Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Assainissement pluvial au Bénin : Le PAPVS s’extirpe enfin de l’inertie financière

Infrastructures, La Marina BJAprès de longs mois de léthargie administrative, le Programme d’Assainissement Pluvial des Villes Secondaires (PAPVS) passe enfin de la théorie à l’action. Porté par un bond spectaculaire de son taux de décaissement auprès de la Banque africaine de développement (BAD), le projet amorce son virage opérationnel sur le terrain, malgré des disparités persistantes entre les communes cibles.

Lancé en octobre 2024 pour un coût global estimé à plus de 107 milliards de francs CFA, ce programme d’envergure se veut le prolongement naturel de la modernisation urbaine du Bénin. Ciblant quatre agglomérations clés, Porto-Novo, Ouidah, Abomey et Bohicon, le PAPVS prévoit la construction de 43 kilomètres de collecteurs d’eau et 31 kilomètres de voiries bitumées ou pavées, adossés à des infrastructures socio-communautaires. Après une année 2025 passée à régler les détails bureaucratiques (Lire LMBJ du 16/04/2026), l’heure est désormais à l’évaluation des premiers impacts concrets selon le Rapport sur l’état d’exécution et sur les résultats (EER) rendu public le 1er juillet 2026.

Le réveil asymétrique des chantiers

La transition opérationnelle s’est jouée au tournant de l’année selon le rapport du chargé de projet, Zounoubaté N’Zombie, qui a effectué une mission de terrain du 20 au 30 avril 2026. Suite à la remise des sites début décembre 2025, l’ordre de service de démarrage effectif a été émis le 22 janvier 2026 pour Abomey et Bohicon. Dans ces deux localités, les équipes s’activent désormais sur l’installation des chantiers et la mobilisation logistique. Le bilan est cependant plus mitigé pour Porto-Novo et Ouidah. Initialement attendu pour mars 2026, le démarrage des travaux y a été reprogrammé pour juin 2026, le temps de finaliser l’approbation des contrats des entreprises selon le rapport validé le 22 juin 2026. Mais aux dernières nouvelles, selon les informations de La Marina BJ, les entreprises ont été invitées à démarrer les travaux le 15 juillet 2026 à Porto-Novo comme à Ouidah (Lire LMBJ du 25/06/2026). Cette entrée en matière à deux vitesses illustre la complexité managériale de ce projet multi-villes.

C’est sur le tableau de bord financier que le changement de trajectoire est le plus saisissant. En l’espace de six mois, le taux de décaissement cumulé est passé de 0,32 % à 10,23 %, atteignant 13,93 millions d’UAC (Unités de Compte BAD soit approximativement 10,87 milliards de FCFA)de prêts signés. Dans le secteur des grandes infrastructures, ce sursaut financier traduit mécaniquement la réalité de l’exécution physique puisqu’on ne dépense que si l’on construit. Parallèlement, le volet social confirme cette montée en puissance avec un total de 906 Personnes Affectées par le Projet (PAP) qui ont été indemnisées à ce jour, dont 426 femmes, contre 729 lors du précédent point d’étape. La commune de Bohicon vire en tête du traitement des dossiers avec 357 règlements effectués, devançant ainsi Ouidah avec 326 dossiers, Abomey avec 160 cas résolus et Porto-Novo avec 63 indemnisations. Si le redressement financier est louable, près de 90 % des fonds mobilisés restent encore à décaisser. Le ratio devrait se resserrer à mesure que les quatre villes entreront simultanément en phase active.

⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.

Malgré une notation globale maintenue à « Satisfaisant » par les bailleurs, le projet se heurte encore à des goulots d’étranglement structurels. Le rythme des embauches reste timide, avec seulement 140 emplois directs permanents créés sur une cible finale de 4 600. Plus préoccupant encore, le dispositif de résilience climatique fait du surplace et le nombre de balises ainsi que de kits d’alerte précoce installés stagne à 31 sur un objectif global de 160. Bien qu’un avis à manifestation d’intérêt ait été lancé le 17 avril 2026 pour renforcer ce système, la signature du contrat n’est visée qu’à l’horizon mai 2027. Le rapport d’exécution pointe sans détour les coupables de ces lenteurs, notamment la bureaucratie des autorités contractantes dans la vérification des références techniques et les longs délais d’approbation post-avis de non-objection de la BAD. Le PAPVS a prouvé qu’il savait accélérer, il lui reste désormais à fluidifier ses rouages pour tenir ses promesses climatiques et économiques.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

BRVM HEBDO : Comment le pôle béninois a surfé sur la vague haussière du marché régional

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant