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BRVM : La LNB réduit ses pertes annuelles et se positionne en valeur refuge

Bourse, La Marina BJLa Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a clôturé la séance du jeudi 18 juin 2026 en territoire positif, l’indice Composite s’adjugeant +0,50 % à 436,51 points pour porter sa performance annuelle à une solide progression de +26,88 %. Toutefois, derrière cette façade verdoyante, le marché a envoyé des signaux contrastés, marqués par une baisse de régime de la liquidité globale. Dans ce contexte d’incertitude technique où les investisseurs cherchent à sécuriser leurs positions, la Loterie Nationale du Bénin (LNB) a brillamment tiré son épingle du jeu en s’offrant la meilleure performance du pôle béninois et réduisant ses pertes annuelles.

Si la séance de ce jeudi a vu le nombre de lignes en hausse (26) surclasser nettement les baisses (12), elle a surtout mis en lumière un paradoxe de liquidité. Le volume global a bondit de +51,36 % pour atteindre 1,54 million de titres, mais la valeur transigée, elle, a reculé de -36,84 % à 1,69 milliard de FCFA. Cet écart s’explique par une concentration des flux sur des titres à faible cours unitaire (comme ETIT). Face à cette désaffection passagère pour certaines grandes capitalisations régionales, les gestionnaires de fonds ont opéré des arbitrages stratégiques au profit d’actifs aux fondamentaux éprouvés. Une quête de sécurité qui a profité au premier chef à la LNB.

La mécanique de la relance

En signant une progression de +2,89 %, le titre LNBB a franchi le cap psychologique hautement symbolique des 4 100 FCFA, adossé à un volume de 4 195 titres échangés. Ce coup d’accélérateur n’est pas isolé : il consolide la dynamique amorcée en début de semaine dans le sillage de l’annonce de l’arrivée de Marius Adanzounon à la direction générale de l’institution. Ce sursaut permet à la LNB de ramener sa contre-performance annuelle à seulement -4,54 %, s’extirpant progressivement de la zone rouge où elle était engluée depuis plusieurs mois.

Au-delà de la spéculation court-termiste sur la transition managériale et le virage technologique attendu, la valeur puise sa force de refuge dans son business model : un monopole d’exploitation étatique et un rendement net qui demeure l’un des plus protecteurs de la sous-région. À l’approche des bilans semestriels, le marché redécouvre que la LNB offre un excellent profil de couverture contre la volatilité ambiante.

Un pôle béninois solidement aligné dans le vert

L’élan de la LNB a rejailli sur l’ensemble de l’axe Cotonou, permettant aux trois émetteurs béninois de s’aligner à l’unisson dans le vert, avec des rôles judicieusement répartis entre croissance et liquidité. La Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC) a joué le rôle de poumon financier du pôle béninois. Le titre BICB a progressé de +0,78 % à 5 850 FCFA, mais s’est surtout distingué comme la valeur béninoise la plus liquide de la journée. Avec 22 286 actions transigées pour une valeur de 131,69 millions de FCFA, la banque confirme l’intérêt nourri des institutionnels pour un titre raisonnablement valorisé affichant un PER de 11,14 et +17,59 % de gain annuel.

De son côté, la Bank of Africa (BOA) Bénin a fait preuve d’une belle régularité. L’action BOAB a grappillé +0,51 % pour s’établir à 8 945 FCFA sur un volume de 3 290 titres (29,35 millions de FCFA). Solidement installée sur une performance annuelle de +52,91 %, la BOA Bénin conserve la confiance des investisseurs grâce à son profil équilibré entre croissance de long terme et rendement (6,54 %).

Des arbitrages sectoriels majeurs

En dehors de l’ancrage béninois, le marché a été rythmé par l’éclatante santé des Services Publics qui se sont envolés de +3,82 %, propulsés par la CIE Côte d’Ivoire (+5,05 %) et la SODE Côte d’Ivoire (+0,76 %), portant la performance annuelle de ce secteur à un sommet stratosphérique de +110,26 %.
La séance a également été marquée par un fait technique majeur : le passage ex-dividende de Coris Bank International. Malgré le détachement mécanique de son coupon de 900 FCFA net, la banque burkinabè a défié la dilution en grimpant de +4,19 % à 22 400 FCFA, illustrant la robustesse du compartiment des services financiers (+0,40 %). À l’inverse, le secteur Industriel a plié de 0,25 %, pénalisé par Filtisac (-3,45 %) et Sicable (-2,86 %).

Alors que la concentration de la liquidité sur les petites valeurs fait poindre l’ombre d’une consolidation technique à court terme sur les blue chips, le pôle béninois démontre une fois de plus sa maturité. En plaçant la LNB au cœur de leurs allocations de défense, les investisseurs envoient un message clair : l’émetteur de Cotonou est officiellement redevenu attractif.

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