Économie, La Marina BJ — L’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) a rendue publique le 17 juin 2026 une note d’analyse majeure qui recalibre en profondeur les agrégats macroéconomiques du pays. En officialisant le passage de la base 2015 à la base 2023 pour le calcul des comptes nationaux, l’institut rehausse mécaniquement la taille de l’économie béninoise béninoise.
Le chiffre phare de cette révision technique est impressionnant : pour la seule année 2023, le Produit Intérieur Brut (PIB) s’établit désormais à 14 020,2 milliards de FCFA dans la nouvelle base, contre 11 200,7 milliards de FCFA selon l’ancien système de calcul, soit un bond statistique de +25,2 %. La mise à jour des comptes nationaux répond aux exigences du Système de Comptabilité Nationale (SCN 2008) des Nations Unies, qui préconise un changement d’année de base tous les cinq ans. L’objectif est d’éviter que l’appareil statistique ne mesure une économie obsolète, déconnectée des nouvelles réalités de production et de consommation.
Au Bénin, le dernier exercice du genre remontait à 2015. Si la nouvelle base aurait dû être introduite autour de 2020, l’INStaD explique que les crises internationales successives survenues entre 2019 et 2022 (pandémie de Covid-19, perturbations logistiques mondiales, instabilité régionale au Sahel) ont rendu la période trop instable pour servir d’étalon fiable. C’est ainsi que l’année 2023 a été retenue comme l’année de référence la plus stable et la plus représentative de la structure économique contemporaine du pays.
L’effet booster
L’INStaD insiste sur un point fondamental : cette hausse spectaculaire ne traduit pas une création soudaine ou magique de richesse, mais plutôt une nette amélioration de la couverture et de la capture statistique des activités existantes. L’analyse sectorielle (du côté de l’offre) montre que cette réévaluation est portée par l’ensemble de l’économie, mais le secteur secondaire (les usines, le BTP et la transformation) se détache nettement avec une progression fulgurante de +56,1 %. Cette performance s’explique en grande partie par une meilleure intégration des nouvelles chaînes de valeur industrielles et de transformation.
Du côté de la demande, la mise en lumière des investissements est tout aussi remarquable. La Formation Brute de Capital Fixe (FBCF), qui mesure les investissements dans la construction, les infrastructures et les équipements productifs, enregistre une hausse de +36,6 %. Le communiqué de l’INStaD, consulté par notre journaliste contributeur Gabin Tovonon, cite d’ailleurs expressément l’impact des équipements de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ), confirmant le rôle moteur de ce pôle industriel dans la dynamique de modernisation du capital national.
Quel impact pour la suite ?
Loin d’être un exercice isolé, ce rebasage a mobilisé un aréopage de partenaires multilatéraux majeurs. L’INStaD a opéré sous l’encadrement technique et financier de la Banque Mondiale (via le projet PHASAOC), du Fonds Monétaire International (FMI, à travers AFRITAC de l’Ouest), d’AFRISTAT, de la Banque Africaine de Développement (BAD), de la GIZ allemande, de la Commission de l’UEMOA et de la CEDEAO. Pour parfaire la crédibilité de la démarche, une revue par les pairs a impliqué les instituts nationaux de la statistique du Burkina Faso et du Mali, parallèlement à de larges consultations avec les acteurs des secteurs clés de l’économie béninoise.
Si la richesse globale du pays est désormais mieux cartographiée, le chantier n’est pas totalement clos. L’INStaD poursuit actuellement ses travaux de rétro-polation pour la période allant de 1999 à 2022. Cette étape indispensable permettra de recalculer le passé à l’aune de la nouvelle méthodologie afin de fournir des séries chronologiques homogènes et comparables pour les analystes et investisseurs. En attendant, ce « mieux compter » offre immédiatement une bouffée d’oxygène aux ratios macroéconomiques du Bénin. Un PIB plus élevé élargit mécaniquement l’assiette fiscale théorique et réduit le ratio d’endettement public par rapport au PIB, renforçant ainsi l’image de marque financière du pays sur les marchés régionaux et internationaux.
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