Bourse, La Marina BJ — Lors d’une semaine de cotation marqué par un assèchement persistant de la liquidité globale, le pôle béninois a opéré une mue stratégique ce jeudi 9 avril 2026. Alors que les indices de référence de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) repassent au vert, les actifs financiers du pôle béninois affichent un nouveau visage : celui d’un redéploiement des flux vers la BIIC, au détriment d’une Loterie Nationale en zone de turbulences.
Le paradoxe de la quatrième séance de cotation de la semaine est saisissant. La valeur transigée totale de la BRVM continue de s’effriter, chutant cette fois-ci de -28,26 % pour s’établir à 860 millions de FCFA. Pourtant, dans ce périmètre restreint, le pôle béninois a réussi le tour de force de doubler son poids stratégique. Avec un flux transactionnel cumulé de 36,17 millions de FCFA, le trio BOA BN, BIIC et LNB capte désormais 4,20 % de la valeur globale du marché, contre seulement 1,48 % la veille.
Le chassé-croisé des bancaires et de la LNB
Le fait majeur de cette séance de redéploiement est incontestablement le réveil de la BIIC Bénin (BICB). Après plusieurs séances de neutralité, l’institution bancaire s’est imposée comme le moteur de croissance du pôle béninois. Le titre s’adjuge une hausse de +1,37 % pour clôturer à 5 180 FCFA. Avec 11,5 millions de FCFA de transactions (un volume triplé par rapport à la veille), la performance annuelle de la BIIC se solidifie à +4,12 %.
De son côté, la Bank of Africa Bénin (BOA BN), bien qu’ayant subi une légère correction technique de -0,72 % (clôture à 7 540 FCFA), réaffirme son statut de valeur refuge et pivot de liquidité. Elle a drainé à elle seule 24 millions de FCFA, soit le double de la séance précédente pour une performance annuelle (+28,89 %) qui reste l’une des plus robustes du marché.
À l’opposé de cette dynamique bancaire, la Loterie Nationale du Bénin (LNBB) traverse une passe difficile. Le titre s’enfonce de -1,41 % pour s’établir à 3 855 FCFA. Ce nouveau repli fait basculer la performance annuelle de la LNB dans une zone critique, affichant désormais un lourd -10,24 %. Avec un volume transigé famélique de 140 titres, la LNB souffre d’un manque criant de contrepartie à l’achat, subissant de plein fouet les arbitrages des portefeuilles au profit de valeurs plus dynamiques.
Les Blue Chips résistent au naufrage des industriels
Au-delà des frontières béninoises et contrairement au 8 avril, les indices ont repris des couleurs. Le BRVM Composite repasse en territoire positif (+0,13 %), porté par le BRVM 30 (+0,32 %) et surtout par le BRVM Prestige (+0,67 %), signe d’un retour des investisseurs sur les grandes capitalisations. Ce retour au vert des indices de référence cache pourtant un violent séisme sectoriel : les valeurs industrielles, qui caracolaient en tête depuis le retour pascal, ont subi des prises de bénéfices massives. Le secteur Industrie plonge de -2,60 %, entraîné par les déroutes de SICABLE CI (-7,46 %) et SETAO CI (-7,45 %).
À l’inverse, l’optimisme a changé de camp. Le secteur Agriculture a brillé sous l’impulsion de SUCRIVOIRE (+7,32 %) et PALM CI (+6,10 %), tandis que la SOCIETE GENERALE CI (+2,66 %) a épaulé les banques béninoises pour revigorer le compartiment financier. En somme, cette séance du 9 avril marque un rééquilibrage salutaire : alors que la « bulle » industrielle s’essouffle, les fondamentaux agricoles et financiers reprennent leurs droits pour stabiliser une cote régionale en quête de nouveaux relais de croissance.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.