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Commune de Lalo : Comment un bras de fer administratif a pris en otage deux chantiers pendant deux mois

Commande publique, La Marina BJLa construction et la réhabilitation d’infrastructures administratives au sein de la mairie Lalo, dotées d’un budget prévisionnel initial de 165,52 millions de FCFA, ont failli rester au stade des promesses de l’ancien conseil communal. Nos investigations révèlent les coulisses d’un blocage technique entre la mairie et le contrôle départemental ; une impasse que seul un arbitrage de haute volée a fini par dénouer. En savoir plus.

À Lalo, le silence sur les chantiers administratifs, annoncés en 2025 à savoir la construction du bureau de la Direction des Systèmes d’Information, des archives, ainsi que d’un parking de 12 véhicules ainsi que la réhabilitation complète du bâtiment administratif existant, n’était pas dû à un manque de financement, mais à une « guerre de paperasse ». Pendant plus de soixante jours, le dossier est resté bloqué sur les bureaux de la Direction Départementale de Contrôle des Marchés Publics (DDCMP) du Mono-Couffo. Selon les informations recueillies auprès d’une source bien informée, ce blocage reposait sur une exigence de forme jugée aujourd’hui abusive par les experts de la régulation.

Un dossier « piégé » par ses propres formulaires

Selon nos informations, tout s’est joué sur l’interprétation d’un document technique : le calendrier de mobilisation des ressources. Alors que la Commission d’Ouverture et d’Évaluation (COE), installée pour l’attribution du marché, avait déjà porté son choix sur le groupement CDS/NEGOCE/ECOT BENIN, le contrôle départemental a opposé son veto à deux reprises, en novembre 2025 puis en février 2026. Le reproche formulé par la DDCMP paraissait pourtant pointu : elle estimait que l’entreprise n’avait pas assez détaillé son planning jour par jour.

Cependant, en analysant les pièces du dossier d’appel d’offres (DAO), un paradoxe apparaît. Ce même dossier, validé en amont par le contrôle, ne contenait aucun modèle précis à suivre. En exigeant après coup une précision chirurgicale sans l’avoir imposée au départ, le contrôle départemental a créé une situation d’insécurité juridique pour le soumissionnaire.

Les dessous d’une impasse administrative

L’enquête sur les échanges entre la mairie et le département montre un dialogue de sourds. D’un côté, la Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP) de Lalo défendait la validité technique de l’offre, prouvant que les informations demandées figuraient déjà dans d’autres formulaires du dossier. De l’autre, le contrôle départemental campait sur une lecture rigide de la page 118 du DAO. Ce blocage a finalement obligé la PRMP de la mairie à solliciter l’arbitrage de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP).

Les auditions contradictoires menées le 10 et le 31 mars 2026 ont mis à nu les failles du raisonnement du contrôleur départemental. Nos sources confirment que le groupement d’entreprises avait effectivement fourni un tableau complet couvrant les six mois de travaux, rendant la réserve du contrôle caduque. L’avis rendu le 7 avril 2026 par la Commission de règlement des différends (CRD) de l’ARMP, dont La Marina BJ a obtenu copie, vient confirmer ce que les membres de la COE soupçonnaient : le principe d’égalité de traitement des candidats a été mis en péril. En tentant de sanctionner une entreprise sur un critère de forme qu’il n’avait pas lui-même défini, le contrôle départemental a outrepassé ses prérogatives.

L’arbitrage de l’ARMP a ordonné la levée immédiate des réserves aux fins de poursuite de la procédure, déclarant les griefs de la DDCMP du Mono-Couffo non fondés. Pour la mairie de Lalo, c’est la fin d’un tunnel administratif qui menaçait le calendrier de développement local. Cette affaire, au-delà de la commune, pose une question de fond sur la puissance des organes de contrôle a priori : peuvent-ils bloquer l’investissement public sur des interprétations subjectives ? La réponse des autorités de régulation est désormais claire, et elle devrait servir de leçon pour les prochains marchés, non seulement dans le Couffo, mais également dans les autres départements du pays.

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