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Bénin : Ce que l’on sait de l’empreinte climat des projets Dogo-Bis et Alafia I

Financement climatique, La Marina BJRendues publiques ce mercredi 5 août 2026, deux fiches d’évaluation climatique du Groupe de la Banque mondiale apportent une lisibilité nouvelle sur les derniers engagements financiers contractés par le gouvernement béninois. Portant sur les deux accords majeurs signés le 17 juillet dernier pour un montant global de 320 millions de dollars, soit environ 184 milliards de F CFA, ces documents, consultés par La Marina BJ, isolent la part exacte de chaque dollar affectée à la transition écologique.

Au-delà des montants globaux, l’analyse des grilles chiffrées révèle deux logiques d’intervention distinctes, l’une axée sur le génie civil et la gestion des impacts environnementaux, l’autre sur la protection directe des ménages face aux chocs climatiques.

Pour classifier ces dépenses, l’institution de Bretton Woods utilise la méthodologie conjointe des Banques Multilatérales de Développement. Ce filtre passe au crible chaque composante des projets pour distinguer l’adaptation, qui correspond à la protection contre les risques climatiques, de l’atténuation, qui vise la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Sur l’ensemble des financements examinés, cette méthode attribue le label climat à plus de 77 millions de dollars, soit environ 44,6 milliards de F CFA.

Pour le projet Dogo-Bis, rattaché au pôle Énergie et doté d’une enveloppe globale de 86,02 milliards de F CFA via le Crédit IDA n°8050-BJ, la part climat représente 21,41 milliards de F CFA, soit près de 25 % du total. L’adaptation en constitue le pilier principal avec 84,2 % des ressources, contre 15,8 % pour l’atténuation, concentrée sur le volet d’électrification rurale. À l’inverse, le programme Alafia I, centré sur la santé et la nutrition et doté d’une enveloppe IDA de 86,02 milliards de F CFA, consacre 23,25 milliards de F CFA au climat — le ratio le plus élevé des deux projets, à 27 % du crédit examiné. Ce montant est orienté à 96,2 % vers l’adaptation, pour soutenir la sécurité alimentaire et la nutrition, ne laissant que 3,8 % à l’atténuation, via l’intégration de technologies numériques appliquées.

Du génie civil à la résilience humaine

Implanté dans une zone humide protégée classée site Ramsar, le barrage Dogo-Bis est soumis aux normes environnementales et sociales les plus strictes de la Banque mondiale, une contrainte qui se traduit directement dans l’affectation des ressources climatiques. Un montant de 10,04 milliards de F CFA est fléché vers l’adaptation au titre des études techniques et de la gestion des risques environnementaux et sociaux du projet, un ensemble qui englobe notamment le pilotage du Plan d’Action de Réinstallation des 554 personnes affectées par les travaux — le budget d’indemnisation directe de ces populations, révélé dans une précédente enquête de La Marina BJ, s’élevant lui à 346,2 millions de F CFA, soit une fraction de cette enveloppe globale d’études et de gestion des risques. Parallèlement, une enveloppe de 1,38 milliard de F CFA relève strictement de l’atténuation, à travers le volet d’électrification rurale ciblant 23 localités. Le projet enregistre également 2,32 milliards de F CFA au titre du double bénéfice, un mécanisme comptable appliqué aux actions qui renforcent simultanément la résilience locale et l’efficacité énergétique — notamment au niveau de la gestion et de la supervision globale du chantier.

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De son côté, le programme Alafia I, doté de 170 millions de dollars en combinant un prêt IDA et un don du Mécanisme de Financement Mondial (GFF), adopte une structure différente : celle d’un programme axé sur les résultats, où chaque décaissement est conditionné à l’atteinte d’indicateurs vérifiables sur le terrain. Dans le détail, 8,13 milliards de F CFA sont classés en adaptation au titre du déploiement de suppléments nutritionnels pour les jeunes enfants — une catégorie que la méthodologie des banques de développement rattache au renforcement de la résilience des populations les plus vulnérables face aux chocs, sans que le document ne précise de lien direct avec un aléa climatique spécifique. Un second poste, doté de 4,99 milliards de F CFA, est consacré au développement de jardins scolaires, de potagers familiaux et du petit élevage résilient, dont une part de 831,5 millions de F CFA est classée en atténuation grâce à l’intégration de technologies numériques.

Ces arbitrages s’inscrivent dans le nouveau Cadre de Partenariat Pays 2027-2036 conclu entre Cotonou et la Banque mondiale, doté d’une enveloppe globale de 2,6 milliards de dollars, en alignement avec les orientations de la Vision Bénin 2060. En rendant publiques ces données de ventilation, les bailleurs de fonds et les autorités nationales mettent à disposition un outil de suivi auditable. Pour la société civile et les observateurs économiques, cette comptabilité carbone constitue une base factuelle pour évaluer, dans la durée, la réalité des investissements verts au Bénin.

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