Gouvernance, La Marina BJ— Par un décret n° 2026-061, l’ex-Agence nationale de la Maintenance hospitalière subit une mutation profonde. Désormais dénommée « Agence de la Maintenance immobilière et hospitalière », elle s’émancipe de la tutelle du ministère de la Santé pour intégrer le giron de la Présidence de la République, avec un périmètre d’action considérablement élargi.
En l’espace de dix-huit mois, le cadre juridique régissant la maintenance des infrastructures hospitalières au Bénin a été entièrement repensé. Si le décret de septembre 2024 posait les jalons d’une gestion spécialisée au profit des formations sanitaires, le nouveau texte consacre une montée en puissance institutionnelle qui redéfinit les priorités de l’État en matière de gestion patrimoniale.
Le changement le plus significatif réside dans le déplacement du curseur de l’autorité. Jusqu’alors placée sous la tutelle du ministère en charge de la Santé, l’Agence est désormais rattachée directement à la Présidence de la République. Ce repositionnement hiérarchique vise à transformer l’agence en un outil transversal qui n’est plus seulement un appui sectoriel pour le système de santé mais devient le bras opérationnel de l’État pour la gestion et la durabilité des infrastructures publiques sur l’ensemble du territoire. Cette mutation se reflète également dans la gestion des actifs puisque, en cas de dissolution, les biens de l’agence sont désormais reversés directement à l’État et non plus au ministère de tutelle.
Un élargissement profond des missions techniques
Au-delà du changement de nom, le décret de 2026 redéfinit fondamentalement l’objet social de l’institution en élargissant ses missions au-delà du périmètre sanitaire. L’agence ne se limite plus aux seules formations sanitaires puisque son nouveau mandat inclut désormais la maintenance des édifices publics en général. Le texte apporte des précisions techniques inédites en listant les corps d’état sous sa responsabilité comme la plomberie et les fluides médicaux ou encore l’électricité et les systèmes d’extinction d’incendie. Ces compétences s’étendent désormais à la climatisation, la ventilation, le chauffage ainsi qu’à la gestion des ascenseurs, marquant le passage d’une maintenance hospitalière spécialisée à une véritable expertise de maintenance multi-technique pour le patrimoine bâti de l’État.
Malgré l’ampleur de ces changements, le nouveau décret assure une stabilité fonctionnelle notable. Le Conseil d’administration conserve sa structure de cinq membres et demeure présidé par le ministre de la Santé, garantissant une continuité dans l’expertise sectorielle. Les critères de nomination du Directeur général — cadre de catégorie A échelle 1, spécialiste en ingénierie biomédicale, génie civil, médecine ou gestion hospitalière — et les sources de financement de l’Agence restent également inchangés.
Sur le plan de la modernisation administrative, le texte actualise la référence comptable en précisant « SYSCOHADA révisé », et aligne l’Agence sur les évolutions récentes du droit des marchés publics en zone UEMOA, avec la création d’une Commission d’ouverture et d’évaluation des offres (COEO), en remplacement de l’ancienne commission de passation des marchés.
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