Foncier, La Marina BJ – Alors que l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) affiche un bilan de plus de 16 000 titres produits en cinq ans (2021-2025) une ombre au tableau persiste concernant le stock de documents non retirés. Au 31 décembre 2025, le reliquat cumulé s’élève à 1 242 titres fonciers qui dorment dans les tiroirs administratifs, provoquant un engorgement critique des Bureaux Communaux du Domaine et du Foncier (BCDF).
Le communiqué officiel, signé ce 3 mars 2026 par le Directeur Général de l’ANDF, Victorien Kougblenou, tire la sonnette d’alarme sur une situation préoccupante. Malgré une intensification de la production, l’administration se heurte à une inertie des usagers qui engorge désormais les services sur toute l’étendue du territoire national. Cette saturation physique des locaux administratifs témoigne d’un décalage persistant entre la diligence des services publics et la réactivité des citoyens.
Selon nos informations, le paysage foncier béninois a connu des fluctuations majeures depuis le début de la décennie, avec une activité qui a démarré à 2 750 titres délivrés au cours de l’année 2021. Cette dynamique s’est accélérée en 2022 avec 3 651 titres, avant d’atteindre un pic historique de 4 016 titres fonciers délivrés sur l’ensemble du territoire en 2023. D’après les statistiques de l’ANDF consultées par La Marina BJ, l’administration a délivré sur la période un total de 16 411 titres fonciers en cinq ans, mais seuls 15 169 d’entre eux ont fait l’objet d’un retrait effectif par les requérants sur la même période.
Après un ralentissement marqué en 2024, où seulement 2 462 titres ont été produits, l’année 2025 s’est achevée sur une reprise dynamique avec 3 532 nouveaux documents générés.
2025, l’année du paradoxe
Le comportement des usagers vis-à-vis du retrait de leurs titres a fortement varié selon les exercices. En 2023, le nombre de titres retirés (4 080) a surpassé le nombre de titres délivrés la même année, tout comme en 2024 avec 2 481 retraits, indiquant que de nombreux usagers sont venus chercher des actes en attente des années précédentes. En revanche, en 2025, sur les 3 532 titres délivrés, seuls 2 233 ont été physiquement retirés par leurs propriétaires. Ce déficit de retrait annuel a directement contribué à alourdir le stock de documents en souffrance, qui se chiffre précisément à 1 242 unités au 31 décembre 2025. Il est important de souligner que le reliquat de 1 242 titres identifié à fin 2025 ne représente que le solde net de la période 2021-2025 ; il s’ajoute très certainement à un autre lot de titres produits avant 2021 et qui n’ont jamais été réclamés.
Les zones urbaines à forte pression foncière sont les premières victimes de cet encombrement. Selon les données de l’ANDF, à la fin décembre 2025, la commune d’Abomey-Calavi a délivré 1 159 titres, mais n’a enregistré que 721 retraits sur l’année. Le bureau foncier de la ville de Cotonou affiche un bilan similaire avec 651 titres produits pour seulement 412 retirés, tandis qu’Allada présente également un solde important de documents non réclamés avec 391 titres prêts pour 231 retraits effectifs.
Un appel à la promptitude des propriétaires
Face à ce capital dormant, le Directeur Général invite désormais formellement les requérants à consulter les listes affichées dans les bureaux communaux ou sur le portail web officiel de l’institution. Chaque titre foncier qui reste dans les tiroirs représente non seulement un blocage logistique majeur pour l’État, mais aussi une opportunité économique gâchée pour le propriétaire légitime.
Le titre foncier demeure l’outil ultime de sécurisation juridique et de levier financier ; sa présence physique dans les archives de l’ANDF empêche son utilisation comme garantie hypothécaire. L’administration ayant rempli sa mission de production, il appartient maintenant aux citoyens de libérer les comptoirs fonciers pour fluidifier le système national.
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