Désenclavement agricole, La Marina BJ — Un vaste programme de modernisation des voies va être mis en œuvre très prochainement dans cinq départements clés du Bénin. Doté d’une enveloppe prévisionnelle globale de 4,7 milliards de francs CFA, avec le concours financier du Fonds international de développement agricole (FIDA), ce programme du gouvernement béninois vise à désenclaver les bassins de production et à fluidifier les échanges commerciaux transfrontaliers.
L’accessibilité des zones rurales constitue un levier déterminant pour la valorisation de la production agricole béninoise. C’est dans cette perspective qu’intervient la décision du gouvernement béninois de procéder à la réhabilitation et à l’aménagement de 118,677 kilomètres de pistes rurales. Prévu dans les composantes du Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA-Bénin), ce plan d’action entend transformer le quotidien des petits producteurs et dynamiser l’économie locale.
Une intervention au cœur des corridors agricoles
Selon le document de projet consulté par La Marina BJ, l’intervention, pilotée par la Société des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (SIRAT SA), est structurée autour de plusieurs corridors commerciaux majeurs menant vers le Togo, le Nigeria et le Niger, ciblant des tronçons précis répartis sur trois sous-ensembles géographiques.
Dans le secteur Sud-Ouest, regroupant le Couffo et le Zou au sein des corridors agricoles de Dogbo et de Bohicon, les travaux couvrent un linéaire total de 32,16 kilomètres. La commune d’Aplahoué bénéficie du désenclavement de la piste Hélétoumey-Laougan sur 11,892 kilomètres. À Dogbo, les travaux portent sur l’aménagement complet de la piste Tokpota Hinou-Agbédranfo Centre sur 3,746 kilomètres. Du côté de Klouékanmey, trois axes prioritaires sont retenus pour le désenclavement, à savoir les pistes Kpévidji Centre-Agbohoué sur 8,384 kilomètres, RNIE44 Tokanmé Mouton-Tokanmé Kpodji sur 1,519 kilomètre et Selanhoué-Lomimé sur 1,664 kilomètre. Enfin, dans la commune de Covè, dans le département du Zou, les interventions comprennent le désenclavement de la piste Tohougodohoué-Dékandji sur 2,956 kilomètres, ainsi que l’aménagement complet de la piste Azéhounholi-Nouveau Domaine 1-Nouveau Domaine 2-Laïnta Cogbé-Codji sur 2,000 kilomètres.
Au niveau du secteur Centre et Nord-Ouest, qui englobe les départements des Collines et de la Donga sur les corridors agricoles de Glazoué et de Djougou, le programme prévoit la réhabilitation de 58,93 kilomètres de pistes en désenclavement. Dans le Zou et les Collines, la commune de Djidja voit le traitement des pistes Kpatakpodji-Kougbadji sur 10,183 kilomètres et Sankpiti-Allékpé sur 7,521 kilomètres, tandis que Dassa-Zoumè bénéficie de l’aménagement de l’axe Adjanoudoho-Gnansounouvi-Ferme Gounsoe sur 9,000 kilomètres. À Savalou, trois tronçons majeurs sont intégrés : Adjoya-N’Thon sur 3,811 kilomètres, Obicro-Agbota sur 4,671 kilomètres et Covedji-Tokoudoho-Gatéfé sur 4,700 kilomètres. Dans la Donga, la commune de Djougou bénéficie du désenclavement de la piste Marché Daringa-Basfond Daringa sur 4,525 kilomètres, tandis que celle de Ouaké couvre les pistes Alayomde-Djouwé-Sokopouhou Atchakitam sur 9,840 kilomètres et Badjoudé-Kakpala-Tchitchakou sur 4,680 kilomètres.
Dans le secteur Nord, concentré dans le département de l’Alibori le long du corridor de Malanville, l’ensemble des interventions porte sur un aménagement complet totalisant 27,59 kilomètres dans la commune de Malanville. Cet investissement concerne la piste Tounga Léida Wanda Garou sur 9,025 kilomètres, l’axe Garou Tédji-Alakakéinin sur 4,096 kilomètres, le tronçon Dèguèdègue-Baniloua-Wanzankouara Bodjécali sur 11,172 kilomètres et la liaison Kotchi-Sikantéré/Galiel-Kotchi sur 3,292 kilomètres.
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Des retombées socio-économiques directes
En facilitant le transport des récoltes depuis les zones de production jusqu’aux centres de regroupement et de commercialisation, ces aménagements permettront de réduire significativement les pertes après récolte. Par ailleurs, l’accès plus fluide aux marchés locaux et régionaux permettra d’accroître les revenus des ménages ruraux, tout en encourageant la création d’emplois, particulièrement au profit des femmes et des jeunes actifs dans les filières agricoles.
Mis en place par les gouvernements du Bénin et du Togo, le Programme régional d’intégration des marchés agricoles a pour finalité de stimuler le commerce agricole régional, avec notamment pour objectifs l’augmentation des revenus ruraux, la création d’emplois pour les femmes et les jeunes, ainsi que l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il repose sur trois composantes, à savoir l’intégration des marchés et l’entrepreneuriat rural ; la transformation en faveur d’une agriculture familiale adaptée aux changements climatiques ; et la concertation sur les politiques et l’engagement citoyen. Au Bénin, cette intervention routière s’inscrit ainsi dans un programme plus large consacré à la connexion des territoires agricoles aux marchés.
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