Décentralisation, La Marina BJ — En renonçant à son écharpe de conseillère communale à Zagnanado par une correspondance officielle en date du 22 juin 2026, Raphaële Perpétue Kossouoh Houinato a officiellement invoqué des motifs « personnels et professionnels ». Derrière cette formulation standard, l’analyse des calendriers institutionnels révèle une incompatibilité légale majeure : son obligation constitutionnelle de siéger à temps plein au sein de la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH).
Un réajustement technique s’opère au sein de l’organe délibérant de la commune de Zagnanado. Mme Raphaële Perpétue Kossouoh Houinato, élue de l’arrondissement de Banamè, a officiellement déposé sa démission du conseil communal. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Gabin Tovonon, sa lettre de renonciation, datée du 22 juin 2026, a été formellement enregistrée et déchargée par les services de la mairie le lendemain, 23 juin, sous le numéro d’ordre 952.
Si la missive reste sobre et mentionne de simples raisons « personnels et professionnels », le contexte réglementaire entourant les différentes fonctions de l’intéressée éclaire d’un jour nouveau ce retrait de la scène politique locale.
L’exigence du « temps plein » à la CBDH
Désormais ex conseillère communale, Raphaële Perpétue Kossouoh Houinato a été nommée par le Conseil des ministres, le 14 mai 2025, en tant que membre titulaire de la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH), où elle siège en qualité d’experte en protection des droits des enfants. Après sa prestation de serment en juillet 2025, elle est entrée de plein droit dans ses fonctions au sein de l’institution républicaine.
Or, le cadre juridique qui régit la CBDH se montre particulièrement strict vis-à-vis des autres engagements publics. L’appel public à candidatures pour la sélection des commissaires impose en effet une obligation de siéger à temps plein, doublée d’une interdiction stricte d’appartenir à l’organe dirigeant d’une formation politique. En se portant candidate aux élections municipales de janvier 2026, puis en se faisant installer au sein du conseil municipal de Zagnanado le 14 février 2026, l’élue s’est retrouvée de fait dans une situation de double ancrage institutionnel complexe, rendant l’exercice simultané des deux charges difficilement conciliable au regard des textes.
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Une démission quatre mois après l’installation
Cette démission interroge néanmoins sur le plan du calendrier. Plus de quatre mois se sont écoulés entre son installation à la mairie en février et sa démission formelle en juin 2026. Faute de communication publique de l’intéressée, ce délai laisse planer plusieurs lectures : une période d’arbitrage personnel face à une surcharge de travail évidente, ou une invitation discrète des autorités de tutelle, à se conformer aux exigences d’exclusivité de la CBDH.
Sur le plan strictement administratif, la procédure suit son cours en toute régularité. Mme Kossouoh Houinato a invité l’autorité municipale à acter son remplacement conformément à l’article 80 de la loi n° 2021-14 du 20 décembre 2021 portant Code de l’administration territoriale en République du Bénin. C’est son suppléant direct, Monsieur Christian Esseka, qui sera appelé par les autorités préfectorales du Zou à siéger dans les prochains jours, assurant ainsi la continuité de la représentation des électeurs de Banamè au sein de la mairie.
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