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Infrastructures d’eau au Bénin : ce que dit le 16eme rapport de suivi du Programme AQUA-VIE

Hydraulique, La Marina BJ Le 16eme Rapport sur l’état d’exécution et les résultats du Programme d’accès universel aux services d’eau potable en milieu rural (AQUA-VIE), en date du 24 août 2026, dresse un bilan contrasté : un modèle institutionnel de gestion déléguée désormais consolidé, mais un rythme de livraison des infrastructures qui reste en retrait par rapport aux objectifs fixés pour 2027, justifiant le maintien d’une notation globale « modérément insatisfaisante » pour la deuxième évaluation consécutive.

Soutenu par plus de 470 millions de dollars de financements de l’Association internationale de développement (IDA), ce chantier d’envergure nationale, piloté par l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR) sous tutelle du Ministère de l’Eau, a permis d’alimenter à ce jour près d’un million de bénéficiaires directs. Un résultat significatif sur le terrain, mais qui ne représente qu’environ un tiers de la cible finale de 3,02 millions de personnes visée à l’horizon juin 2027 — l’échéance contractuelle du programme.

Une gouvernance consolidée

Le document consulté par La Marina BJ reconnaît la maturité du modèle béninois de gestion déléguée, aujourd’hui cité en référence dans la sous-région. L’ANAEPMR s’est pleinement affirmée dans son rôle de société de patrimoine; D’après le rapport couvrant la période janvier–août 2026, la totalité des réseaux d’eau ruraux est désormais opérée par des acteurs privés régionaux qualifiés sous contrats d’affermage et de performance. L’ancrage institutionnel s’appuie sur la signature de 74 accords-cadres avec les communes, l’adoption d’une grille tarifaire harmonisée et le suivi digital de 100% des actifs via l’outil mWater. Cette architecture s’accompagne d’une forte intégration des femmes au sein des instances locales et d’une prise en charge intégrale des requêtes des usagers — deux indicateurs que le rapport considère comme pleinement atteints.

Sur le plan des infrastructures, la dynamique de construction progresse : le programme comptabilise 73 adductions d’eau multi-villages opérationnelles, 2 381 bornes-fontaines fonctionnelles et 14 880 raccordements à domicile, pour 942 770 personnes desservies quotidiennement.

Un rythme physique jugé insuffisant

C’est précisément sur ce dernier volet que le rapport marque le pas. La Banque mondiale classe « non en bonne voie » la quasi-totalité des indicateurs de livraison physique : sur les 206 adductions multi-villages programmées, seules 73 sont achevées ; sur les 6 000 bornes-fontaines ciblées, 2 381 sont posées ; et les 62 750 branchements privés visés d’ici 2027 restent, eux aussi, très en deçà du rythme attendu.

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Le rapport pointe également deux zones de vigilance opérationnelle : la réduction des pertes d’eau non facturées, à l’arrêt à 0% pour une cible de 15%, et le taux de recouvrement des factures, qui ne progresse que lentement (6,4% contre 12% visé). Le Centre de formation aux métiers de l’eau (CFME), dont l’activation tardive en février 2026, compromet l’atteinte des objectifs de renforcement des capacités locales, est également identifié comme un point de retard. Le rapport signale par ailleurs un niveau de risque environnemental et social classé « substantiel », le plus élevé de toute sa grille d’évaluation.

Pour résorber cet écart entre solidité du cadre institutionnel et vitesse d’exécution des chantiers, un plan de montée en charge est déployé en concertation avec le bailleur, avec l’ambition de franchir le seuil du million de personnes desservies dès décembre 2026, en portant le parc d’ouvrages à au moins 123 adductions multi-villages et 3 000 bornes-fontaines. Cette accélération doit aussi fournir, selon les termes mêmes du rapport, le rationnel justifiant une prolongation du calendrier opérationnel du programme au-delà de son échéance actuelle de juin 2027.

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