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Finances locales au Bénin : un taux d’exécution de 7,98% au premier trimestre 2026

Finances, La Marina BJLes chiffres d’exécution des budgets communaux pour le premier trimestre 2026 révèlent un paradoxe structurel : si l’administration territoriale consomme ses ressources plus rapidement que l’année dernière, le rythme global reste très modeste face aux ambitions annuelles. En toile de fond, la dépendance vis-à-vis des transferts de l’État s’accentue, au moment même où les priorités d’investissement opèrent un virage silencieux.

C’est le grand écart qui structure la trajectoire financière des collectivités locales béninoises en ce début d’année. D’un côté, une dynamique de croissance indéniable par rapport à l’exercice précédent ; de l’autre, un niveau de réalisation qui peine à décoller au regard des enveloppes globales votées par les conseils communaux. Au 31 mars 2026 selon les données de la Direction de la Production des Comptes publics (DGTCP), les recettes de la section fonctionnement des communes s’établissent à 8,18 milliards FCFA. Si ce montant affiche une progression robuste de 27,08% en glissement annuel (comparé aux 6,44 milliards FCFA mobilisés à la même période en 2025), il ne représente en réalité qu’un faible taux de réalisation de 7,98% face à une prévision annuelle budgétisée à 102,54 milliards FCFA.

Le moteur de croissance

L’analyse détaillée des flux financiers montre que la hausse globale des ressources ne provient pas d’un sursaut de l’appareil fiscal local. En effet, les recettes fiscales propres des communes n’évoluent que très timidement (+2,36% pour s’établir à 2,61 milliards FCFA), tandis que les recettes partagées subissent un coup d’arrêt brutal, s’effondrant de 86,21% pour tomber à un niveau marginal de 0,07 milliard FCFA. Une contre-performance probablement liée à des décalages techniques de rétrocession par le Trésor public plutôt qu’à une baisse structurelle de l’assiette.

Le véritable carburant de ce premier trimestre réside dans le soutien de l’administration centrale. Les dotations et subventions de l’État ont littéralement explosé de 145,37%, atteignant 3,32 milliards FCFA. Elles s’imposent désormais comme le premier poste de recettes du fonctionnement des communes. C’est donc le budget national qui soutient la performance globale, compensant l’inertie de la mobilisation fiscale locale.

Du côté des charges de fonctionnement, les dépenses totales augmentent de 6,09%. Cette hausse est principalement portée par les postes rigides, au premier rang desquels figurent les charges de personnel (4,58 milliards FCFA, +14,71%) et les achats de biens et services (+19,40%). Pour contenir cette dérive, les collectivités ont visiblement serré la vis sur leurs dépenses discrétionnaires : les charges des élus reculent de 14,95% et les autres charges réelles affichent un net repli de 38,22%.

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Un démarrage timide de l’investissement

Sans surprise pour un début d’exercice, la section investissement confirme le profil d’un trimestre d’attentisme technique. Les recettes d’équipement captées s’élèvent à 8,69 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 4,77%. À l’instar de la section de fonctionnement, ces ressources reposent à 100% sur les transferts de l’État, l’autofinancement et les emprunts étant restés au point mort. Plus préoccupant, les dépenses d’investissement réelles se contractent de 24,13% par rapport au premier trimestre 2025 pour s’établir à 4,79 milliards FCFA, soit un taux d’exécution particulièrement faible de 2,63%. Au-delà de cette lenteur dans le décaissement, c’est la recomposition sectorielle des dépenses de construction qui retient l’attention.

Les chantiers locaux affichent un basculement clair des priorités : l’assainissement, les ouvrages d’art et l’adduction d’eau potable concentrent désormais plus de la moitié des enveloppes de construction. Cette forte expansion se fait au détriment des infrastructures sociales de base. Alors qu’ils dominaient les budgets au premier trimestre 2025, les investissements dans les bâtiments scolaires sont devenus marginaux ce trimestre, tout comme les infrastructures sanitaires ou culturelles. Les communes semblent ainsi privilégier les infrastructures marchandes et de gestion de l’eau, un arbitrage technique et politique qui devra être surveillé au regard des besoins sociaux des populations.

À l’évidence, ce premier trimestre 2026 pose les bases d’une accélération de l’action publique territoriale, mais révèle les fragilités persistantes des communes face à leur autonomie financière. Pour tenir les objectifs des budgets votés, l’administration locale devra impérativement passer à la vitesse supérieure dès le deuxième trimestre.

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