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Souveraineté halieutique au Bénin : Cinq localités dans le viseur pour accueillir les nouveaux « villages aquacoles »

Aquaculture, La Marina BJ Face à une facture d’importation de poisson qui dépasse les 100 milliards de FCFA par an, le gouvernement béninois passe à l’offensive. Sous l’impulsion de l’Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA) Pôle 7, le déploiement de cinq nouveaux villages aquacoles dans le sud du pays est engagé pour renforcer l’indépendance alimentaire du pays.

Le constat est aussi clair que les enjeux sont vitaux, le Bénin ne peut plus se contenter de regarder vers la mer et l’extérieur pour nourrir sa population. Avec un déficit structurel de plus de 106 000 tonnes de produits halieutiques enregistré en 2021, la stratégie nationale pivote désormais vers une industrialisation de l’aquaculture continentale. C’est dans cette dynamique que l’Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA) du Pôle 7, couvrant l’Atlantique, le Littoral et le Mono, s’apprête à s’offrir les services d’un bureau d’études pour planifier l’installation de complexes aquacoles structurants dans cinq localités.

Une cartographie stratégique de la production

Des informations recueillies par notre journaliste contributeur Hubert Sena, le choix des sites ne doit rien au hasard. Les localités concernées, Nagbéto du côté béninois, Awoutè dans la commune d’Allada, Tikpan à Comè, Djomon à Avrankou et Toué dans la commune de Covè, ont été identifiées pour accueillir les futures infrastructures de production piscicole dans le cadre de ce programme national.

Le bureau d’études retenu disposera d’un délai de treize mois, à compter de l’ordre de démarrage de sa mission, pour remettre son rapport final et l’ensemble des livrables techniques. Ces études permettront de dupliquer à plus grande échelle le modèle de villages aquacoles déjà amorcé à Agbangnizoun et Zagnanado (Lire LMBJ du 17/01/2025). Selon les informations recueillies par notre journaliste contributeur Hubert Sena, L’objectif n’est pas de favoriser une simple pisciculture artisanale, mais de concevoir de véritables infrastructures de production dotées d’équipements modernes, capables de garantir des rendements constants et une qualité répondant aux normes du marché.

Le PROMAC, le bras financier d’une ambition

Cette accélération opérationnelle s’inscrit dans le cadre du Projet de Promotion de l’Aquaculture Durable et de Compétitivité des Chaînes de Valeur de la Pêche (PROMAC), lancé en mai 2024 avec le soutien de la Banque africaine de développement pour une enveloppe globale de 24,6 milliards de FCFA (Lire LMBJ du 16/12/2024). Le dispositif PROMAC ne se contente pas de creuser des bassins : il s’attaque à l’ensemble du verrou productif en misant sur une amélioration génétique avec soixante-cinq millions d’alevins annuels, tout en sécurisant l’accès aux intrants par des circuits d’approvisionnement en aliments performants. L’objectif affiché reste l’augmentation des volumes produits, avec une cible de 30 000 tonnes de poissons supplémentaires par an sur le territoire national.

Au-delà des chiffres, le PROMAC intègre explicitement une dimension sociale : le projet prévoit notamment le renforcement de l’activité économique des femmes, piliers historiques de la transformation et du commerce des produits halieutiques au Bénin. En structurant ces cinq nouveaux sites, le programme vise ainsi à transformer une dépendance extérieure évaluée à quelque 115 milliards de FCFA d’importations annuelles en une capacité de production interne. La mission confiée au futur bureau d’études sera à cet égard déterminante : ses livrables constitueront le socle technique sur lequel reposeront les décisions d’investissement à venir pour ces nouvelles infrastructures aquacoles.

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