationale, mais cette démonstration de force montre clairement que les réseaux criminels de la capitale savent désormais que l’impunité a pris fin.
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