Gouvernance, La Marina BJ – Annoncée lors du Conseil des ministres du 28 janvier 2026, la création de l’Agence pour l’assistance au retour des Afro-descendants par le gouvernement béninois ne s’est pas limitée à un acte symbolique ; elle a surtout permis de définir un cadre opérationnel rigoureux. Dotation initiale, autonomie financière et pilotage de haut niveau : décryptage des statuts d’une institution stratégique.
La loi sur la reconnaissance de la nationalité béninoise aux Afro-descendants dispose, depuis la signature du décret n° 2026-013, de son bras armé. Derrière l’aspect mémoriel de cette politique de reconnexion, les statuts approuvés révèlent une structure publique conçue pour l’efficacité administrative et la transparence financière.
Un budget de démarrage de 100 millions de FCFA
Pour son décollage, l’Agence bénéficie d’une dotation initiale de cent millions de francs CFA mise à disposition par l’État. Si l’Agence est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le décret impose une particularité notable : sa gestion comptable et financière est assurée suivant les règles du droit privé. Ce choix juridique, conforme à l’Acte uniforme de l’OHADA, vise à offrir à la structure la réactivité nécessaire pour interagir avec des requérants internationaux, tout en s’affranchissant des lourdeurs classiques de la comptabilité publique.
L’une des singularités de cette agence réside dans son architecture décisionnelle. Contrairement à d’autres offices publics, l’organe délibérant de l’Agence est directement le Conseil des ministres. Cette instance exerce les attributions d’actionnaire unique et détient le pouvoir exclusif de modifier les statuts, de transférer le siège social ou encore de nommer les membres du Conseil d’administration et le commissaire aux comptes. Le Conseil des ministres statue également sur les états financiers, décide de l’affectation des résultats et possède la compétence ultime pour prononcer la dissolution de l’agence.
Vers un « Guichet unique » opérationnel
Sous l’autorité de l’organe délibérant, l’agence est administrée par un Conseil d’administration composé de sept membres. Sa composition reflète le caractère transversal du retour des Afro-descendants en incluant des représentants de la Présidence de la République ainsi que des délégués des ministères de la Justice, des Affaires étrangères, de la Sécurité publique, du Tourisme, du Numérique et des Finances. Les administrateurs sont nommés pour un mandat de trois ans renouvelable et sont investis de pouvoirs étendus, allant de l’adoption du budget au recrutement du directeur général.
Les statuts précisent par ailleurs que les membres du Conseil d’administration sont personnellement responsables des infractions aux lois et règlements commises dans l’exercice de leurs fonctions. Au-delà de la gouvernance, les statuts fixent une mission d’assistance concrète pour faciliter le retour. L’agence doit mettre en place un guichet unique de formalités afin de centraliser l’ensemble des démarches administratives et matérielles pour les requérants. Elle est également chargée d’assurer un accompagnement post-décisionnel rigoureux qui englobe l’installation et l’intégration effective des Afro-descendants sur le territoire national une fois la nationalité obtenue.
Avec ce cadre juridique désormais en vigueur, le Bénin se dote d’une institution prête à transformer une ambition législative en une réalité administrative sécurisée et lisible.
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