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Internet à domicile : En un an, le Bénin a déployé 3 266 km de câble FTTH aérien supplémentaires

Télécoms, La Marina BJLe Bénin intensifie son effort d’infrastructures numériques à haut débit. Selon le rapport annuel 2025 de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP Bénin), le déploiement du câble à fibre optique jusqu’au domicile, technologie connue sous l’acronyme FTTH, Fiber To The Home, a franchi un cap significatif au cours de l’exercice écoulé. Le réseau aérien de déploiement est passé de 2 079 km en 2024 à 3 266 km en 2025, soit 1 187 km supplémentaires posés en une seule année. En segment terrestre, la progression est également notable, passant de 46,4 km à 71 km. Le réseau aérien de raccordement a lui aussi progressé, de 1 733 km à 3 145 km.

Ces chiffres, issus du rapport consulté par La Marina BJ, documentent pour la première fois de manière consolidée l’effort combiné des trois principaux fournisseurs d’accès à internet par fibre au Bénin : SBIN SA, GVA et ISOCEL.

L’impact de ce déploiement massif se lit directement dans les chiffres d’abonnements. Le parc d’abonnés à l’internet fixe au Bénin a atteint 105 715 abonnés au 31 décembre 2025, contre 40 117 un an plus tôt, soit une progression de 163,51% en une seule année. Un bond sans précédent dans l’histoire récente du secteur béninois des communications électroniques. La ventilation par technologie confirme que la FTTH est le moteur principal de cette dynamique. Sur les 105 715 abonnés internet fixe recensés, 95 354 sont connectés via la technologie fibre optique jusqu’au domicile, soit 90,2% du parc total. La BLR (Boucle Locale Radio) compte 1 372 abonnés, le VSAT 2 220 et les autres technologies 6 769. La hiérarchie technologique est sans ambiguïté : la fibre a pris le leadership et creuse l’écart.

Trois opérateurs, une course aux kilomètres

Ce déploiement est le fruit de l’activité combinée de trois acteurs dont les stratégies, bien que convergentes dans leurs résultats, diffèrent sensiblement dans leur nature. SBIN SA, la Société Béninoise des Infrastructures Numériques, opérateur historique du fixe, demeure l’acteur central de la fibre au Bénin. Héritière des infrastructures de l’ancien opérateur public, elle bénéficie d’une implantation territoriale préexistante que les nouveaux entrants ne peuvent reproduire à court terme. Le rapport indique que SBIN SA a investi 35,880 milliards FCFA dans le développement de ses réseaux en 2025, un montant qui couvre à la fois ses segments fixe et mobile.

GVA (Canal Box) et ISOCEL ont quant à eux accéléré leur déploiement en 2025, contribuant significativement à la progression du parc d’abonnés FTTH. Le rapport souligne explicitement que la croissance de 163,51% de l’internet fixe est « essentiellement portée par la concurrence sur ce segment d’activité avec l’arrivée sur le marché de GVA et de STARLINK aux côtés de la SBIN et de ISOCEL ». L’arrivée de Starlink, le service internet par satellite du groupe SpaceX, constitue par ailleurs un signal fort pour le marché béninois. Bien que ses abonnés soient comptabilisés dans la catégorie VSAT ou « autres technologies » selon la classification retenue, sa présence introduit une pression concurrentielle nouvelle sur les zones où la fibre n’est pas encore déployée, obligeant les opérateurs terrestres à accélérer leur couverture.

La densification du réseau à haut débit se reflète également dans les chiffres du marché de gros de la fourniture de capacités. Ce segment, qui recouvre la revente de bande passante entre opérateurs et vers les fournisseurs d’accès — a généré 18,266 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2025, contre 12,445 milliards en 2024, soit une hausse de 46,8% en un an. Cette progression du marché de gros traduit une dynamique vertueuse : plus le réseau physique s’étend, plus la demande en capacités de transit s’intensifie, générant des revenus supplémentaires pour les opérateurs d’infrastructures. C’est précisément ce cercle que le déploiement accéléré de la FTTH est en train d’enclencher au Bénin.

Un potentiel immense

Malgré cette progression spectaculaire, le taux de pénétration de l’internet fixe au Bénin reste structurellement limité à 0,80% de la population au 31 décembre 2025. Ce chiffre, rapporté à une population d’environ 13 millions d’habitants, illustre l’ampleur du chemin restant à parcourir pour faire de la connectivité fixe à haut débit un service réellement universel.

Selon l’analyse des experts du cabinet WE Connector pour La Marina BJ, « Il faut néanmoins contextualiser ce taux : le Bénin, comme la quasi-totalité des pays d’Afrique subsaharienne, a longtemps évolué dans un modèle de connectivité essentiellement mobile, où la 4G a joué le rôle de substitut à l’internet fixe pour la grande majorité des ménages.» La FTTH s’adresse en priorité aux ménages urbains à revenus intermédiaires et aux entreprises, un segment certes restreint mais à fort pouvoir d’achat et à haute valeur transactionnelle.

Le taux de pénétration internet mobile, lui, s’établit à 64,9% en 2025, avec 8 594 822 abonnés dont 58% connectés en 4G. C’est précisément cette base mobile massive qui constitue le vivier naturel vers lequel les opérateurs FTTH cherchent à migrer une partie de leur clientèle, notamment dans les zones denses de Cotonou, Abomey-Calavi et Porto-Novo. Le déploiement de 3 266 km de câble FTTH aérien en 2025 n’est pas un aboutissement, c’est une accélération. Les perspectives tracées par l’ARCEP pour 2026 confirment que la dynamique infrastructurelle restera au cœur de l’agenda sectoriel, avec la poursuite du projet Africa-BB-Maps, l’encadrement des nouvelles technologies d’accès non terrestres, notamment les services satellitaires, et la mise en œuvre des nouvelles directives CEDEAO sur les communications électroniques.

Pour le Bénin, l’enjeu est de transformer cette infrastructure physique en levier d’inclusion numérique réelle, en faisant descendre le haut débit fixe au-delà des seules zones urbaines denses. Les kilomètres de câble posés en 2025 posent les fondations. Reste à construire les usages.

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