Agriculture, La Marina BJ – Par un communiqué en date du 1ᵉʳ juillet 2026, le maire Daniel Fatchéhoun a lancé le troisième appel à idées de projets destiné aux promoteurs privés, dans le cadre du Fonds d’Investissement Agricole adossé au Projet d’Appui au Développement des Investissements Agricoles Productifs (PADIAP). Avec une date butoir fixée au 31 juillet, les critères de sélection révèlent une volonté politique claire : professionnaliser les filières et cibler les acteurs de terrain, loin des profils institutionnels.
Pour ce troisième round de sélection, le conseil communal de Bantè et le comité technique du PADIAP font le choix d’une spécialisation sectorielle très nette en se concentrant sur des filières à fort potentiel de rendement et de résilience. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Gabin Tovonon, le premier grand bloc de cet appel est dédié aux filières animales avec une priorité absolue accordée à l’aviculture et à la cuniculture, deux élevages à cycle court capables de répondre rapidement à la demande protéique. Le second bloc stratégique se tourne vers les cultures végétales oléagineuses et protéiniques en ciblant de manière précise le soja, l’arachide, le niébé, le voandzou et le doyi, des cultures fondamentales pour la sécurité nutritionnelle et l’économie des Collines.
La valeur ajoutée de cette approche réside dans sa transversalité puisqu’elle ne se cantonne pas à la production brute. Les autorités entendent structurer l’ensemble de la chaîne de valeur en ouvrant les financements à la transformation, au conditionnement, à la commercialisation et à un maillon industriel critique que constitue la fabrication locale d’aliments de bétail ou provende. Ce guichet de financement s’adresse aussi bien aux entrepreneurs individuels qu’aux structures collectives formalisées, à l’image des coopératives, des organisations professionnelles, des groupements, des clusters ou des organisations non gouvernementales qui exercent leurs activités dans le périmètre géographique de la commune.
Un cahier des charges rigoureux
L’accès à ce troisième guichet du PADIAP est assorti de conditions d’éligibilité strictes, conçues pour filtrer les projets et garantir la viabilité à long terme des investissements. Les promoteurs doivent prouver une expérience pratique d’au moins deux années dans leur secteur d’activité, tandis que les organisations collectives doivent attester de deux ans d’existence légale. Sur le plan logistique, une assise foncière minimale de 2 500 mètres carrés est exigée pour sécuriser les infrastructures de production, bien qu’une marge de souplesse technique soit introduite pour les unités légères de transformation ou de conditionnement dont la surface sera évaluée selon les normes professionnelles.
Au-delà des barrières techniques, l’appel opère un arbitrage socio-économique majeur en barrant la route aux effets d’aubaine. Les postulants ne doivent détenir aucun crédit d’investissement agricole en cours auprès des banques, ils ne doivent pas être des salariés actifs du secteur public, privé ou des ONG, et ils ne doivent occuper aucun mandat politique. Cette clause permet de réorienter prioritairement les ressources vers les producteurs de terrain exclus des circuits bancaires traditionnels, tandis que les retraités seront évalués au cas par cas selon leur vulnérabilité économique.
Pour les structures postulant sous le statut d’entreprise agricole, les exigences grimpent d’un cran avec l’obligation de présenter une immatriculation complète au RCCM et à l’IFU, un chiffre d’affaires annuel minimum de 20 millions de FCFA et une emprise culturale supérieure à 20 hectares ou un impact d’intégration économique avéré sur une masse importante de producteurs en amont. En outre, la municipalité affiche une politique d’inclusion volontariste en mentionnant que les candidatures portées par des femmes ou des personnes vivant avec un handicap sont fortement attendues.
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Une bouffée d’oxygène financière venue de l’Europe
Pour apprécier la portée de cette initiative à Bantè, il convient de replacer l’événement dans le cadre macroéconomique du PADIAP, un programme quinquennal majeur couvrant la période de 2023 à 2028. Lancé officiellement fin 2023 par les autorités ministérielles à Parakou pour succéder au Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture dans les Collines, le PADIAP déploie ses actions dans seize communes réparties à travers quatre départements stratégiques que sont les Collines, le Borgou, la Donga et le Zou. Ce vaste programme bénéficie d’une enveloppe globale de 24,3 milliards de FCFA, mobilisée grâce à un mécanisme de mixage entre dons et crédits provenant de l’Agence Française de Développement et de l’Union européenne, s’inscrivant ainsi dans l’initiative Team Europe pour la croissance et l’emploi.
Bien que le montant exact de l’enveloppe réservée à cette phase locale à Bantè reste soumis aux arbitrages du Conseil Communal et de Suivi, les indicateurs des communes voisines confirment la puissance de frappe du dispositif. À titre d’exemple, la commune limitrophe d’Ouessè avait mobilisé une enveloppe globale de 120 millions de FCFA lors de sa première phase opérationnelle, permettant d’octroyer des subventions directes allant de 5 à 30 millions de FCFA par projet validé.
Les porteurs de projets de la commune de Bantè sont désormais engagés dans une véritable course contre la montre administrative pour finaliser leurs propositions. Les candidats doivent impérativement retirer le formulaire d’idée de projet auprès du facilitateur communal du PADIAP, y joindre leurs actes civils ou professionnels ainsi que les justificatifs de présomption de propriété foncière accompagnés d’un croquis topographique. L’ensemble des pièces doit être déposé sous pli fermé directement au secrétariat administratif de la mairie de Bantè avant le vendredi 31 juillet 2026 à 17h00 de rigueur. L’enjeu des prochaines semaines consistera pour la commune et ses partenaires techniques à évaluer l’aptitude des acteurs locaux à absorber ces fonds et à transformer ces intentions d’investissement en exploitations agro-pastorales durables, compétitives et résilientes face aux défis climatiques et fonciers de la région.
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