Consommation, La Marina BJ – L’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) a rendu public ce 9 mars 2026 son bulletin mensuel de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) pour le compte du deuxième mois de l’année. En février 2026, le niveau général des prix affiche une stabilité parfaite par rapport au mois précédent, masquant toutefois des réalités disparates entre produits locaux et importés.
Pour le deuxième mois consécutif de l’année 2026, l’économie béninoise fait preuve d’une stabilité remarquable puisque l’indice global s’est maintenu à 101,6, marquant une variation mensuelle nulle de 0,0 %. Cette stagnation apparente est le résultat d’un équilibre fragile entre la déflation de certains produits de grande consommation et la poussée inflationniste de sous-classes spécifiques.
En glissement annuel, la tendance est tout aussi atone avec une légère baisse de 0,1 % par rapport à février 2025. Pour notre spécialiste à la rédaction, ce chiffre témoigne « d’une maîtrise relative du coût de la vie », bien que le taux d’inflation en moyenne annuelle ressorte à +1,1 % à la fin du mois de février.
Le dualisme « Local vs Importé »
Si l’indice reste figé, le quotidien des consommateurs fluctue selon la disponibilité des produits sur les marchés. La forte disponibilité de l’huile de palme a fait chuter les prix des huiles végétales de 5,2 %, tandis que l’abondance des produits dérivés du manioc a entraîné un repli de 2,3 % sur les tubercules et plantains séchés. À l’inverse, le piment frais a provoqué une hausse de 3,5 % dans la catégorie des épices, herbes culinaires et graines. L’oignon frais rond, avec une hausse de 2,7 %, et le poisson congelé — tel que le chinchard ou le maquereau — avec une progression de 2,5 %, ont également pesé négativement sur le budget des ménages ce mois-ci.
L’analyse de la provenance des produits révèle une dynamique intéressante où les produits locaux ont vu leurs prix diminuer de 0,2 %, portés notamment par le repli du secteur primaire sur un trimestre. À l’opposé, les produits importés ont enregistré une hausse de 0,4 % sur le seul mois de février 2026. Cette tendance souligne la vulnérabilité persistante du marché national face aux chocs extérieurs, alors que la production endogène semble jouer un rôle de stabilisateur économique au regard de la baisse annuelle de 0,8 % des prix des produits locaux.
L’inflation rampante
Le bulletin consulté par La Marina BJ souligne un point de vigilance majeur concernant les charges fixes des ménages. Si l’alimentation semble sous contrôle, le poste regroupant le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles a bondi de 6,5 % en un an. Cette hausse structurelle est l’une des plus fortes de l’indice et pourrait, à terme, éroder le pouvoir d’achat des ménages urbains, malgré la stabilité globale observée sur les produits de consommation courante.
Toutefois, au sein de l’UEMOA, le Bénin se positionne comme un îlot de stabilité monétaire. Avec son glissement annuel de -0,1 % en février, il s’éloigne de la déflation extrême constatée au Niger qui atteint -10,2 % sur la même période. Le pays reste également bien en dessous de l’inflation constatée en Côte d’Ivoire, qui s’établit à +1,4 %, ou au Sénégal, qui affichait +0,4 % à la fin du mois de janvier 2026.
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