Maritime, La Marina BJ – Avec une croissance globale de 52,3 % de son trafic de marchandises en un an, le Port Autonome de Cotonou (PAC) vient de clore une année 2025 historique. Entre l’accélération des exportations de brut nigérien et un repositionnement stratégique, la plateforme béninoise bouscule la hiérarchie portuaire du golfe de Guinée.
Cotonou ne se contente plus de regarder passer les navires ; il les attire. Les chiffres consolidés à la fin décembre 2025, que La Marina BJ a pu consulter, révèlent une métamorphose spectaculaire. En douze mois, le volume global des marchandises est passé de 9,6 millions (2024) à 14,7 millions de tonnes à fin décembre 2025. Un bond de géant qui propulse le poumon économique du Bénin dans une nouvelle dimension opérationnelle.
Le premier moteur de cette performance record se trouve au bout du pipeline : le pétrole. Après un démarrage en mai 2024, l’exportation du brut nigérien a atteint son plein régime sur l’ensemble de l’exercice 2025. Résultat : les exportations globales du port ont bondi de 74,8 %. Si le karité subit une légère baisse de régime, l’or noir a largement compensé, transformant les quais de Cotonou en une véritable rampe de lancement énergétique pour la sous-région.
Le hold-up du transbordement
Mais la véritable surprise de ce bilan annuel réside dans un chiffre quasi surprenant : +312,6 %. C’est la croissance fulgurante du transbordement c’est à dire l’opération logistique consistant à décharger des marchandises d’un navire pour les recharger immédiatement sur un autre afin qu’elles atteignent leur destination finale. En clair, le port de Cotonou est confirmé plaque tournante où les grands navires déposent des cargaisons redistribuées ensuite vers d’autres ports.
Le volume est ainsi passé de 288 000 tonnes à plus de 1,1 million de tonnes en un an. Comment expliquer un tel succès ? D’après notre spécialiste à la rédaction, alors que plusieurs ports majeurs de la côte ouest-africaine ont lutté contre des congestions chroniques en 2025, le port de Cotonou a su capitaliser sur sa fluidité. Il est devenu une plateforme de redistribution durable, captant les flux que ses voisins ne pouvaient plus absorber. Une stratégie de repositionnement qui installe le port béninois comme un hub incontournable.
Le cordon ombilical de l’hinterland
Le secteur de l’importation affiche une santé de fer, avec une progression de 29,7 % pour atteindre 8,2 millions de tonnes. Cette dynamique est portée par une consommation régionale robuste, mais surtout par la vitalité des corridors vers le Niger et le Nigeria. Malgré les soubresauts diplomatiques passés, la réalité économique a repris ses droits via les axes Ségbana et Malanville. Le transport fluvial et la reprise des flux vers les géants de l’hinterland, couplés aux grands travaux de stockage de la SONABHY, confirment que Cotonou reste leur porte d’entrée naturelle.
Cette effervescence a une traduction physique concrète : 841 navires ont accosté en 2025, contre 725 l’année précédente, soit une hausse de 16 %. Pour ne pas s’asphyxier sous sa propre réussite, le port a dû accélérer sa cadence. Les opérations de tare, ces mouvements logistiques liés au traitement des contenants vides et au pesage des flux, ont ainsi augmenté de 74,6 %. Autrement, le port a considérablement accéléré le rythme de chargement, de déchargement et de gestion des camions et conteneurs pour éviter l’embouteillage sur les terminaux.
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