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Présidentielle 2026 au Bénin : Que pèse réellement le « Pacte Républicain » d’Éric Houndété et consorts ?

Politique, La Marina BJ À dix jours du scrutin présidentiel, le paysage politique béninois semble suspendu à une interrogation majeure : l’adhésion d’Éric Houndété et de ses compagnons du Pacte Républicain, au candidat de la mouvance, Romuald Wadagni, est-elle un tournant électoral décisif ou une simple opération de communication ? Entre la rhétorique du « consensus national » portée par le camp présidentiel et la guerre des chiffres déclenchée par le secrétaire administratif du parti Les Démocrates (LD), l’heure est au décryptage.

Le « Pacte Républicain », ce creuset de personnalités issues de l’opposition, de la société civile et du monde religieux, se veut le symbole d’une réconciliation nationale autour de la candidature de Romuald Wadagni. Mais derrière la solennité des signatures, une bataille d’influence fait rage quant à la valeur réelle de ce soutien.

La douche froide des chiffres

Invité sur les ondes de Crystal News dans l’émission « Décryptage », le secrétaire administratif du parti Les Démocrates, Kamar Ouassagari, a dû se prononcer sur la suspension d’Éric Houndété et de 21 autres membres, intervenue au lendemain de leur adhésion au Pacte Républicain. Ce ralliement est perçu par l’état-major du parti comme une violation flagrante de la décision de neutralité actée par Les Démocrates. À l’interrogation du journaliste Casimir Oké, cherchant à savoir s’il s’agissait d’une sanction statutaire ou d’un règlement de comptes, Kamar Ouassagari, au-delà des justificatifs, a jeté un pavé dans la mare en déconstruisant méthodiquement le poids électoral des dissidents.

D’après lui, « la plupart de ceux qui sont allés faire la déclaration [du Pacte Républicain, ndlr], quand vous prenez leurs résultats aux dernières élections [législatives du 11 janvier 2026, ndlr], ils sont à moins de 10 % », a martelé le secrétaire administratif du parti d’opposition Les Démocrates. Chiffres à l’appui, il a cité le cas de la commune de Kpomassè (5e circonscription électorale), fief historique d’Éric Houndété : « On a 1 280 voix pour le parti face à 26 000… Est-ce ces 1 280 voix qu’ils amènent au président Wadagni ? Le candidat préférera sans doute les 26 000 voix du socle du parti que les 1 200… »

Cette lecture suggère que le « socle » militant des Démocrates resterait fidèle à la ligne tracée par le président contesté Nourénou Atchadé, et que les leaders suspendus ne partiraient qu’avec une influence résiduelle, incapable de déplacer les masses.

Le « Candidat du Consensus »

À l’opposé de cette vision comptable, le camp présidentiel mise sur la symbolique et la dynamique de rassemblement. Sur le plateau de la télévision nationale, dans le cadre de l’émission « En Route pour La Marina », Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement et représentant du candidat Wadagni, a proposé une tout autre lecture de cette vague de ralliements.

Pour lui, l’afflux de personnalités telles qu’Éric Houndété, Guy Mitokpè ou Chabi Yayi prouve que le candidat président Romuald Wadagni a dépassé son étiquette initiale. « Ce n’est plus le candidat de l’UPR, du BR ou du président sortant. C’est devenu le candidat national », a-t-il affirmé. Selon cette analyse indirecte à l’argument du secrétaire administratif du parti Les Démocrates, le poids du Pacte Républicain et des autres soutiens issus de l’opposition ne se mesure pas en milliers de voix locales, mais en une capacité à rassurer et à unifier le pays au-delà des clivages traditionnels. Pour le porte-parole, le profil du candidat et ce « casting » réussi permettraient de transformer l’essai de la Rupture en un septennat de consolidation nationale, porté par une adhésion transpartisane.

Le verdict des urnes

Que pèse donc réellement le Pacte Républicain ? Si l’on suit l’analyse de Kamar Ouassagari, le poids électoral brut est marginal face à la puissance des machines partisanes. Cependant, en politique, le symbole précède souvent l’action. Le ralliement de figures historiques de la résistance offre au candidat président Romuald Wadagni une « onction républicaine » susceptible de démobiliser l’électorat contestataire ou de convaincre les indécis que la page de la confrontation est définitivement tournée.

Le 12 avril prochain, le dépouillement dans des bastions tels que Kpomassè, le Littoral, l’Ouémé et dans certaines communes du Nord du pays, sera scruté avec une attention particulière. Il s’agira de vérifier si les électeurs suivent leurs leaders dans ce « Pacte » ou s’ils restent fidèles à l’étiquette originelle du parti Les Démocrates. En attendant, la campagne s’accélère, et ce duel à distance entre « légitimité des chiffres » et « dynamique de consensus » demeure l’arbitre invisible de ce scrutin.

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