Excellence, La Marina BJ – En promulguant le décret n° 2026-407, le président Romuald Wadagni fixe les modalités pratiques d’attribution du Prix du Grand-Maître des ordres. Près de deux ans après son institution par la loi-cadre sur les ordres nationaux, cette prestigieuse distinction destinée aux jeunes Béninois d’au plus trente ans dispose désormais d’un cadre opérationnel précis. Des critères de sélection à l’architecture du jury, en passant par le rôle central de la Grande Chancellerie, en savoir plus sur les éléments clés d’un dispositif au croisement de l’excellence académique et de la gouvernance éthique.
C’est un texte très attendu qui vient parachever la réorganisation de l’architecture honorifique béninoise. Deux ans après la promulgation de la loi n° 2024-28 du 26 juillet 2024 portant création des ordres nationaux, qui avait restructuré le système de distinctions de la Nation autour de dix ordres distincts, le décret d’application régissant le Prix du Grand-Maître a été formellement adopté . Votée sous la précédente législature, la loi d’origine avait instauré cette distinction au profit de la jeunesse sans en définir la procédure d’attribution.
L’installation de la nouvelle équipe gouvernementale au lendemain du scrutin présidentiel d’avril 2026 aura permis d’activer ce mécanisme, illustrant la volonté du nouveau régime de traduire méthodiquement en actes réglementaires les réformes institutionnelles héritées des mandatures précédentes.
Une distinction exigeante
Le décret restreint l’accès à ce prix d’exception aux seuls citoyens béninois âgés de moins de trente ans, tout en refusant de limiter le mérite à la seule performance scolaire ou universitaire. En vertu de l’article 3 du texte, la compétition s’articule autour de deux volets distincts : le volet académique et le volet professionnel. La première voie récompense l’excellence du parcours de formation et la haute performance lors du cursus d’apprentissage. La seconde voie, quant à elle, valorise la compétence avérée sur le terrain professionnel mais l’assortit d’exigences strictes en matière de bonne gouvernance. En intégrant des critères d’évaluation portant sur la gestion transparente, la prise de décision inclusive et le respect des pratiques responsables, le texte inscrit la distinction honorifique dans la continuité directe du discours d’État prônant la probité publique et la responsabilisation éthique des jeunes cadres et entrepreneurs de la Nation.
Pour procéder à l’évaluation et au classement des dossiers de candidature, le décret met en place un jury national de sept membres, nommés par décret présidentiel sur proposition du vice-Président de la République. Le législateur a opté pour une structure hybride visant à équilibrer la légitimité administrative et la caution morale extérieure. L’instance réunit cinq représentants institutionnels, soit quatre délégués issus des ministères de l’Éducation, de la Jeunesse, de la Fonction publique et des Entreprises, ainsi qu’un représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin. Les deux derniers sièges sont attribués à des personnalités indépendantes reconnues pour leur probité et leur trajectoire professionnelle. Garant d’un arbitrage impartial, le décret impose que la présidence du jury soit obligatoirement confiée à l’une de ces deux personnalités extérieures, tandis que la qualité de membre d’un ordre national est exigée pour l’ensemble des jurés afin de maintenir l’esprit solennel de l’institution.
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Une réserve présidentielle
Le déploiement opérationnel du dispositif échoit à la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata, en sa qualité institutionnelle de Grande chancelière des ordres nationaux. La procédure suit un calendrier annuel rigoureux qui s’ouvre au deuxième trimestre par la publication officielle d’un appel à candidatures. Les postulants disposent alors d’une fenêtre de soixante jours pour soumettre un dossier complet comprenant une lettre de motivation, un curriculum vitae, les pièces justificatives ainsi que des lettres de recommandation. À l’issue de l’instruction du jury, la remise solennelle des prix intervient au dernier trimestre de chaque année.
Le cadre réglementaire ménage néanmoins une soupape discrétionnaire. l’article 7 autorise le chef de l’État à décerner le prix à titre exceptionnel en dehors du calendrier et des critères habituels. Une latitude classique dans le droit des distinctions honorifiques, qui permet à la présidence de saluer un acte héroïque ou un mérite d’une portée nationale soudaine. Par ailleurs, un paramètre concret reste à préciser : le montant de la dotation financière accompagnant l’attestation et la médaille fera l’objet d’un décret présidentiel distinct. Une dernière incertitude entoure l’agenda d’inauguration du prix : la Grande Chancellerie attendra-t-elle le deuxième trimestre 2027 pour lancer le premier appel à candidatures régulier, ou organisera-t-elle une session inaugurale anticipée dès la fin de l’année 2026 pour marquer le lancement du quinquennat ? Les prochaines annonces administratives permettront de lever le voile sur le calendrier effectif.
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