Assainissement, La Marina BJ — Par un communiqué officiel, l’autorité communale d’Abomey a annoncé une batterie de mesures strictes visant à assainir le cadre de vie des citoyens. Entre interdictions formelles et obligations citoyennes, la cité historique entame une mue environnementale d’envergure, trois mois seulement après la prise de fonctions du maire.
La cité royale du Danxomè durcit le ton sur la salubrité publique. Par communiqué radio diffusé signé le 20 mai 2026, le maire d’Abomey, Franck Métolé Kpassassi, a notifié à l’ensemble de la population l’entrée en vigueur de « mesures strictes d’assainissement » sur toute l’étendue du territoire communal. Le texte liste des interdictions précises et des obligations ménagères, sous peine de sanctions conformes aux textes en vigueur en matière d’hygiène, d’assainissement et de protection de l’environnement.
Triple interdit
Le communiqué pose trois prohibitions explicites : le dépôt ou l’abandon d’ordures ménagères sur les voies publiques, espaces publics, terrains vagues, caniveaux et autres lieux non autorisés ; la création de dépotoirs sauvages dans les quartiers et agglomérations ; et le brûlage de déchets à l’air libre dans les habitations et espaces publics. Ces trois pratiques constituent précisément les vecteurs les plus répandus de dégradation du cadre de vie urbain dans les communes secondaires béninoises.
En parallèle, chaque ménage, concession, propriétaire de boutique, établissement ou service est désormais tenu de maintenir propre sa maison, sa cour et sa devanture, de procéder régulièrement au balayage des abords immédiats de son habitation ou lieu d’activité, et de participer aux actions communautaires de salubrité organisées dans la commune. La mairie va plus loin en imposant à toute la population de s’abonner obligatoirement aux structures agréées de précollecte des déchets ménagers opérant sur le territoire d’Abomey, « afin d’assurer une collecte régulière et adéquate des ordures ».
Un maire en phase avec son programme de mandature
Franck Métolé Kpassassi a officiellement pris les rênes de la mairie d’Abomey le 19 février 2026. Pour son mandat de sept ans, il a dévoilé un programme articulé autour de sept axes majeurs, parmi lesquels figurent explicitement les infrastructures, l’assainissement, l’urbanisme et la mobilité économique. Ce communiqué s’inscrit donc dans la droite ligne de ses engagements de campagne, trois mois seulement après son installation. Expert international en ingénierie énergétique et gestion de projets, Kpassassi a lancé le programme « Abomey, Ville Royale 2026–2033 », visant à moderniser la ville tout en valorisant son patrimoine historique, en misant sur une approche intégrée combinant expertise technique, gouvernance participative et développement socio-économique. L’assainissement est l’un des marqueurs les plus visibles d’une gouvernance communale crédible, et ce premier acte fort en matière de salubrité constitue un test de son autorité réglementaire sur le terrain.
Le communiqué rappelle que « tout contrevenant aux présentes dispositions s’expose aux sanctions prévues par les textes en vigueur ». Mais le véritable enjeu reste l’effectivité du dispositif répressif. À Abomey comme ailleurs au Bénin, la faiblesse récurrente de l’application des textes de salubrité a souvent conduit à transformer les communiqués en vœux pieux. Cette tension entre obligation légale d’abonnement et capacité financière des ménages constitue précisément l’une des limites structurelles que les autorités communales devront affronter dans la mise en œuvre effective du communiqué.
Comme l’écrit le maire Kpassassi en conclusion de son communiqué, « la propreté de notre commune est une responsabilité collective. Ensemble, faisons d’Abomey une ville propre, saine et accueillante. » Reste à en mesurer la traduction opérationnelle sur le terrain.
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